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Les communiqués de presse
Communiqué
de presse, le 3 juin 2003
Sommet pour un autre monde, Annemasse et Genève,
29 - 31 mai 2003

Synthèse des travaux. Le Sommet pour un autre monde interpelle
les dirigeants des pays du G8
Inscrit dans l'ensemble des mobilisations citoyennes face au G8, le Sommet
pour un autre monde a ouvert, à travers une série de tables
rondes, un espace d'expression et d'échanges citoyens où ont été abordées
les questions à
l'ordre du jour du Sommet d'Evian.
Ces tables rondes ont permis à des organisations citoyennes, du Nord
et du Sud, de faire connaître analyses et propositions sur ces différents
sujets. Une priorité a été
accordée à l'expression d'organisations des pays du Sud (une
trentaine de représentants d'Afrique, d'Amérique latine et
d'Asie).
Dans chaque table ronde, plus de 300 personnes ont pu prendre part aux débats.
Ces échanges ont permis de confronter les points de vue et de consolider
les propositions citoyennes pour construire un autre monde.
Les associations organisatrices du Sommet pour un autre monde - Agir ici,
Amis de la Terre, Attac, CADTM, CCFD, CRID, 4D et Greenpeace - dénoncent
les graves défaillances de la " gouvernance mondiale " actuelle
qui ne permet pas de réguler une mondialisation néo-libérale
qui accélère la concentration des richesses, génère
des exclusions
économiques, sociales et culturelles et détruit l'environnement.
Nos organisations considèrent le G8 comme illégitime. En effet,
dans une gouvernance mondiale démocratique, le G8 n'a pas sa place.
En effet, si chaque chef d'Etat et de gouvernement des pays du G8 est légitime
pour ce qui concerne la mise en uvre de la politique de son propre
pays et si l'on ne peut nier le droit de huit chefs d'Etat à se rencontrer,
ce cartel ne peut être considéré comme légitime
lorsqu'il s'autorise à guider la conduite d'une politique au niveau
mondial. Les citoyens du monde ne leur ont pas donné
mandat pour cela.
Les sujets qu'aborde le G8 relèvent en fait du cadre normal des Nations
unies. Un renforcement et une réforme de l'ONU sont indispensables
pour assurer un cadre propice au maintien de la paix, au développement
durable, à la promotion des droits individuels et collectifs et au
respect des grands équilibres environnementaux.
Nous présentons ci-après de manière synthétique
les propositions débattues à l'occasion de ce Sommet pour un
autre monde, propositions qui sont portées par de nombreuses associations
en France et ailleurs, comme en témoignent les différentes
campagnes et positions collectives jointes
à ce dossier.
Le Sommet pour un autre monde a été organisé par :
Agir ici, Amis de la Terre, Attac, CADTM, CCFD, CRID, 4D et Greenpeace.
En partenariat avec : Action Aid, Act Up, Agir pour l'environnement, Aide
et Action, AITEC, Amnesty International, Ensemble contre le Sida, FIDH, France
Libertés, GRDR, LDH, Médecins du Monde, Mouvement français
pour le planning familial, Oxfam International, Plate-forme Dette et Développement,
Réseau pour la Réforme des IFI, Secours catholique, Solidarité
Sida, Survie.
Sommet pour un autre monde
Synthèse des débats
NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique)
Présenté
comme la panacée par les dirigeants du G8 et les chefs d'Etat africains
porteurs du projet, le NEPAD ne peut être considéré
comme un véritable partenariat quand l'un des partenaires, le G8,
continue d'adopter une démarche unilatérale d'imposition de
politiques au continent africain. Le NEPAD doit se démarquer du modèle
néo-libéral, qui est l'une des causes principales de l'appauvrissement
de l'Afrique, et doit se tourner vers un développement durable du
continent qui place au cur de sa démarche le respect des droits
humains fondamentaux (éducation, accès à l'eau, santé
).
L'appel incantatoire aux investissements directs
étrangers ne peut être considéré comme une option
crédible de financement du développement durable en Afrique.
Les pays du G8 doivent respecter leurs engagements en matière de contribution
financière publique, en commençant par annuler la dette du
continent. Par ailleurs, des efforts doivent être accomplis en faveur
d'autres mécanismes de financements (taxation internationale, flux
financiers issus des migrations, économie solidaire
). Enfin,
les populations concernées doivent être pleinement associées
à la conception, la mise en uvre et le contrôle des politiques
qui les concernent.
Commerce et développement
La 5ème Conférence ministérielle de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) se tiendra en septembre prochain à
Cancun (Mexique). Dans cette perspective, nous demandons un moratoire des
négociations tant qu'une évaluation des impacts sociaux et
environnementaux des politiques de libéralisation n'aura pas été réalisée.
Ce bilan doit
être mené de manière transparente, indépendante
et pluraliste, avec la participation entière de la société
civile. Les pays du G8 doivent exclure les services fondamentaux tels que
l'éducation, la santé, l'eau ou l'environnement des négociations
de l'AGCS et stopper l'extension du mandat de l'OMC à de nouveaux
sujets (new issues).
Annulation de la dette
Les pays du G8 sont les principaux créanciers des pays pauvres de
la planète qui continuent de leur rembourser chaque année près
de 400 milliards de dollars. Les institutions financières internationales
(Banque mondiale et FMI) imposent, via les mécanismes de conditionnalité,
des politiques néo-libérales largement condamnées par
les populations du Sud, enfermant les pays pauvres dans un système
de dépendance tant
économique que politique. Il est urgent de rompre avec cette logique.
