Deux rendez-vous internationaux pour répondre à l’urgence climatique

03/11/2017

Ces prochaines semaines, la communauté internationale a deux nouvelles occasions majeures de répondre au changement climatique en prenant des engagements à la hauteur de l’urgence de la situation. Lors de la Conférence des Nations-Unies (COP23) à Bonn, en Allemagne, et au sommet international sur le climat organisé à Paris le 12 décembre prochain, Oxfam veillera à faire entendre la voix des plus vulnérables, plus durement impactés par les conséquences du changement climatique.

L’urgence d’agir

Dans son rapport "Déracinés par le changement climatique", Oxfam démontre l’extrême inégalité du changement climatique qui touche plus durement les populations les plus pauvres, celles dont les émissions de gaz à effet de serre sont à peine mesurables.

  • La moitié la plus pauvre de la population mondiale n’est responsable que de 10% des émissions de CO2. Dans le même temps, les 10% les plus riches sont responsables d’environ 50% des émissions mondiales.
  • En 2016, 23,5 millions de personnes ont été déplacées à cause de conditions climatiques extrêmes.
  • Les populations les plus pauvres ont 5 fois plus de risques d’être déplacées à cause de catastrophes climatiques que les habitants des pays riches.
  • Un réchauffement de 2°C entraînerait sur le long terme une montée du niveau des mers submergeant des terres où vivent actuellement 280 millions de personnes.
  • Si rien n’est fait, 400 millions de personnes risquent d’être confrontées à des crises alimentaires d’ici 2060.

Les femmes, les enfants et les communautés locales sont affectées de manière disproportionnée par le changement climatique. Pour les femmes, être déplacées, c’est être plus exposées aux risques de violences et avoir plus de difficultés à obtenir de l’aide lorsque c’est nécessaire.

L’Accord de Paris est encore loin d’être respecté

Lors de la COP21 à Paris en décembre 2015, les pays du monde entier ont pris un engagement financier fort : consacrer 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour aider les populations du Sud à faire face au changement climatique. Le respect des engagements financiers est la clé de voûte d’une véritable justice climatique.

Les pays riches sont malheureusement encore loin de tenir leur promesse. Plus particulièrement, le financement de l’adaptation reste le parent pauvre des financements climats. Si la trajectoire actuelle se poursuit, seulement 20% de ces financements seront allouer d’ici 2020 à l’adaptation des pays les plus pauvres au dérèglement climatique – des montants loin d’être suffisants pour répondre au défi que cela représente.

En 2016, lors de la COP22, Oxfam révélait ainsi la réalité des financements climat derrière les effets d’annonce :

  • Les engagements des pays riches ne s’élevaient qu’à 41 milliards de dollars chaque année, contre les 100 milliards annoncés.
  • Sur ces 41 milliards, seulement 11 à 21 milliards de dollars étaient réellement alloués à l’action climatique.
  • Sur ce montant, seuls 4 à 8 milliards de dollars étaient consacrés à l’aide aux pays pauvres pour s’adapter au dérèglement climatique.

La France, qui accueillera le 12 décembre prochain un sommet international pour traiter de ces financements internationaux, se doit d’être exemplaire.  Ce n’est actuellement pas le cas : seulement 17% des financements climat de la France sont alloués à l’adaptation, loin de l’équilibre inscrit dans l’Accord de Paris, et moins de 10% en moyenne sont à destination des pays les plus pauvres.

Oxfam se mobilise lors des deux grands rendez-vous internationaux : la COP23 et le sommet du 12 décembre

Le 6 novembre prochain s’ouvrira la COP23 des Nations-Unies à Bonn (Allemagne) présidée par les Îles Fidji. Affectées de plein fouet, ces populations insulaires jouent aujourd’hui un rôle crucial, prenant le leadership et prônant des solutions en réponse à la crise.

Cette COP23 est donc l’occasion de montrer une solidarité réelle avec les communautés qui font face aux dégâts, parfois irréversibles, qui menacent leurs moyens de subsistances, si ce n’est leurs vies. Suite aux derniers phénomènes climatiques, d’une ampleur inégalée (l’ouragan Irma, des moussons historiques en Asie), les projecteurs sont de nouveaux tournés vers les négociations, qui ne peuvent mettre plus longtemps les réponses sur pause. Les 196 pays réunis à Bonn devront démontrer qu’ils sont prêts à mettre en œuvre des politiques de transition écologique bien plus ambitieuses sans attendre 2020 s’ils veulent véritablement limiter le réchauffement global à 1,5°C d’ici à la fin du siècle.

La France organise par ailleurs un sommet international à Paris, le 12 décembre 2017, 2 ans jour pour jour après l’adoption historique de l’Accord de Paris. L’occasion de faire le point sur les financements engagés et mobiliser les financements supplémentaires indispensables. L’occasion pour Emmanuel Macron de tenir sa promesse et « Make our planet great again ». Pour cela, la France devra largement revoir sa contribution et doubler les fonds actuellement alloués à l’adaptation des pays pauvres, pour atteindre 2,4 milliards d’euros d’ici 2022.   

Oxfam suivra ces négociations au plus près, pour faire entendre la voix des populations les premières impactées. Nous mobiliserons le plus grand nombre à nos côtés pour rappeler aux dirigeants politiques qu’il est temps d’apporter des réponses concrètes et de ne plus se limiter aux belles promesses.