De quoi parle-t-on à Busan ?
L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) et la République de Corée (Sud) organisent une réunion internationale sur l’efficacité de l’aide, à Busan, du 29 novembre au 1er décembre 2011. Ce 4e Forum à haut niveau sur l’efficacité de l’aide (HLF4) accueillera 3 000 délégués, dont plus 100 ministres de pays donateurs et bénéficiaires de l’aide publique au développement (APD), la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, le président rwandais Paul Kagame et Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies. Ils feront le point sur la situation de l’APD et devraient prendre des décisions sur la façon de rendre l’aide plus efficace.
Que s’est-il passé avant Busan ?
Dans la "Déclaration de Paris" de 2005, les pays bailleurs et les Etats bénéficiaires ont passé un accord : les gouvernements bénéficiaires feraient des efforts pour mieux gérer l’aide, en mettant en place leurs propres mesures de réduction de la pauvreté, en améliorant leurs institutions et en luttant contre la corruption, notamment. De leur côté, les pays donateurs modifieraient également leurs pratiques, en améliorant la coordination et la prédictibilité de l’aide, et montreraient davantage de confiance aux récipiendaires de l’aide publique au développement, en permettant aux pays en développement et à leurs citoyens et citoyennes de prendre en main la gestion de l’aide et de conduire leurs propres politiques de développement. Chacun devait tenir ses engagements et l’OCDE serait en charge de mesurer les progrès de chaque partie.
Six ans plus tard, les résultats sont là. Le dernier rapport de suivi de l’OCDE montre que les pays bénéficiaires ont, dans l’ensemble, tenu leurs promesses. Ce qui n’est pas le cas des pays donateurs. Ces derniers n’ont avancé que sur un seul des 13 objectifs (que s’étaient fixés bailleurs et récipiendaires) : la coordination de l’aide s’est améliorée.
La réponse des pays donateurs à ce score déplorable ? Changeons les règles du jeu ! Ils proposent de réduire ou d’abandonner le comptage des points (le système actuel de suivi de l’aide mondiale), destiné à leur faire tenir leurs engagements et à améliorer la qualité de leur aide publique au développement.
Quels progrès possibles à Busan ?
- Un accord de qualité à Busan pourrait avoir des résultats concrets pour les populations les plus pauvres.
- Plutôt que d’essayer de marchander pour ne pas tenir leurs promesses, les bailleurs devraient saisir cette opportunité d’améliorer ce qui ne marche dans l’APD et se concentrer sur les moyens de rendre l’aide plus efficace.
- L’aide contribue à sauver des millions de vies, mais 1,4 milliard de personnes dans le monde souffrent toujours de la pauvreté.
- L’APD peut et doit servir à donner les moyens aux citoyen-ne-s des pays en développement de demander des comptes à leurs gouvernements.
- Le forum de Busan peut être un succès si les participants parviennent à un nouvel accord sur les "résultats" de l’aide, basé sur ce qui importe vraiment aux populations les plus vulnérables.
- Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde dépasse la population de l’Amérique du Nord et de l’Europe réunies.
Aller plus loin
- Le site du quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide se tiendra du 29 novembre au 1 décembre 2011 à Busan en Corée du Sud.
- Le travail d’Oxfam France sur l’aide au développement
- Lire le rapport "Alignement et coordination de l’aide : mythe ou réalité, publié par Oxfam en septembre 2011













