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Ils ont dit...« Agir ici a démontré sa capacité à évoluer » Le regard de Bernard Pinaud, délégué général du CRIDJe porte un double regard sur l’ alliance d'Agir ici avec Oxfam international. Le premier c'est la reconnaissance de la capacité d'Agir ici d'évoluer, de rebondir, de se redynamiser. Il y a 20 ans,Agir ici venait combler un manque important dans le milieu des associations de solidarité internationale (ASI) françaises : la mise en oeuvre de campagnes d'opinion et d'actions de plaidoyer vis à vis des pouvoirs publics. Agir ici se mettait ainsi au service des OSI françaises pour que, en complément de leurs actions d'appui à des projets dans les pays du Sud portés par des organisations partenaires et d'éducation au développement en France, ces OSI puissent, avec Agir ici, mener un travail de pression sur les pouvoirs publics pour des changements à une échelle plus importante. Rares étaient les OSI françaises qui menaient ce type d'action. 20 ans après cette fonction plaidoyer des OSI est intégrée dans la majorité d'entre elles : les campagnes citoyennes et les fameux 4 pages se sont démultipliées. Indéniablement Agir ici a contribué à cette évolution. Mais conséquemment, Agir ici perdait de son originalité. Il lui fallait évoluer, changer d’échelle .C'est ce qu'Agir ici est en train de faire en rejoignant la famille Oxfam. Le second c'est la reconnaissance de la capacité d'Agir ici à se positionner dans le champ international face aux enjeux de plus en plus globaux. En rejoignant une famille d'OSI international, Agir ici va gagner en impact.
Les enjeux devenant de plus en plus mondiaux, la pression citoyenne doit
se faire à cette échelle. C'est ce qu'ont montré les
campagnes pour l'annulation de la dette des pays pauvres, l'interdiction
des mines antipersonnel, la mise en place de la cour pénale internationale,
etc. C'est ce que manifeste le Forum social mondial. Une société civile à l'échelon
planétaire est en train d’émerger. De plus, Oxfam International est une famille reconnue et écoutée par les pouvoirs publics. Ce sera le cas d'Oxfam-France. Agir ici va gagner en « poids politique » dans son dialogue avec les pouvoirs publics. Enfin, Agir ici devrait pouvoir tisser des alliances avec des organisations du Sud partenaires de l'un ou l'autre membre de la famille Oxfam : Novib, Intermon, Oxfam-Belgique, etc. pour mener, conjointement avec eux, des mobilisations citoyennes Nord-Sud. Agir ici devrait développer ainsi un réseau de partenaires au Sud. Cette entrée d'Agir ici dans la famille Oxfam est une bonne nouvelle
pour Agir ici, c'est aussi une bonne nouvelle pour le milieu des OSI françaises. De plus, Agir ici devrait pouvoir, en lien avec d'autres Oxfam comme ceux de Belgique et du Québec, faire entendre, dans la famille internationale Oxfam, la particularité de ses analyses rappelant l’importance à la régulation publique pour plus de solidarité tant au niveau national qu’international. Qu’une organisation qui participe activement à la vie collective des OSI françaises (Agir ici est membre du Conseil d’administration du CRID et en son nom au CA de Coordination SUD) puisse participer au débat interne sur les orientations et les positions d’Oxfam-international est un apport intéressant pour le milieu des OSI françaises. Bonne route à Agir ici dans sa nouvelle étape et merci pour son apport au sein du CRID et plus globalement au sein du mouvement de solidarité international ! Bernard Pinaud, délégué général du CRID (Collectif de 55 associations de solidarité internationale dont Oxfam France – Agir ici est membre). |