Les pays du G8 doivent s'engager à annuler immédiatement la
dette des pays pauvres, à ouvrir les allègements de dette aux
pays à revenu intermédiaire et à
mettre en place un tribunal international de la dette sous l'égide
des Nations unies, à même de juger des situations d'insolvabilité
et des dettes odieuses. Le principe de la dette odieuse, selon lequel un
peuple ne doit pas payer les dettes contractées par un dictateur ou
détournées de leur objectif initial, récemment invoqué à propos
de la dette irakienne, devrait s'appliquer universellement. Les biens mal
acquis doivent
être restitués aux peuples auxquels ils ont été
volés. Enfin, la question des réparations au titre de l'esclavage,
de la colonisation, de l'échange inégal et du pillage des ressources,
doit être posée.
Accès à l'eau
Aujourd'hui, 1 milliard et demi de personnes n'ont pas accès à
l'eau potable. Les ressources en eau sont de plus en plus fragilisées
par la surconsommation et la pollution. Nous demandons que soient engagées,
dans le cadre des Nations Unies, des négociations visant à développer
un droit international relatif
à la gestion, internationale et régionale, de l'eau. L'eau
est un bien commun de l'humanité et à ce titre elle ne peut être
privatisée. Sa gestion doit s'inscrire dans des politiques publiques
et reposer sur des processus démocratiques et participatifs.
Lutte contre le VIH sida
95 % des personnes atteintes du VIH sida n'ont accès à
aucun traitement et sont condamnées à mort. Nous demandons
au président Chirac qu'il s'engage à contribuer à
la lutte contre le sida à hauteur de 500 millions d'euros par an.
Ces aides ne doivent être assorties d'aucune conditionnalité.
Nous demandons aux dirigeants des pays du G8 de :
- permettre l'accès dans chaque pays à l'ensemble des traitements
nécessaires et des outils de prévention ;
- promouvoir le principe de gratuité des médicaments pour
les pathologies chroniques ;
- rendre accessibles aux populations des pays pauvres les innovations thérapeutiques
;
- permettre la production, l'exportation, l'importation de produits de
santé génériques dans les pays en développement.
Gouvernance mondiale de l'environnement
Pour pallier les dysfonctionnements graves de la gouvernance mondiale en
matière d'environnement, une Organisation mondiale de l'environnement
(OME) devrait être créée. Transparente, cette OME devrait être
ouverte à la participation citoyenne et soucieuse de l'équité Nord-Sud.
Elle assurerait la primauté des règles environnementales sur
celles du commerce international et s'inscrirait dans le cadre d'une réforme
globale du système des Nations unies. Pour l'heure, des urgences s'imposent
: l'entrée en vigueur des protocoles de Kyoto et " biosécurité ".
Responsabilité
sociale et environnementale des entreprises
Les pays du G8 sont ceux où se trouvent les sièges sociaux
des principales multinationales de la planète. Ces entreprises sont
devenues plus puissantes que de nombreux Etats. Leur influence démesurée
leur permet de se placer au dessus des lois et elles demeurent impunies,
alors même que leurs agissements ont des impacts sérieux tant
sur les droits humains que sur l'environnement. Les pays du G8 doivent engager
immédiatement des négociations pour la mise en place d'un instrument
international juridiquement contraignant réglementant la responsabilité
sociale et environnementale des entreprises. Dans l'immédiat, nous
leur demandons d'adopter l'initiative Publiez ce que vous payez et d'en faire
au plus vite un instrument juridiquement contraignant.
Taxes globales et financement du développement
En matière de financement externe, nous proposons l'établissement
d'une taxe globale sur les transactions de change, ce qui suppose la levée
immédiate du secret bancaire. Outre apporter des ressources additionnelles
pour le financement du développement, cette taxe contribuerait à la
stabilité financière mondiale. Sur le plan du financement intérieur,
seule une réforme drastique et en profondeur du système financier
international permettra de mobiliser l'épargne intérieure pour
le développement et de rendre la souveraineté
en termes de politiques économiques, fiscales et budgétaires
aux pays du Sud. Cette réforme suppose notamment de rompre avec la
logique néolibérale promue par les institutions financières
internationales.
Anti-terrorisme et droits humains
Suite aux attentats du 11 septembre 2001, nombre d'Etats ont instrumentalisé
la lutte contre le terrorisme pour adopter des lois limitant le droit d'association,
de manifestation et d'expression. On a aussi constaté une multiplication
des traitements inhumains et dégradants. Dans certains pays, des
législations ont défini de manière si large la notion
de terrorisme que nombre de militants peuvent être emprisonnés
sous la qualification d'activités terroristes. La lutte contre le
terrorisme ne doit pas être un prétexte pour s'affranchir
des lois et des obligations découlant des textes internationaux
auxquels les Etats ont souscrit.
Contrôle des transferts d'armes
Les pays du G8 sont à l'origine de 90 % des exportations d'armes
dans le monde. Ces armes prolifèrent dans le monde entier, attisent
des conflits meurtriers et multiplient le nombre des victimes, principalement
parmi les populations civiles. Les pays du G8 doivent mettre un terme aux
transferts d'armes les plus scandaleux et s'engager
à négocier un instrument international juridiquement contraignant
pour le contrôle des transferts d'armes.
Sommet pour un autre monde
Revendications
Commerce et développement :
L'accès aux services fondamentaux
L'Accord général sur le commerce des services (AGCS) est l'un
des accords de l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Il vise
à libéraliser les services au niveau mondial. Il inclut des
services aussi essentiels que l'éducation, la santé, l'eau
ou l'énergie.
