Fiche 1 : Introduction
Les exportations de découpes de poulets européens congelés causent des dégâts importants en Afrique de l’Ouest : imposant une concurrence déloyale, elles privent les producteurs de volaille locaux de débouchés sur leurs propres marchés ! De nombreuses organisations africaines et européennes se mobilisent contre ce scandale économique, social et sanitaire : ainsi l’ACDIC (Association Camerounaise de Défense des Intérêts Collectifs) commence-t-elle à récolter les premiers fruits d’une campagne lancée en avril 2004 (voir fiche 1). La mobilisation s’organise également au Sénégal, où le volume des importations est passé de 1 137 tonnes en 1999 à 11 950 tonnes en 2003 (voir fiche 2).
Cette illustration des exportations de poulets n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les cas de dumping (vente d’un produit à un prix inférieur à son coût de production) sont nombreux dans le domaine du commerce de produits agricoles et les conséquences s’en ressentent aussi au niveau européen (fiches 3 et 4). La campagne française "Exportations de poulets : l’Europe plume l’Afrique !" vise notamment à prévenir l’accroissement de ces pratiques de la part de l’Union européenne envers ses partenaires d’Afrique, Caraïbes, Pacifique, dans le cadre de la négociation d’Accords de Partenariats Economiques (fiche 5).
Agir ici, le CCFD, le CFSI et le GRET (fiche 7) ont souhaité contribuer à donner un écho plus large à la mobilisation africaine, en appelant les citoyens européens à saisir les décideurs impliqués dans les négociations commerciales, de façon à ce qu’ils réorientent leur position pour défendre le droit de tous les pays ou régions à protéger leurs marchés agricoles (voir détails fiche 6).
Cette action est parrainée par Sally Nyolo, chanteuse camerounaise (fiche 7).
La campagne de cartes postales, coordonnée par Agir ici, sera relayée pendant plusieurs mois par de nombreux temps d’action et de mobilisation organisés à travers toute la France, notamment dans le cadre des journées AlimenTERRE (du 9 au 17 octobre) et Terre Solidaire (le 16 octobre).
Contacts presse Agir ici : Laetitia Guidi, 01 56 98 24 46 ou lguidi@agirici.org
CCFD : Véronique de la Martinière, 01 44 82 80 64 ou v.delamartiniere@ccfd.asso.fr
CFSI : Anne-Laure Constantin, 01 44 83 63 42 ou constantin@cfsi.asso.fr
Fiche 2 : Au Cameroun, mobilisation contre les poulets congelés
Impacts sur les consommateurs
- 65% des habitants de Yaoundé se déclarent informés du problème des poulets congelés dans leur pays et des conséquences qui en résultent.
- De plus en plus méfiants, les consommateurs demandent des précisions sur la provenance du poulet qu’ils achètent ou consomment dans les restaurants.
Du changement sur les étals
- De ce fait, de plus en plus de commerçants ou vendeurs de poulets, notamment de poulets braisés, précisent que leurs poulets n’ont pas été congelés.
- Ils sont désormais nombreux à porter des tabliers et à demander aux clients de ne pas toucher les poulets avec les mains.
Impacts chez les importateurs de poulet congelé
- Depuis le lancement de la campagne, le stock de poulets congelés non vendus n’a fait qu’augmenter. Pour écouler leur marchandise, certains importateurs tentent de passer frauduleusement leur marchandise au Nigeria.
- Ils sont nombreux à avoir acheté des pages entières dans les principaux journaux camerounais afin de réhabiliter le poulet congelé.
Les réactions politiques
- 900 agents ont été recrutés pour le contrôle des poulets sur les marchés.
