
- Ghana ©Delphine Bedel/Oxfam
- Aujourd’hui dans le monde, les 10% les plus riches détiennent 85% du patrimoine mondial pendant que les 50% les moins riches en possèdent à peine 1%.
- En 2008, les pays riches ont dépensé 70 fois plus d’argent pour sauver les banques que pour l’aide au développement.
Mobiliser des ressources humaines et financières est une condition nécessaire à tout processus de développement économique et social. Il s’agit d’abord de rechercher les ressources internes, publiques ou privées, de chaque pays qui permette un développement durable.. Cela suppose à la fois l’existence de systèmes économiques et de régimes fiscaux efficaces et équitables.
Au-delà de ce financement interne du développement, la lutte contre la pauvreté et les inégalités Nord-Sud implique la mobilisation d’une solidarité internationale via l’aide publique au développement ; une solution à l’endettement massif des pays du Sud ; la lutte contre l’évasion fiscale et contre les paradis fiscaux et judiciaires ainsi que la mise en place de mécanismes innovants de financement (comme la taxe sur les billets d’avion déjà en place ou une éventuelle taxe sur les transactions financières en projet…).
Des objectifs réalistes ont été définis en 2000 au Sommet du Millénaire des Nations Unies, à New York, pour réduire la pauvreté : les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) constituent la feuille de route autour de laquelle doivent s’articuler ces différents financements. Il y a urgence : après 10 années d’engagement de la communauté internationale les objectifs sont loin d’être atteints, alors qu’il ne reste plus que 3 années avant l’atteinte de l’échéance de 2015. Pour Oxfam France, tous les acteurs doivent mobiliser les ressources financières nécessaires à l’atteinte de ces objectifs qui ne constituent au final que des exigences a minima par rapport à la réalisation de la santé pour tous par exemple.
Les objectifs du Millénaire pour le développement
- 1. D’ici 2015, réduire de moitié, par rapport à 1990, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à 1 dollar par jour et la proportion de la population qui souffre de la faim.
- 2. Assurer l’éducation primaire pour tous d’ici à 2015.
- 3. Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015, au plus tard.
- 4. D’ici 2015, réduire de deux tiers, par rapport à 1990, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans.
- 5. D’ici 2015, réduire de trois quarts, par rapport à 1990, le taux de mortalité maternelle.
- 6. D’ici 2015, stopper la propagation du VIH/sida, maîtriser le paludisme et d’autres grandes maladies, et commencer à inverser la tendance actuelle.
- 7. Assurer un environnement viable en intégrant les principes du développement durable dans les politiques et programmes nationaux et en inversant la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales.
- 8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
(New York, septembre 2000)
De l’aide supplémentaire, mieux utilisée
Pour répondre au défi du financement du développement nous demandons en particulier le respect des engagements pris en matière d’augmentation de l’aide publique au développement (APD) et l’amélioration de sa qualité (davantage de prévisibilité et de stabilité, priorité à l’aide budgétaire, fin des conditionnalités entravant la réalisation d’objectifs de développement…)
Au-delà de cette forme de solidarité, la question "quel financement pour quel développement ?" renvoie aussi à la question de la gouvernance mondiale et des modes de régulation de l’économie : quelle représentation des pays les plus pauvres dans les institutions financières internationales, quel rôle jouent les entreprises multinationales et comment les réguler, quel contrôle des marchés, etc.
Avec la crise financière de 2008, les conséquences de la dérégulation de l’économie et des marchés financiers ont mis en évidence la fragilité du système économique. C’est le "consensus de Washington", fondé sur la libéralisation totale des marchés, la primauté du marché pour l’autorégulation et le rôle limité de l’Etat, qui est clairement remis en cause.
En l’état actuel du fonctionnement de l’économie internationale, les asymétries et dérèglementations sont telles que la réduction des inégalités ne peut passer par la seule quête de la croissance économique,
C’est pourquoi Oxfam France se mobilise aussi sur les questions suivantes :
- La lutte contre les paradis fiscaux et judiciaires avec la suppression des structures et services opaques qu’ils offrent, pour mettre un terme à la fraude fiscale et à la grande corruption ainsi que l’exigence d’un comportement responsable des entreprises multinationales, par une comptabilité transparente pays par pays pour réduire l’évasion fiscale dans les pays en développement et lutter contre l’impunité des société mères.
- La lutte pour des règles commerciales mondiales plus justes
- La promotion d’un endettement responsable dans les pays en développement pour empêcher les populations les plus pauvres de porter pendant plusieurs générations le fardeau de la dette sans l’avoir choisi ou sans bénéficier de davantage de services mis à leur disposition par l’Etat endetté.
- La promotion d’une meilleure redistribution des richesses à travers des projets de fiscalité internationale
- La réforme des institutions financières internationales (Banque mondiale et Fonds monétaire international en particulier) en demandant un fonctionnement plus transparent, plus démocratique et plus équitable, une véritable participation des populations à la définition de leurs politiques et, plus largement, une régulation de l’économie mondiale au service des droits humains et de l’environnement…
- La définition de nouveaux indicateurs de développement, qui aille au-delà des seuls critères économiques.












