|
|
Les communiqués de presseCommuniqué de presse, 8 octobre 2007 Quinze années de conflits ont coûté 300 milliards de dollars à l’AfriqueLe coût des conflits sur le développement du continent africain a été de l’ordre de 300 milliards de dollars entre 1990 et 2005, selon une nouvelle étude publiée par Oxfam International, le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) et Saferworld. Cette somme est équivalente à l’argent reçu dans le cadre de l’aide internationale sur la même période. Dans cette étude intitulée “Les milliards manquants de l’Afrique”, les analystes ont évalué pour la première fois l’impact global des conflits sur le PIB à travers le continent. Elle est publiée au moment où les diplomates du monde entier arrivent aux Nations Unies pour discuter d’un Traité sur le commerce des armes. Cette étude montre qu’en moyenne une guerre, une guerre civile ou une rébellion entraîne une chute de 15% de l’activité économique. Le continent perd ainsi une moyenne de 18 milliards de dollars par année en raison des conflits armés. “La violence armée est l’une des plus grandes menaces pour le développement de l’Afrique”, a déclaré Nicolas Vercken, responsable de plaidoyer à Oxfam France – Agir ici.“ Les coûts sont choquants. Nos chiffres sont sûrement en deçà de la réalité, mais ils montrent que les conflits armés coûtent en moyenne 18 milliards de dollars à l’Afrique chaque année. Cet argent pourrait permettre de résoudre la crise du VIH / Sida ; de prévenir la tuberculose et le paludisme ou de faire face aux besoins en matière d’eau potable, d’hygiène et d’éducation”. Joseph Dube, le coordonnateur Afrique du RAIAL a déclaré : “Ce rapport décrit certains des impacts économiques dévastateurs du commerce international des armes et le niveau choquant de souffrance humaine que cela cause. En tant qu’Africain, j’implore tous les gouvernements africains et ceux des pays producteurs d’armes de soutenir un Traité sur les armes solide et efficace. C’est un appel pour la coopération internationale. Cela ne peut être réalisé en travaillant seul. Le gouvernement dont les usines produit les fusils est aussi responsable que celui qui permet à ses bateaux de les transporter. De la même manière, les Etats qui chargent les cargos doivent assurer le suivi pour voir entre quelles mains les armes vont tomber. Sans cette réglementation, le coût de la souffrance endurée par les Africains va continuer d’être énorme.” Entre 1990 et 2005, 23 pays africains ont été impliqués dans des conflits. Oxfam International, le RAIAL et Saferworld ont estimé le niveau de PIB de ces pays sans ces conflits. Par exemple, durant la guerre en Guinée Bissau en 1998-1999, la croissance était projetée à 5,24% sans le conflit, alors que le taux de croissance réel a été de moins 10,15%. Et encore, cette méthodologie induit très probablement une sous-estimation. Elle n’inclut pas l’impact économique sur les pays voisins, qui peuvent souffrir de l’insécurité politique ou d’un afflux de réfugiés. Cette étude ne couvre que les périodes de combat, alors que certains coûts de la guerre comme la hausse des dépenses militaires et le recul de l’économie continuent bien après la fin des combats. Dans les pays affectés par la guerre, les coûts directs de la violence (comme les dépenses militaires ou la destruction des infrastructures) font pâle figure comparés aux coûts indirects et aux opportunités perdues. Ces coûts incluent :
Les armes les plus utilisées dans les conflits africains sont les fusils d’assaut Kalachnikov. La grande majorité de ces armes proviennent de l’extérieur de l’Afrique. Les gouvernements africains sont convaincus de la nécessité de contrôler les flux d’armes et ont déjà pris des initiatives encourageantes au niveau régional. Ce sont des pas importants, mais ils ne peuvent résoudre à eux seuls le problème. Le commerce des armes est une industrie globale et a besoin d’un traité global et juridiquement contraignant. Oxfam International, le RAIAL et d’autres ONG mènent une campagne pour un Traité sur les armes qui interdirait le transfert des armes dans les cas où elles pourraient être utilisées pour commettre de sérieuses violations du droit humanitaire ou des droits humains ou mettre en péril le développement durable. Un tel traité n’interdirait pas le transfert des armes dans le cadre des opérations de défense, de police ou de maintien de la paix. Une version vidéo du communiqué de presse montrant les effets de la guerre sur l’économie libérienne est disponible pour les télévisions. NOTES AUX REDACTIONS :
Contact presse : |