- Le ministre de l’Elevage, responsable de la filière avicole camerounaise, est resté longtemps silencieux. Seule sa participation récente à une émission a mis fin à ce mutisme : il y défendait ardemment le poulet congelé… Face à la levée de boucliers des aviculteurs locaux, le ministre s’est excusé tout en maintenant sa position : il considère que les importations sont vitales au Cameroun, la filière avicole du pays étant selon lui structurellement déficitaire (10 000 tonnes). Lors d’une rencontre, les aviculteurs ont pu lui répondre et réitérer leur position : la production nationale pourrait combler ce déficit, si le pays s’en donne les moyens [3].
- Le ministère des Finances, de son côté, s’est officiellement déclaré préoccupé par la question et des discussions ont eu lieu afin de redynamiser la filière. Le comité de la compétitivité [4] a ainsi organisé les 24 et 25 août une rencontre entre les différents acteurs de filière avicole. Selon La Voix du Paysan [5], près de 80 % des acteurs de la filière étaient au rendez-vous et des journalistes de tout le pays ont relayé l’événement.
Et les petits éleveurs de poulets dans tout çà…
L’ACDIC vient de mettre en place un baromètre destiné à mesurer les incidences de la campagne sur la production de poulets locale ainsi que la production des intrants agricoles. Nous disposons néanmoins d’un certain nombre de données significatives.
- Les deux principaux fournisseurs de poussins d’un jour locaux ont vu leurs commandes augmenter de 25% au cours des 2 derniers mois. Un nombre d’aviculteurs croissant a donc opté pour la production de poulets locaux. D’autre part, beaucoup d’aviculteurs qui avaient abandonné la production de poulet se relancent.
- Face à la hausse de la demande de poulets locaux, leurs prix ont tendance à augmenter. L’ACDIC est consciente du problème que cela pose aux consommateurs les plus pauvres et milite également pour une relance de la production locale afin que les poulets locaux se substituent aux poulets importés. A moyen terme, l’abondance de la production locale permettra de faire baisser les prix.
Fiche 3 : Impacts des importations de poulets : le cas du Sénégal
Situation des importations de volailles au Sénégal
Le volume des importations est passé de 1 137 tonnes en 1999, à 11 950 tonnes en 2003. Elles se sont élevées à près de 10 milliards de francs CFA en 2003, ce qui représente l’équivalent du chiffre d’affaires de la production commerciale locale de poulets de chair. Ces importations sont essentiellement constituées de morceaux congelés (86 %) et plus de 70 % de celles-ci proviennent de l’Union européenne.
Les conséquences sur la filière avicole
Au total, les importations de poulets entiers et de bas morceaux au Sénégal ont réduit la production avicole "moderne" de l’ordre de 30 %. C’est sans conteste le prix de vente particulièrement bon marché des morceaux importés (5 fois moins cher que le "poulet du pays") qui a mis à mal la production locale. De plus, cette viande généralement vendue au poids est plus accessible aux petites bourses que les volailles produites localement qui sont vendues à l’unité. Cette situation a entraîné entre 2000 et 5000 pertes d’emploi dans la filière et la fermeture de près de 40 % des fermes commerciales. Elle a également des conséquences sur des milliers d’élevages traditionnels, privant des familles pauvres d’un complément de revenu indispensable.
Les risques sanitaires
Les risques sanitaires occasionnés par les importations de volaille congelée sont nombreux ; l’un des principaux étant le non-respect de la chaîne du froid entre l’arrivée dans le pays et la consommation du produit. En effet, la plupart des revendeurs (notamment les détaillants) ne peuvent respecter les normes en la matière (soit par ignorance, soit par sous-équipement ou approvisionnement électrique irrégulier). Dès lors, il existe un risque quotidien de contamination et de dégradation des produits.
En outre, la traçabilité des produits importés étant très difficile à garantir, la qualité des produits avant leur arrivée sur le territoire sénégalais n’est pas maîtrisée. Ceci d’autant plus que les contrôles sanitaires au niveau local sont bien souvent défectueux voire inexistants. Des produits malades risquent donc de contaminer tant le cheptel local que les hommes. Cela a été le cas en 1999, lorsque 94,4 tonnes de cuisses de poulets contaminées par des salmonelles aux Etats-Unis ont été exportées au Sénégal.