Les pays du Sud subissent des pressions pour ouvrir davantage ces secteurs
au marché mondial pour le plus grand bénéfice des multinationales
du Nord. Les libéralisations menées ces dernières années
sous l'égide des institutions financières internationales ont
eu des conséquences désastreuses pour les populations (augmentation
des tarifs, couverture géographique et qualité du service inégales,
etc
).
Une
évaluation indépendante et pluraliste de l'impact de la libéralisation
des services est indispensable avant tout nouvel engagement. Cette demande,
soutenue par des pays du Sud et des organisations internationales, n'est
pas entendue. Bien plus, les clauses de l'Accord sont tellement contraignantes
qu'elles entraveront la marge de manuvre des gouvernements dans la
mise en uvre des politiques nationales.
Malgré
la portée de l'AGCS, les négociations sont conduites dans une
opacité qui empêche tout contrôle démocratique.
Des échéances importantes vont jalonner l'année 2003,
jusqu'à la Conférence ministérielle de Cancun (Mexique)
en septembre. Nous demandons :
· que des négociations transparentes impliquant les citoyens
et les parlementaires soient garanties ;
· qu'un moratoire sur l'accord soit déclaré
tant qu'une évaluation n'aura pas été effectuée
;
· et enfin, que les services répondant à des besoins
fondamentaux soient exclus de l'AGCS.
Extraits de la campagne "Services menacés, halte à l'OMC
!", menée par : Agir ici, AITEC (Association internationale de
techniciens, experts et chercheurs), ATTAC, CRID (Centre de recherche et
d'information pour le développement), Ligue des droits de l'Homme
et Médecins du Monde Avec : ACME (Association pour le contrat mondial
de l'eau), Afrique verte, AFVP (Association française des volontaires
du progrès), Aides Ile de France, Amis de la Terre, ASPAL (Association
de solidarité
avec les peuples d'Amérique latine), Attac, CANVA (Coordination de
l'action non-violente de l'Arche), Casi Bretagne (Coordination des associations
de solidarité internationale en Bretagne), CNAFAL (Conseil national
des associations familiales laïques), Confédération paysanne,
Droits à l'énergie, Eclaireuses Eclaireurs de France, Enfants
du Monde, Droits de l'Homme, Fédération des syndicats Sud Rail,
Fédération générale des transports et de l'équipement-CFDT,
FERC-CGT (Fédération CGT de l'éducation, de la recherche
et de la culture), France Amérique Latine, France Libertés,
FSU (Fédération syndicale unitaire), Greenpeace, IRAM (Institut
de recherche et d'application de méthodes de développement),
Le Cun du Larzac, MDLP (Mouvement pour le désarmement, la paix et
la liberté), Pax Christi France, Peuples solidaires - Réseau
solidarité, RENAPAS (Rencontre nationale avec le peuple d'Afrique
du sud), RITIMO (Réseau d'information tiers monde), Service civil
international (France), Sherpa, Solagral, Solidarités Jeunesses, Survie,
Terre des Hommes - France.
Commerce et développement :
Agriculture et alimentation
La moitié de la population mondiale vit directement de l'agriculture
dans 1,3 milliards d'exploitations agricoles. 800 millions de personnes souffrent
d'une sous-alimentation chronique et les deux tiers de ces personnes sont
des paysans pauvres.
Les règles du jeu économique précipitent les paysanneries
vers une fin prochaine et les familles paysannes dans la pauvreté,
l'exclusion et, en fin de processus, l'exode. Ce processus de paupérisation
fait courir un grand risque à l'humanité et à
la planète.
Les associations de solidarité internationale demandent, comme cela
a été prévu lors des accords de Marrakech signés
en 1995, qu'un bilan des impacts sociaux et environnementaux de dix années
de libéralisation soit réalisé
et que les résultats de ce processus sur la santé
des agricultures du monde soient appréciés. Nous demandons
que ce bilan soit contradictoire et réalisé par des
équipes indépendantes. Enfin, nous demandons que ce bilan soit
discuté dans chaque pays avec les organisations de la société civile
(organisations de producteurs agricoles, associations de consommateurs, associations
environnementalistes et associations de solidarité).
Les observations que nous faisons au contact des réalités
et les échanges que nous avons avec les organisations paysannes, nous
amènent à demander une réorientation complète
des politiques agricoles, y compris celles des pays développés,
selon les six principes suivants :
·
la mise en place de nouveaux mécanismes d'échanges internationaux
et de nouvelles modalités de fixation des prix agricoles. Nous proposons,
notamment, de mettre en uvre des mécanismes permettant un meilleur équilibre
entre les offres et les demandes de produits agricoles et alimentaires, un
appui aux processus de consolidation et de protection des espaces
économiques régionaux et un encouragement à
l'établissement d'accords commerciaux interrégionaux.
· la reconnaissance d'un droit à la souveraineté
alimentaire au niveau national ou, par délégation, au niveau
régional
· l'arrêt immédiat de toutes les pratiques de dumping
· la promotion d'agricultures diversifiées et de pratiques
agroécologiques
· l'accès facilité des paysans aux moyens de production
agricole : terre, eau, crédit, semences.
· l'attention particulière à accorder aux consommateurs
pauvres, notamment urbains, qui pourraient pâtir d'une remontée
des prix alimentaires.
