L’ONG souligne que cette réunion doit également être l’occasion pour les deux pays de discuter de la faisabilité d’une telle taxe au niveau national, sans attendre un accord unanime au niveau de l’Union européenne dont on sait déjà que, faute de consensus, il pourrait au mieux prendre plusieurs années.
Pour Luc Lamprière, directeur d’Oxfam France :
« Au moment où elles veulent apparaitre comme décidées à mettre en place la taxe sur les transactions financières, la France et l’Allemagne ne peuvent pas soudain oublier ce pour quoi se battent les organisations de la société civile qui défendent cette idée depuis des années, et doivent au moins indiquer clairement les grandes lignes de l’affectation de la taxe, un sujet sur lequel règne aujourd’hui le plus grand flou. La taxe est possible, la France a les moyens de montrer l’exemple en la mettant en place au niveau national ».
« Alors que pendant des années, l’idée d’une taxe sur les transactions financières au profit des pays en développement était raillée par les institutions et les gouvernements comme irréaliste, le concept est soudainement devenu une réalité raisonnable pour sauver le budget européen mis en péril par les dérives de la sphère financière ».
En janvier dernier, Nicolas Sarkozy déclarait que cette taxe était ‘morale’ et ‘utile’, « compte tenu de la crise financière que nous venons de traverser […] pour dissuader la spéculation [… et] efficace pour trouver de nouvelles ressources pour le développement » [1]. Conformément, à ses engagements pris dans le cadre de la présidence française du G20, au somment de l’Union Africaine, ou, entre autres, au Forum économique de Davos [2] , il doit lever toute ambigüité sur l’objectif d’une telle mesure et faire de la TTF un outil efficace pour les plus pauvres et contre le changement climatique.
La taxe sur les transactions financières est aujourd’hui l’un des moyens les plus prometteurs pour que la solidarité internationale change d’échelle et que la communauté internationale tienne ses promesses de financer l’adaptation au changement climatique et d’aider les pays pauvres contraints par la crise économique de réduire les budgets de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. Fixée à seulement 0,05%, la taxe Robin des Bois pourrait selon les assiettes considérées, rapporter entre 6 et 10 milliards d’euros chaque année en France, 220 milliards en Europe, et autant aux États-Unis. 19 milliards de dollars manquent toujours pour tenir sur les promesses faites en 2005 pour les Objectifs du Millénaire pour le Développement [3].
Notes aux rédactions
[2] Discours de Nicolas Sarkozy au Sommet de l’Union Africaine – 30 janvier 2011
Discours de Nicolas Sarkozy au Forum économique de Davos – 27 janvier 2011
Discours de Nicolas Sarkozy au Sommet de l’ONU pour le développement – 20 septembre 2010
[3] 16 milliards de dollars – soit environ 11 milliards d’euros sont nécessaires par an pour garantir que tous les enfants aient la possibilité de se rendre à l’école d’ici à 2015.
Environ 6 à 7 milliards d’euros seraient nécessaires pour sauver les 8,8 millions d’enfants qui meurent chaque année de maladies souvent évitables et environ 14 milliards d’euros par an pour atteindre l’Objectif du millénaire du développement sur la santé maternelle.
Oxfam France, Aides, membre de Coalition Plus, et Attac, avec le soutien de nombreuses associations et coalitions, ont lancé en février dernier la campagne "Taxe Robin des Bois" qui demande à Nicolas Sarkozy de mettre en place une taxe sur les transactions financières pour financer les urgences sociales et environnementales mondiales tout en contribuant à freiner la spéculation : www.taxerobindesbois.org