Témoignages
Les conséquences de ces importations sont dramatiques. La filière avicole, c’était dix mille emplois permanents, c’était cinq couvoirs de poussins. Entre 2001 et 2002, deux couvoirs ont été fermés, 5000 emplois perdus. Il s’agit de petits et grands producteurs, qui n’ont pu rembourser les crédits octroyés. Ces cuisses de poulets importées n’ont pas de valeur chez vous. Les commerçants locaux achètent le kilo de cuisses entre 200 et 400fs CFA et le vendent sur place à environ 800fs CFA alors que le prix de vente du kilo de poulet local se situe entre 1350 et 1500fs CFA. On ne peut donc concurrencer ces cuisses de poulets qui arrivent au port de Dakar. Les importateurs locaux prennent une grande marge bénéficiaire et malgré cela, ces cuisses de poulets se vendent à des prix beaucoup plus bas que les poulets locaux.
Michel Gbaguidi, ingénieur vétérinaire, centre national d’aviculture et FAFA (Fédération des acteurs de la filière avicole)
Dans la région de Kaolack, où j’habite, les commerçants vont chercher les cuisses de poulets en Gambie. Le voyage dure une journée et les porte-bagages des taxis brousse sont ensoleillés. Après une rupture de la chaîne du froid pendant douze heures, les cuisses sont réintroduites dans le congélateur du commerçant grossiste. Les détaillants viennent acheter ces cuisses, les transportent à l’air libre, puis, pour la troisième fois, ces aliments séjournent dans un autre congélateur. Le détaillant expose parfois ces cuisses en plein air, sous le soleil. Le consommateur vient se ravitailler et, pour la quatrième fois, le produit séjourne dans le froid. A la fin de la journée, les cuisses non vendues retournent dans le frigo congélateur, et ainsi de suite jusqu’à épuisement du stock. Binta Sarr, présidente de APROFES (Association pour la promotion de la femme sénégalaise)
Sources : Etudes réalisées par l’Association des consommateurs du Sénégal, le bureau d’Oxfam Grande-Bretagne à Dakar, interviews réalisées par Denis Horman, chargé de recherche au Gresea (groupe de recherche pour une stratégie économique alternative) Bruxelles.
Fiche 4 : Qu’est que le dumping ?
Soutiens aux exportations
Ils permettent de vendre un produit sur le marché mondial à un prix inférieur à celui du marché intérieur du pays de provenance, et donc souvent aux coûts de production. Les soutiens à l’exportation peuvent prendre plusieurs formes :
- Subventions aux exportations : cette pratique européenne perdure sur les produits laitiers par exemple.
- Crédits à l’exportation : utilisés par les Etats-Unis, ils permettent aux exportateurs d’accorder un crédit de très longue durée à des taux très faibles (voir nuls) aux importateurs.
Aides directes
Aux Etats-Unis comme dans l’UE pour de nombreux produits, les producteurs vendent à perte (en dessous de leurs coûts de production). La différence entre coûts et prix est couverte par des aides directes. Cette pratique concerne en particulier les céréales européennes, le coton américain.
Vente de sous-produits
Les sous-produits de la transformation des produits agricoles, non consommés dans le pays d’origine, trouvent des débouchés sur les marchés des pays pauvres. Outre le cas des sous-produits de découpe de volailles (poulet européen vers l’Afrique de l’Ouest, dinde américaine vers les Caraïbes), on peut citer l’exemple des brisures de riz thaïlandaises qui envahissent les marchés africains.
Dumping environnemental
Certaines productions agricoles très intensives ont des impacts importants sur l’environnement dont les coûts sont pris en charge par la collectivité. Par exemple, l’intensification à outrance de l’élevage en Bretagne génère le développement d’algues vertes sur le littoral, dont le ramassage et le traitement est assuré par les communes touchées. Cela permet de vendre la viande à un prix plus bas que si les élevages devaient prendre en charge cette nuisance.