Extrait d'une position élaborée en vue des rencontres avec
les pouvoirs publics en préparation du G8 d'Evian par : Association
pour la création d'une fondation René Dumont, CCFD (Comité catholique
contre la faim et pour le développement), Oxfam International, Solagral
Financement du développement durable
La mobilisation des ressources est une condition nécessaire, essentielle,
de tout processus de développement, de tout processus de transformation
sociale. Mobilisation des ressources humaines, à travers le travail
des femmes et des hommes, de leur qualification et de leur engagement. Mobilisation
des ressources intellectuelles, culturelles et scientifiques, des connaissances
et des savoirs. Mais aussi et surtout mobilisation des ressources financières.
Cette mobilisation des ressources financières tient en premier lieu à la
mobilisation des ressources intérieures, publiques ou privées,
de chaque pays et de chaque région. Elle suppose tout à la
fois l'existence de systèmes bancaires et de régimes fiscaux
efficaces, mais aussi équitables, qui soient protégés
contre les détournements et leur captation par l'extérieur.
Les partenaires de nos associations ont démontré, à travers
des expériences de systèmes mutualistes, de crédit populaire
ou de micro-crédit, qu'il était possible de mobiliser des capitaux
vers le système productif et les plus pauvres. Mais au-delà de
ce financement interne du développement, la lutte contre les inégalités
Nord-Sud et le respect des engagements internationaux en matière de
lutte contre la pauvreté et de développement durable impose
la création d'un espace mondial de solidarité et la mobilisation
de ressources financières internationales.
Dans la Déclaration du Millénaire de septembre 2000, les chefs
d'Etat et de gouvernement, en assemblée générale des
Nations unies, se sont notamment engagés
· ??à réduire de moitié, d'ici à
2015, la proportion de la population mondiale dont le revenu est inférieur à un
dollar par jour et celle des personnes qui souffrent de la faim ;
· ??à réduire de moitié, d'ici à
la même date, la proportion des personnes qui n'ont pas accès
à l'eau potable ou qui n'ont pas les moyens de s'en procurer ;
· ??à permettre aux enfants, partout dans le monde, d'achever
un cycle complet d'études primaires ;
· ??à réduire de trois quarts la mortalité
maternelle et de deux tiers la mortalité des enfants de moins de 5
ans par rapport aux taux actuels.
Pour atteindre ces objectifs, qui doivent être considérés
comme un minimum, les ressources font, aujourd'hui, cruellement défaut
aux pays du Sud.
La Conférence des Nations unies sur le financement du développement,
qui s'est réunie à Monterrey (Mexique) en mars 2002, n'a pas
permis de réelles avancées. La déclaration finale, aussi
appelée Consensus de Monterrey, ne va guère au-delà du
catalogue de bonnes intentions. Le texte dresse un tableau idyllique du rôle
des marchés, des mouvements de capitaux privés ou de la libéralisation
du commerce. Il exclut ainsi toute analyse des crises financières
récentes et n'ébauche aucune piste de réforme des institutions
financières internationales. De même, alors qu'il est aujourd'hui évident
que l'initiative dite " Pays pauvres très endettés (PPTE) " ne
permettra pas de libérer véritablement ces pays du fardeau
de la dette, le Consensus n'évoque aucune nouvelle mesure. Enfin,
la Conférence de Johannesburg sur le développement durable,
fin août 2002, a consacré de nouveau le rôle central dévolu
au secteur privé sans que les pays industrialisés ne prennent
de nouvelles mesures sur le financement de leurs engagements internationaux.
Les sommes en jeu ne sont pourtant pas hors de portée. Rien qu'en
ce qui concerne les services sociaux de base (éducation, santé,
accès à l'eau potable et assainissement, soins de gynécologie
et d'obstétrique...), le coût supplémentaire de réalisation
et de maintien d'un accès universel à ces services est en général
estimé par les institutions internationales à environ 50 milliards
de dollars par an, soit 7 fois moins que le montant annuel des subventions
agricoles versées par les pays de l'OCDE.
Extrait du document "Financement du développement durable" adopté en
octobre 2002 par : Agir ici, AITEC (Association internationale de techniciens,
experts et chercheurs), CCFD (Comité catholique contre la faim et
pour le développement), CRID (Centre de recherche et d'information
pour le développement), Solagral
Nouvelles sources de financement
et régulation du système financier international
Une meilleure redistribution mondiale est indispensable pour assurer l'accès
de tous les pays au financement du développement et créer un
espace mondial de solidarité. Pour que cette redistribution soit effective,
nous demandons :
· La création ou le rétablissement de mécanismes
de contrôle des mouvements de capitaux, en particulier la levée
du secret bancaire et la suppression des paradis fiscaux.
· La mise en place d'une taxation internationale des transactions
de change (de type taxe Tobin), des mouvements de capitaux, du profit des
firmes multinationales, ainsi que les éco-taxes internationales (notamment
la taxe sur le dioxyde de carbone), peuvent être des instruments de
régulation du système monétaire, de prévention
des crises financières et de réduction de l'émission
de gaz à effet de serre et autres pollutions.
· Ces nouvelles ressources doivent être additionnelles
à l'aide publique au développement (APD). Elles pourraient
être affectées à la préservation et à
la production des Biens Publics Mondiaux qui nécessitent, de par leur
dimension mondiale, des mécanismes internationaux de concertation,
de régulation et de financements. Dans les pays du Sud, elles permettraient
de financer des projets économiques, sociaux et écologiques
qui ne sont pas pris en charge par l'APD.
· La France doit dégager des fonds additionnels pour financer
ses engagements dans le cadre des Accords Multilatéraux sur l'Environnement.
