Réunis aujourd’hui et demain au sein du Club de Paris, les principaux pays créditeurs des pays en développement ont réitéré leur engagement à annuler la dette de Haïti à leur égard, à hauteur de 214 millions de dollars (dont 58 pour la France). Il s’agit de la mise en œuvre de l’annulation de 1,2 milliard de dollars déjà décidée le 30 juin 2009 [1].
Malgré cette mesure bienvenue, la dette haïtienne demeure insupportable : 891 millions de dollars, dont 10 millions que Haïti doit rembourser en 2010 aux institutions internationales. Surtout, cette annulation est trop lente et trop de conditions freinent sa mise en œuvre. La plate-forme Dette & Développement attend des pays riches qu’ils aillent plus loin en demandant l’annulation de la totalité de la dette de Haïti, immédiatement et sans condition.
Pour Sébastien Fourmy, d’Oxfam France, "Christine Lagarde, en annonçant à nouveau l’annulation par la France de 58 millions d’euros de dette bilatérale de Haïti à la France et en demandant au Club de Paris d’accélérer les annulations de dette, est engagée dans la bonne direction mais n’annonce rien de nouveau car cette décision date de juillet dernier ! La France a également raison de demander au Venezuela et à Taiwan de faire de même mais aujourd’hui, c’est surtout au FMI, à la Banque mondiale et à la Banque interaméricaine de développement, qui sont les principaux créanciers de Haïti, que la France est attendue et que sa voix compte". [2]
Mais, alors que les pays riches se réunissent pour annuler la dette du pays, le FMI a annoncé une ‘aide’ de 100 millions de dollars… sous forme de prêt ! [3]
Pour Jean Merckaert, du CCFD-Terre Solidaire : "A l’évidence, Haïti a besoin de liquidités pour faire face à l’urgence, mais il doit s’agir de dons, car prêter à un pays pauvre complètement détruit est une aberration. Ce prêt va même à l’encontre des propres recommandations du FMI qui considère le pays comme insolvable. Comme si le fardeau des Haïtiens n’était pas déjà assez lourd, ce prêt du FMI va faire payer le coût de la reconstruction à la population un peu plus longtemps encore. De plus, nous craignons que ce prêt ne marque la reprise en main de la destinée économique du pays par le FMI, alors qu’il serait temps que les Haïtiens puissent choisir leur modèle de développement". [4]
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