Dumping social
On parle de dumping social lorsque les travailleurs, quelque soit leurs statuts, ne sont pas rémunérés correctement. Ainsi, un des facteurs de la compétitivité du sucre brésilien réside dans l’exploitation des coupeurs de canne.
Conséquences
Les pratiques de dumping perturbent les marchés locaux, fragilisent les filières et imposent des baisses de revenus pour les producteurs. Dans les pays en développement, aucun mécanisme de protection, aucun filet de sécurité ne permet de protéger les paysans des baisses de prix. Directement en prise avec le marché international, ils sont les principales victimes du dumping sur les marchés agricoles.
Fiche 5 : Filière avicole en France et en Europe
La volonté exportatrice de l’industrie européenne de volailles (poulet et dinde essentiellement) est apparue à partir des années 70, avec une montée en flèche de la production et des exportations.
La France est alors devenue le premier producteur européen : la production française est passée de 238 000 tonnes en 1980 à plus de 2 millions de tonnes en 2001. Elle assure près du quart de la production européenne, et est le premier exportateur vers les pays tiers (hors UE), et le second vers les Etats-membres après les Pays-Bas.
L’Europe, avec une production totale de 9 millions de tonnes aujourd’hui, a tenté de tenir une place clef dans les échanges internationaux. Au niveau européen, de 1990 à 2001, les exportations de volailles ont été multipliées par deux, d’environ 400 000 tonnes à plus de 1 million de tonnes. Les exportations de découpes congelées de poulet et dinde se sont développées, et représentent aujourd’hui plus des 2/3 du volume total.
Mais la tendance est aujourd’hui au déclin de la production et des exportations européennes. La France est donc particulièrement touchée par les conséquences de cette baisse.
Une concurrence acharnée sur le marché mondial
Dans un monde qui produit et consomme autour de 75 millions de tonnes de volailles, la concurrence du commerce mondial est très vive, d’abord entre Etats-Unis et Europe, puis avec le Brésil, la Thaïlande, et maintenant la Chine… Les échanges mondiaux de volaille ont triplé en 10 ans, atteignant aujourd’hui environ 10% de la production totale (7,5 millions de tonnes).
Les principaux marchés d’exportation pour l’Europe, hormis l’Asie du Sud Est (le plus gros importateur, environ 2,5 millions de T, mais où l’Europe tient une place minime), sont la Russie (1 million de T, dont environ 22% assurés par l’Europe) et le Proche et Moyen Orient (environ 1 million de T, 50% par l’Europe, le reste par le Brésil). Dans les années 90, l’explosion des importations africaines (195 000 tonnes en 1998) a permis à l’Europe de tenir la première place (plus de 60%) sur ce marché qui demeure cependant marginal sur le plan mondial.
L’intensification de l’industrie avicole en France et en Europe
Cette logique de concurrence à tout prix a poussé l’industrie avicole française et européenne à intensifier toujours plus. Concentrée pour près de 2/3 dans les régions Bretagne (Morbihan, Côtes-d’Armor, Finistère, Ile et Vilaine) et Pays de Loire, et le reste en Normandie, Centre etc., la production a des conséquences sérieuses sur l’environnement (pollution par les nitrates), et sur l’économie de ces régions (forte dépendance à l’égard des aléas du marché). De plus, la concentration des élevages dans une zone géographique limitée accentue les risques de propagation des maladies, comme la peste aviaire.
Dans le Morbihan, premier département avicole français (187 000 tonnes de poulet, 156 000 tonnes de dinde et 12 540 tonnes de canard), le nombre d’aviculteurs est passé de 1 724 en 1988 à 1550 en 1997, mais la surface moyenne des élevages a fortement augmenté (1689 m2 en 1988-89 à 2030 m2 en 1999-2000), entraînant une croissance de la production de poulets de 126 000 T en 1985 à 187 000 T en 1995.