Des engagements financiers ont en effet été
pris dans ces différents lieux, mais ils ne font que rarement l'objet
d'un échéancier précis et aucune garantie réelle
n'a été apportée que ceux-ci ne viendront pas en remplacement
de l'APD.
· Des garanties pour que les futurs financements soient engagés
dans des conditions satisfaisantes et utilisés en faveur du développement
durable. Cela exige notamment plus de transparence tant de la part des bailleurs
de fonds que des pays récipiendaires, un contrôle démocratique
exercé notamment par les parlementaires et la participation de la
société
civile au processus. En ce qui concerne plus particulièrement les
agences de crédits et d'assurance-crédit aux exportations,
elles ne doivent pouvoir garantir des investissements non productifs (armement)
ou contraires au développement durable.
Extrait du document "Financement du développement durable"
adopté en octobre 2002 par : Agir ici, AITEC (Association internationale
de techniciens, experts et chercheurs), CCFD (Comité
catholique contre la faim et pour le développement), CRID (Centre
de recherche et d'information pour le développement), Solagral
Annulation de la dette
Quatre ans après la campagne mondiale " Jubilée 2000 " en
faveur de l'annulation de la dette des pays pauvres, soutenue par 24 millions
de personnes à travers le monde, la situation a peu évolué.
La dette demeure l'un des obstacles majeurs au développement des pays
du Sud en les privant des ressources nécessaires à la satisfaction
des besoins essentiels de leurs populations.
Malgré les effets d'annonce spectaculaires, l'initiative d'allègement
de dette en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), lancée
par les pays du G8, est très insuffisante. De nombreux pays en sont
exclus et pour les pays bénéficiaires, les allégements
ne permettent pas de sortir du surendettement. Cette initiative ne rompt
pas avec la logique qui a prévalu jusqu'ici et qui fait primer le
remboursement de la dette sur la satisfaction des besoins essentiels des
populations.
Nous défendons une approche de la soutenabilité de la dette
fondée sur les besoins de financement d'un pays en termes de développement
humain. Il pose comme principe intangible la satisfaction des besoins essentiels
des populations. C'est pourquoi nous demandons :
- L'ouverture des allègements de dette à tous les pays
- Une annulation de 100% de la dette des Pays Pauvres Très Endettés.
- Un effort plus important des Institutions financières internationales
qui sont, à l'issue de l'initiative actuelle, les principaux créanciers
des Pays Pauvres Très Endettés .
La crise argentine est venue rappeler que la dette était également
un facteur éminemment déstabilisateur des économies.
Alors que le problème est structurel, le partage des responsabilités
entre débiteurs et créanciers dans le traitement de la dette
n'est toujours pas à l'ordre du jour. L'abandon de la proposition
du FMI d'un Mécanisme de Restructuration de la Dette Souveraine doit être
l'occasion de reconsidérer la question à la lumière
des propositions alternatives portées par la société civile.
Nous prônons la mise en place d'un processus d'arbitrage équitable
et transparent dont les principes directeurs sont les suivants :
- Un processus global ouvert à tous les pays.
- Une approche intégrée qui prend en compte toutes les créances.
- L'indépendance de l'instance d'arbitrage.
- Le principe de la primauté du respect des droits fondamentaux des
personnes et de la satisfaction des besoins essentiels des populations.
- La transparence et la participation de toutes les parties concernées,
notamment des organisations de la société civile des pays endettés.
Extrait du courrier adressé par les campagnes européennes
aux gouvernements des pays du G8, en mai 2003. Réseaux et organisations
signataires :
Allemagne Erlassjahr - Entwicklung braucht Entschuldung
Canada Canadian Catholic Organization for Development and Peace
Etats-Unis Jubilee USA Network
France Plate-Forme Dette et Développement
Italie Sdebitarsi, Campagna per la cancellazione del debito estero dei paesi
poveri
Japon Japan Network on Debt & Poverty
Royaume-Uni Jubilee Debt Campaign
Réseaux internationaux
Action Aid Alliance, CIDSE, Eurodad (European network on debt and development),
Oxfam International
Le sida impose une autre politique de solidarité internationale
Le sida touche plus de 40 millions de personnes dans le monde. 95 % d'entre
elles n'ont accès à aucun traitement et sont condamnées à mort.
L'impact de l'épidémie représente une catastrophe sans
précédent dans les pays en développement : effondrement
de l'espérance de vie, délitement des structures familiales,
dégradation des terres agricoles et aggravation de la malnutrition,
détérioration des systèmes d'éducation et des
systèmes sanitaires. Elle touche en priorité les populations
les plus vulnérables, et particulièrement les femmes. Ses répercussions
économiques et sociales appauvrissent et fragilisent l'ensemble des
secteurs publics et privés.
L'ampleur de cette catastrophe révèle l'échec et l'inadéquation
des politiques de développement imposées par les pays riches,
ainsi que leur responsabilité
dans cette évolution. Explosion de la dette extérieure, politiques
d'ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale, privatisation massive
de la santé et de l'éducation ont fait le lit de la propagation
de l'épidémie. C'est cette logique économique qui a
présidé pendant près de 20 ans au refus de soutenir
l'accès aux médicaments contre le sida dans les pays pauvres.
C'est encore cette logique qui accroît l'incapacité des systèmes
de santé
à prendre en charge les pathologies chroniques (cancers, diabète,
maladies cardio-vasculaires, hépatites, etc.) qui se développent
actuellement, et qui sont pourtant souvent mortelles en l'absence de traitements
accessibles.
