
- Orange Town, Afrique du Sud ©Kaya Ngwenya/Oxfam
- Le monde dépense actuellement 1 200 milliards de dollars par an dans le domaine militaire : plus de 11 fois le budget de l’aide publique au développement
- 5 pays ont atteint l’objectif, fixé en 1970, de consacrer 0,7% de leur revenu national à l’aide aux pays pauvres : la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et le Luxembourg. La France n’y consacrera que 0,44% en 2010.
Objectif : 0,7%
Dans le cadre de ses engagements européens et internationaux, le gouvernement français s’est engagé à consacrer 0,51%, au minimum, de sa richesse nationale à l’APD en 2010 et 0,7% en 2015. Avec seulement 0,44% attendu en 2010, cet objectif intermédiaire est encore bien lointain. La France ne tient pas ses promesses.
En plus de ce retard, le détail de l’APD française est préoccupant. Pour éviter de présenter un bilan encore plus négatif, la France élargit un peu plus chaque année le périmètre de son aide : plus de prêts, moins de dons, au détriment des secteurs sociaux. Des calendriers budgétaires contraignants et un soutien clair aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont plus que jamais indispensables pour que les pays riches tiennent leur promesse d’aide au développement.
Une aide efficace au service des populations
Oxfam France estime que l’aide au développement doit venir en soutien aux droits humains fondamentaux et à la protection des biens publics mondiaux. Pour y parvenir, l’aide doit être certes plus prévisible et mieux coordonnée, mais pour être efficace, elle doit avant tout respecter et appuyer les priorités définies au niveau national ou régional, par les pays bénéficiaires. L’éradication de la pauvreté passe notamment par le financement de services publics de qualité et d’un soutien renforcé à l’agriculture paysanne.
L’aide doit être canalisée, partout où c’est possible, par soutien budgétaire pour renforcer tant les administrations que le suivi par la société civile et leurs représentants élus, y compris dans les Etats le plus fragiles. L’aide doit rompre dans ses conditions avec les dogmes macro-économiques des institutions financières internationales (privatisations, déréglementations…) et être plus exigeante sur la construction d’un Etat de droit.
Enfin l’aide doit s’inscrire dans le cadre d’une politique cohérente. Exiger plus d’aide sans s’attaquer à l’évasion fiscale, sans s’intéresser aux conséquences des politiques commerciales ou d’investissements n’a pas de sens. C’est l’ensemble de ces politiques qu’Oxfam France veut considérer pour une vision exhaustive du financement du développement.
Des résultats tangibles
L’action politique des gouvernements des pays du Sud est indispensable à la mise en place de telles politiques, et c’est à eux de fournir ces services aux populations. L’aide, associée au volontarisme de certains gouvernements, a permis d’obtenir des résultats incontestables dans plusieurs pays. En Zambie par exemple, l’annulation de la dette et l’augmentation de l’aide ont permis d’instaurer la gratuité des soins de santé pour l’ensemble de la population. Mais une majorité de pays pauvres attendent toujours de la communauté internationale le soutien dont ils ont besoin.
Remboursement de la dette contre satisfaction des besoins
Le surendettement des pays du Sud sape toute perspective de développement. L’endettement de ces pays résulte tout autant d’une politique de prêts irresponsables de la part des pays développés, et émergents désormais, que de la mauvaise gestion de nombreux gouvernements du Sud. Pourtant les populations du Sud sont, depuis bientôt 30 ans, les seules à en payer le prix.
Depuis 2000, au sein de la plateforme Dette et développement, Oxfam France s’est mobilisé pour l’annulation de la dette des pays du Sud. Nous demandons en particulier de :
- Faire passer la vie avant la dette, c’est à dire l’effacer chaque fois que son remboursement empêche un pays de mener des politiques sociales vitales pour les populations ;
- Faire la lumière sur l’utilisation qui a été faite des créances passées, souvent au profit d’élites corrompues et des intérêts politiques et économiques des pays riches, afin d’annuler les dettes illégitimes ;
- Face à des solutions aujourd’hui arbitraires, au gré des intérêts des créanciers, nous plaidons pour la mise en place d’un droit international de la dette, élaboré par l’ensemble des acteurs concernés et non les seuls créanciers.