Les conséquences de cette course effrénée…
L’aviculture européenne est fortement intégrée au sein d’entreprises agroalimentaires de plus en plus concentrées. Les aviculteurs, produisant sous contrat pour ces entreprises, sont obligés à des investissements de plus en plus coûteux, alors que le prix de vente des volailles baisse. Malgré l’intensification (25 volailles au m2 en moyenne) et les gains de productivité, leurs marges brutes annuelles diminuent constamment (-31,8% par m2 entre 1981 et 2000).
Dans la transformation assurée par l’agro-industrie (abattoirs, transformation), les conditions de travail sont difficiles, les emplois mal payés et précaires. La conjoncture pousse à la fermeture de nombreux sites, alors que les entreprises se délocalisent au Brésil, en Thaïlande ou en Chine, plus porteurs sur le marché mondial car leurs coûts de production sont inférieurs (-45% au Brésil). Ainsi, les plus grosses entreprises réalisent jusqu’à 50 ou 60% de leur chiffre d’affaires dans ces pays. Parallèlement, les importations européennes de volailles (poulet, dinde, etc.) progressent très vite : 330 000 tonnes en 1999, plus de 700 000 tonnes en 2001… en provenance de ces mêmes pays.
Sources : Chambres d’agriculture, « Vingt ans d’enquête avicole », janvier 2002 / ITAVI, janvier 2003
Fiche 6 : UE-ACP : Négociations à hauts risques / les enjeux de l’ouverture des marchés ACP
En 1975, la Convention de Lomé établissait un cadre de coopération entre l’Union européenne et les pays ACP, et accordait à ces derniers des relations commerciales privilégiées. Ainsi, tous les produits en provenance des ACP peuvent rentrer sans limite et sans droits de douane sur le territoire européen, à l’exception des produits agricoles sensibles. Par produits agricoles sensibles, on entend les productions européennes couvertes par la Politique Agricole Commune, tels que certains fruits et légumes, le sucre, la banane et la viande bovine. Ces préférences commerciales ont été confirmées lors des renouvellements successifs de la Convention de Lomé.
L’Accord de Cotonou, signé en juin 2000 après 18 mois de négociation, modifie radicalement les relations commerciales UE-ACP. La Convention de Lomé dérogeait en effet à deux principes de base de l’OMC :
- Le principe de réciprocité (puisque seule l’UE accordait une préférence commerciale)
- Le principe de la nation la plus favorisée : l’UE ne peut pas accorder des préférences commerciales aux seuls ACP parmi les pays en développement.
Afin d’assurer la compatibilité entre les relations UE-ACP et les règles de l’OMC, il est prévu de mettre en place des Accords de Partenariat Economique à l’horizon 2008.
Les Accords de Partenariat Economique (APE)
Ces accords visent à créer des zones de libre-échange (couvrant une grande partie des flux commerciaux [6]) entre l’Union européenne et des blocs régionaux ACP. Il s’agit donc de créer, dans les ACP, des marchés communs régionaux, à l’instar de l’UE ; marchés communs qui négocieront des accords de libre-échange avec l’UE. Ces Accords doivent se mettre en place au plus tard au 1er janvier 2008. Les pays ne sont pas obligés de signer des APE : mais dans ce cas, ils tombent sous le régime général accordé par l’UE aux pays en développement, et perdent certains de leurs avantages commerciaux.
Conséquences pour les pays ACP
Par les APE, les ACP vont accorder la réciprocité à l’Union européenne. Pour eux, les gains seront minimes puisqu’ils ont déjà très largement accès au marché européen. En revanche, ils vont être obligés d’ouvrir largement leurs marchés aux produits européens, beaucoup plus compétitifs. Dans le secteur agricole, déjà durement touché par la concurrence avec les produits européens plus compétitifs (parce qu’issus d’une agriculture plus productive et parce que soutenus par la PAC), les conséquences risquent d’être dramatiques si des mesures de protection ne sont pas prises. De plus, pour accéder effectivement au marché européen, il leur faudra remplir les difficiles exigences sanitaires en vigueur dans l’UE.