Malgré les récurrentes prises de position médiatiques
des leaders politiques internationaux et nationaux, le décalage entre
les intentions affichées et les politiques menées en matière
de lutte contre le sida comme en matière de développement est
effrayant : le seuil de 0,7% du PIB consacré à l'aide publique
au développement sur lequel se sont engagés les pays de l'OCDE
en 1972 est loin d'être atteint, les 10 milliards de dollars annuels
promis
à la lutte contre le sida en 2001 ne sont toujours pas effectivement
engagés. Ainsi, les contributions au Fonds mondial contre le sida,
le paludisme et la tuberculose ne permettent actuellement la mise sous traitement
que de 500 000 personnes, quand 10 millions de séropositifs ont besoin
dès maintenant de tri-thérapies.
L'aide publique, limitée, repose d'abord sur le transfert de modèles
des pays industrialisés vers les pays en développement et néglige
les besoins et l'implication des populations concernées.
Ces logiques doivent être inversées, à travers l'instauration
de politiques d'aide à long terme, en démultipliant les fonds
consacrés à des politiques de développement définies
et menées en concertation avec les différents acteurs nationaux.
Aujourd'hui, lutter contre l'épidémie de sida, en y consacrant
les moyens adaptés, en laissant les États mettre en oeuvre
les mesures les plus efficaces localement pour protéger leurs populations,
en permettant aux communautés d'exiger le respect de leurs droits
et d'obtenir de leurs gouvernements la mise en place de politiques adaptées,
est non seulement une nécessité sanitaire mais doit également
poser les bases de relations nouvelles entre pays riches et pays pauvres.
Dès cette année, Jacques Chirac doit s'engager à
respecter le seuil de 0,7 % du PIB pour l'aide publique au développement
qu'il s'est fixé à Johannesburg en août dernier, et,
compte tenu des moyens à disposition de la France et des engagements
pris lors de la réunion des pays membres du G8 à Gênes
en 2001, contribuer à la lutte contre l'épidémie de
sida dans les pays pauvres à
hauteur de 1 milliard d'euros par an. Dès maintenant, le président
français doit demander aux États membres du G8 qui se réuniront
sous sa présidence en juin qu'ils s'engagent à :
· permettre l'accès dans chaque pays à l'ensemble des
traitements nécessaires et des outils de prévention ;
· promouvoir le principe de gratuité des médicaments
pour les pathologies chroniques ;
· rendre accessibles aux populations des pays pauvres les innovations
thérapeutiques ;
· permettre la production, l'exportation, l'importation de produits
de santé génériques dans les pays en développement.
Appel de la campagne " Sida : urgence G8 "
lancée par : Act up, CRID (Centre de recherche et d'information pour
le développement), Ensemble contre le sida, France Libertés
Fondation Danièle Mitterrand, GRDR (Groupe de recherche et de réalisation
pour le développement rural), Médecins du Monde, MFPF (Mouvement
français pour le planning familial) et Solidarité Sida
De l'eau pour tous
Aujourd'hui encore, 1 milliard et demi de personnes dans le monde n'ont
pas accès à l'eau potable. Près de 2,5 milliards de
personnes n'ont pas accès à l'assainissement. Selon l'OMS,
chaque jour, 30 000 personnes dont 6 000 enfants meurent pour avoir bu de
l'eau polluée.
dans le partage de l'eau est la marque la plus inacceptable de l'inégalité
de la répartition des richesses sur notre terre.
Les ressources en eau sont de plus en plus fragilisées par la surconsommation
et la pollution. Sous la pression démographique, la pénurie
progresse. Les plus grand dangers peuvent encore
être à venir : conflits liés à l'eau, engagements
trop faibles des pays à hauts revenus, endettement supplémentaire
des pays les plus pauvres pour accéder
à l'eau et à l'assainissement, pollution, réchauffement
de la planète et extension des zones arides.
Il n'est pas acceptable de considérer que pendant encore plusieurs
décennies un tiers de la population dans le monde n'aura pas accès à l'eau
potable et à l'assainissement.
L'eau, peut contribuer à la création de nouvelles richesses
par la production agricole tout en renforçant la sécurité
alimentaire. La qualité de l'eau potable est essentielle pour maintenir à un
haut niveau la santé des populations. Elle participe à la régénération
de l'environnement. Elle est un domaine de création d'emplois pour
les entreprises et les collectivités locales.
Le Comité des Nations Unies pour les Droits Economiques, Sociaux
et Culturels a reconnu en novembre 2002, l'accès à
l'eau et à l'assainissement comme un droit fondamental de l'être
humain. Ce droit doit d'urgence être acquis pour tous et reconnu par
les Etats, les Nations Unies, les institutions financières internationales
et l'organisation mondiale du commerce.
Nous exigeons des actions beaucoup plus importantes et plus rapides de la
communauté internationale, pour que toute personne ait accès à l'eau
potable et à l'assainissement.
Nous rappelons nos convictions pour la reconnaissance du droit à
l'eau pour tous et réaffirmons certains principes et propositions
:
1. Tout projet d'accès à l'eau et à l'assainissement
doit être fondé sur l'initiative et la responsabilité
de la population elle-même, avec toutes ses composantes, en particulier
les femmes et les minorités.
2. Le droit d'accès à l'eau et à l'assainissement est
indissociable des autres droits humains ; en particulier celui de vivre en
paix et en sécurité ; la démocratie, le droit à l'information
et le respect des droits fondamentaux de la personne doivent être garantis
par chaque état avec l'appui de la communauté internationale.
Il doit être inscrit dans les constitutions des Etats.
3. L'accès à l'eau et à l'assainissement doit s'inscrire
dans des politiques publiques à travers des processus démocratiques.
Ils doivent assurer la protection de la ressource en eau et la lutte contre
la pollution, la gestion de l'eau par bassin versant, la mise en uvre
de la loi sur l'eau, le contrôle des marchés et des prix de
l'eau, un apport financier local selon le niveau de revenu, la prise en charge
durable du fonctionnement des installations, la planification des équipements à
réaliser, en donnant la priorité aux personnes les plus vulnérables.
4. L'eau n'est pas un bien marchand mais un patrimoine commun de l'humanité
qu'il faut protéger, défendre et gérer comme tel. Des
programmes d'éducation et de sensibilisation sur la ressource et par
des formations à l'hygiène et
à la santé liée à l'eau doivent être développés.
5. Les projets d'accès à l'eau potable seront complétés
par des équipements d'assainissement. Les équipements seront
optimisés pour une gestion économe de la ressource. Les pollutions
pourront être évitées notamment par la création
de réseaux séparés (eau potable /non potable). Les communautés
rurales seront renforcées en s'organisant en groupements pour partager
et mutualiser les charges d'entretien, de maintenance et de formation de
techniciens. Des emplois seront ainsi créés.
6. L'eau doit être protégée, elle doit faire l'objet
d'une gestion durable en qualité et en quantité.
L'utilisation de l'eau par le secteur agricole (aujourd'hui estimée
à 70% des prélèvements mondiaux) doit être guidée
par le souci d'assurer aux populations leur sécurité
alimentaire. Concrètement, cela passe par l'adoption de modèles
de production moins polluants et gaspilleurs, donnant toute leur place aux
modes de culture traditionnels et surtout garantissant l'accès aux
ressources aux petits producteurs. Le secteur industriel est lui aussi grand
consommateur d'eau douce (20% des prélèvements mondiaux).
Les déchets rejetés par les secteurs agricole et industriel
mettent en péril les équilibres écologiques. Le contrôle
des pollutions de l'eau est urgent. Des règles de protection de l'environnement
doivent être élaborées afin de contrôler notamment
les modes de production industriels et agricoles. Leur respect par tous les
acteurs agissant dans le secteur de l'eau doit être garanti. Sanctionner
les infractions constatées est nécessaire.
L'application du principe pollueur- payeur, qui ne doit pas devenir un permis
de polluer, doit permettre de dissuader les pollutions.
7. Des ressources nouvelles doivent être dégagées pour
financer les équipements et les services de l'eau. Pour cela, les
mécanismes de solidarité et de coopération internationale
doivent être renforcés notamment à
travers l'augmentation de l'APD, l'annulation de la Dette et l'adoption de
politiques fiscales telles que la taxation des transactions financières
(Taxe Tobin). Des propositions comme la facturation d'un centime additionnel
par mètre cube dans les pays riches destinée
à des projets des services de l'eau dans les pays pauvres doivent être
envisagées.
8. Dans le cadre des négociations commerciales internationales, l'Union
Européenne et la France poussent à l'intégration des
services de l'eau à l'Accord Général sur le Commerce
des Services (AGCS). L'intégration des services de l'eau à l'AGCS
signifie l'ouverture des marchés nationaux aux entreprises étrangères
et donc la mise en concurrence des entreprises nationales avec des multinationales.
Les règles du commerce primant sur toute réglementation sociale
ou environnementale devant l'OMC, les droits des gouvernements
à engager des politiques afin de garantir l'accès
à l'eau à tous et faire prévaloir une gestion
équitable et soutenable des ressources seront sérieusement
limités. Les services de l'eau et de l'assainissement doivent
être exclus de l'AGCS.
9. La gestion des services de l'eau par des entreprises transnationales
se traduit souvent par une augmentation du coût du service pour les
usagers et la qualité de l'eau n'est pas meilleure pour autant. Suivant
une logique de rentabilité, les entreprises privées ne garantissent
pas l'accès à l'eau pour tous et souvent les plus pauvres se
retrouvent complètement exclus. Les profits des entreprises privées
doivent donc
être limités lorsqu'elles agissent dans des secteurs aussi fondamentaux
que le secteur de l'eau potable. Les services de l'eau et de l'assainissement
restent sous contrôle public et démocratique. Le prix de l'eau
ne sera pas calculé
en fonction du profit des entreprises et ne sera pas soumis à
indexation par rapport à la monnaie nationale. Le prix de ce service
essentiel ne peut être fixé par la loi du marché.
10. Entamer dans le cadre des Nations Unies des négociations visant à développer
un droit international relatif
à la gestion internationale et régionale de l'eau est nécessaire
pour éviter qu'elle soit une source de conflit inter-étatique
ou entre différentes communautés.
Texte de positionnement élaboré en vue du G8 et adopté
par : ACME (Association pour un contrat mondial de l'eau), Amis de la Terre,
Attac, AITEC (Association internationale des techniciens, experts et chercheurs)
- IPAM (Initiative pour un autre monde), CCFD (Comité catholique
contre la faim et pour le développement), Eau Vive, France Libertés,
Réseau Foi et Justice - Afrique - Europe
Responsabilité
sociale et environnementale des entreprises
Dans un contexte de mondialisation de l'économie, l'influence et
le pouvoir des multinationales ne cessent de grandir. Rendre les entreprises,
leurs filiales et sous-traitants pleinement responsables des impacts socio-environnementaux
de leurs activités dans tous les pays est devenu un enjeu prioritaire.