Enfin, les pays ACP vont devoir faire face à une double négociation. Il leur faudra tout d’abord travailler à la création d’un marché commun régional puis négocier la zone de libre-échange avec l’UE dont l’enjeu sera d’inclure des exceptions au libre commerce.
Le calendrier
Les négociations sur ce sujet ont été lancées en septembre 2002. La première année a été consacrée à des discussions UE- tous ACP. Pendant cette phase, l’UE a plaidé pour une compatibilité la plus étroite possible entre les APE et les règles de l’OMC. De leur côté, les ACP ont souligné la nécessité de prendre en compte les coûts d’ajustement pour leurs économies.
En septembre 2003 ont été lancées les négociations UE-régions ACP. Elles devront aboutir en 2007 pour une mise en application au 1er janvier 2008. La période d’application transitoire des APE pourra se poursuivre jusqu’en 2020 (libéralisation progressive).
Fiche 7 : Exportations de poulets : L’Europe plume l’Afrique ! / Les citoyens européens appelés à la solidarité avec les petits producteurs de volaille africains
Afin de donner un écho plus large à cette dénonciation, quatre associations : Agir ici, le CCFD, le CFSI et le GRET, avec le soutien de plus de 20 organisations, lancent la campagne "Exportations de poulets : l’Europe plume l’Afrique !" qui appellera les citoyens français à se mobiliser de leur côté, en solidarité.
Que faire en France et en Europe ?
En France, les citoyens seront ainsi invités à interpeller :
- Le ministre français au Commerce extérieur, François Loos, et le nouveau commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson. Responsables de la conduite des négociations internationales aussi bien au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qu’entre l’Union européenne et les pays du groupe Afrique – Caraïbes – Pacifique, ils doivent prendre position en faveur du droit pour tous les pays à protéger leurs marchés agricoles ;
- La nouvelle commissaire européenne à l’Agriculture, Marianne Fischer Boel, à qui nous demandons de s’engager à réviser la Politique Agricole Commune afin de recentrer la production européenne de volaille vers le marché européen, par la maîtrise de la production et le soutien à des produits de qualité.
La mobilisation s’opère également dans d’autres pays européens. En juin 2004, SOS Faim Belgique et Luxembourg ont lancé une pétition de cartes postales sur cette question et ont déjà récolté 7000 signatures. Parallèlement, une coordination européenne se met en place regroupant : les associations de la campagne française, SOS Faim-Belgique, SOS Faim-Luxembourg, APRODEV (Belgique), NOVIB et ICCO pour les Pays-Bas, EED en Allemagne et l’IRED en Suisse.
Pour avoir plus d’infos sur la campagne de SOS Faim : www.sosfaim.be
Le 16 octobre, Journée Mondiale de l’Alimentation (JMA) : l’occasion de se mobiliser !
La campagne "Exportations de poulets : l’Europe plume l’Afrique !" a pour objectif de sensibiliser le grand public aux enjeux liés au commerce international de produits agricoles, notamment concernant ses conséquences sur l’agriculture et la pauvreté dans les pays en développement.
La semaine de la JMA (9 -17 octobre 2004) sera l’occasion de lancer la mobilisation, à travers deux événements annuels : "TERRE SOLIDAIRE", du CCFD, et "ALIMENTERRE", du CFSI. Ces deux manifestations festives et informatives auront lieu dans de nombreuses villes en France et relaieront la campagne (diffusion de cartes postales à renvoyer aux cibles identifiées, témoignage de partenaires africains concernés, etc.) Des temps de mobilisation continueront ensuite dans les mois à venir, notamment dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale… Plus d’infos sur www.ccfd.asso.fr et sur www.cfsi.asso.fr