Les pays les plus riches en ressources naturelles sont aussi souvent ceux
où
les populations sont les plus pauvres. Les compagnies pétrolières
versent des milliards d'euros par an à de nombreux pays en développement
; pourtant, leurs populations ne profitent que rarement de cette manne financière.
A qui donc bénéficie l'exploitation de ces ressources naturelles
?
L'actualité
montre que les multinationales se servent de sociétés
écrans, de chaînes de contrats et de sous-traitants pour minimiser
leurs responsabilités. La richesse produite est détournée,
les dommages sociaux (licenciements, accidents du travail
) et environnementaux
(pollutions
) sont ignorés.
Les initiatives volontaires (codes de conduite, chartes éthiques
)
se multiplient mais les dégâts causés dans les pays du
Sud continuent d'abonder : soutien financier aux dictatures, pollution, etc.
Ces initiatives se réduisent souvent à
de simples exercices de communication.
Alors que les grandes multinationales sont devenues plus puissantes que
de nombreux Etats, il est aujourd'hui indispensable de soumettre les entreprises à une
réglementation juridiquement contraignante. " La responsabilité sociale,
environnementale et éthique des entreprises va de pair avec leurs
responsabilités
économiques " affirmait le président de la République
française récemment.
Nous demandons aux dirigeants des pays du G8 de s'engager des négociations
pour la mise en place d'un instrument international juridiquement contraignant
réglementant la responsabilité sociale et environnementale
des entreprises, placée sous l'égide des Nations unies.
Extraits de la campagne "Opacité, impunité : total scandale
!" lancée par : Agir ici et les Amis de la Terre, avec : AFVP
(Association française des volontaires du progrès), AITEC (Association
internationale de techniciens, experts et chercheurs), 4D,Attac, CADR (Collectif
des associations de développement en région Rhône-Alpes),
CADTM France (Comité
pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde), CARI (Centre d'actions et
de réalisations internationales), Citoyens, défense et paix,
Collectif de l'Ethique sur l'étiquette, Collectif TotalFinaElf ne
doit pas faire la loi !, CRID (Centre de recherche et d'information pour
le développement), EDA (Environnement développement alternatif),
Fédération Artisans du Monde, fédération national
Accueil paysan, Greenpeace, IDS (Initiative de développement stratégique),
Ligue des droits de l'Homme, Pax Christi, RITIMO (Réseau d'information
tiers monde), Secours Catholique, Sherpa, Survie et Terre des Hommes - France.
Contrôle des transferts d'armes
Des millions d'armes circulent dans le monde. Depuis la seconde guerre
mondiale, elles ont alimenté les conflits, multipliant le nombre de
victimes, en particulier des femmes et des enfants. Aujourd'hui encore, elles
continuent à attiser une vingtaine de conflits. Que ces armes soient
officiellement exportées par des pays producteurs ou qu'elles empruntent
des voies détournées par le biais d'intermédiaires,
elles sont soumises à
des contrôles insuffisants en raison de législations nationales
encore trop peu sévères.
Durant la dernière décennie, les campagnes citoyennes contre
la prolifération des armes ont permis une certaine sensibilisation
et de timides avancées. Dans le cadre des Nations unies et de l'Union
européenne, quelques initiatives politiques ont
été prises dans ce sens. Cependant, ces mesures restent limitées
et surtout juridiquement non contraignantes.
Aujourd'hui, une nouvelle étape doit être franchie. Les pays
exportateurs doivent se doter d'instruments juridiquement contraignants pour
que cessent les livraisons d'armes vers des pays où elles risquent
de contribuer à des violations des droits humains ou du droit international
humanitaire. Ils doivent s'engager vers la mise en place à une réglementation
internationale indispensable pour un renforcement du contrôle des transferts
d'armes.
Extraits de la campagne européenne " Surveillons les ventes
d'armes, sauvons des vies ! " lancée par : Agir ici, Amnesty
International, Observatoire des transferts d'armements, ACAT (Action des
chrétiens pour l'abolition de la torture), CANVA (Coordination de
l'action non violente de l'Arche), Justice et paix - France, Ligue des droits
de l'Homme, MAN (Mouvement pour une alternative non violente), Pax Christi
France, Réseau Foi et Justice Afrique Europe et Survie, avec : AFASPA
(Association française de solidarité et d'amitié avec
les peuples d'Afrique), Appel des cent pour la paix, 4D (Dossiers et débats
pour le développement durable), Association pour la création
de la fondation René Dumont, CCFD (Comité catholique contre
la faim et pour le développement), Citoyens, défense et paix,
Collectif Jo'burg, Comité 21, CRID (Centre de recherche et d'information
pour le développement), CRISLA (Centre de réflexion, d'information
et de solidarité avec l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine),
Fédération Artisans du monde, FIDH, France Liberté,
Frères des Hommes, La vie nouvelle, LIFPL (Ligue internationale des
femmes pour la paix et la liberté), Médecins du monde, MDPL
(Mouvement pour le désarmement, la paix et la liberté), MIR
(Mouvement international de la réconciliation), Mouvement de la paix,
Mouvement de l'objection de conscience, Quakers de France, RITIMO, SERPAJ
Paris (Service pour la paix et la justice), Solidarités jeunesses,
Témoins, Terre des Hommes - France.
En Europe : Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Allemagne), International
fellowship of reconciliation (Autriche), GRIP (Belgique), Pax Christi Flandres
(Belgique), Médecins sans frontières (Espagne), Amnesty International
(Italie), Pax Christi (Pays Bas), Saferworld (Royaume Uni).
Contacts presse
Laetitia Guidi, tél. 01
56 98 24 46 (ligne directe)
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