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Rapports, analyses et dossiersArmer ou développer - Évaluer l’impact du commerce des armes sur le développement durable
Téléchargez le rapport complet en PDF (98 pages) Résumé
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) définis en septembre 2000 par les 189 états membres de l’ONU ne seront pas atteints si des ressources sont détournées de cette tâche vitale vers des transferts d’armes inappropriés. Selon James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, il y a un « déséquilibre fondamental » entre les 900 milliards de dollars dépensés dans le monde pour la défense, les 325 milliards de dollars utilisés pour des subsides agricoles et seulement 60 milliards de dollars consacrés à l’aide. Les pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et du Moyen Orient possèdent 51 pourcent des armes lourdes de la planète. Les importateurs comme les exportateurs d’armes doivent s’assurer que les transferts d’armes ne nuisent pas au développement durable – une combinaison de croissance et de progrès social qui répond aux besoins de la génération actuelle sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Pour les exportateurs d’armes, plusieurs systèmes de contrôle des exportations incluent déjà cette obligation, comme le fait la proposition de Traité sur le Commerce des Armes. Néanmoins, il est choquant de constater que peu de gouvernements font de véritables efforts pour prendre en compte l’impact de leurs exportations d’armes sur le développement durable. Le manque de sincérité face à ces engagements signifie que des ressources essentielles sont détournées de la lutte contre la pauvreté et que des millions de personnes continuent à souffrir de la pauvreté. Pour protéger les droits sociaux et économiques des populations des mondes en développement, il est impératif que les pays exportateurs appliquent une méthodologie efficace et systématique pour évaluer si des transferts potentiels d’armes affecteront le développement durable. La méthodologie d’évaluation doit reconnaître que les conséquences potentielles d’un transfert d’armes ne sont pas toujours visibles au premier regard et peser ces conséquences en parallèle avec les besoins légitimes de sécurité du pays et le respect des normes internationales de droits de l’homme par ce pays dans sa manière de gouverner. Dans de nombreux cas, les pays qui importent des armes ont des besoins légitimes de sécurité. Cependant, les coûts nécessaires pour satisfaire ces besoins, et la manière dont cela se passe, doivent être examinés en parallèle avec la situation de développement du pays : les bénéfices retirés du transfert en matière de réponse aux besoins légitimes de sécurité sont-ils plus grands que leur coût en matière d’impact sur le développement du pays ? Même si les besoins légitimes de sécurité d’un pays sont prioritaires, le gouvernement importateur respectera-t-il les droits de l’homme et le droit humanitaire international? Sécurité et développement : évaluation des coûtsDes transferts d’armes peuvent être indispensables pour répondre aux besoins de sécurité légitimes d’un état ou pour améliorer les capacités de ses forces de sécurité. Une étude de la Banque mondiale révèle également que la sécurité est la priorité principale des populations pauvres dans toutes les régions du monde et une condition indispensable pour améliorer leur qualité de vie. Néanmoins, afin que les transferts d’armes soutiennent le développement, les bénéfices potentiels en matière de sécurité doivent être précautionneusement comparés aux besoins plus vastes de développement du pays importateur et aux droits humains de sa population. Les coûts d’opportunité de certains transferts d’armes récents soulignent ce point. En 2002, les livraisons d’armes à l’Asie, au Moyen Orient, l’Amérique latine et à l’Afrique constituaient 66,7 pourcent de la valeur de toutes les armes livrées dans le monde, avec une valeur de près de 17 milliards de dollars ; les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unions étaient responsables de 90 pourcent de ces livraisons. Au même moment, dans ces régions :
La mauvaise utilisation des armes peut encore plus miner le développement. Les transferts d’armes irresponsables peuvent : encourager des forces militaires irresponsables et mail entraînées à supprimer les droits humains et le développement démocratique ; faciliter une exploitation brutale des ressources ; contribuer à la dégradation de l’environnement ; et augmenter la violence contre Concrétiser les promessesLe droit au développement durable fait partie intégrante des instruments et déclarations internationales des droits de l’homme. En outre, les gouvernements Des promesses à la pratiqueLe développement et l’adoption d’un Traité international sur le Commerce des Armes fournissent l’opportunité d’établir une telle méthodologie et de renforcer les accords régionaux et multilatéraux existants sur le contrôle des exportations. L’Article 4c de la proposition de Traité sur le Commerce des Armes stipule que, à part pour des besoins légitimes de sécurité, un transfert d’armes ne doit pas avoir lieu s’il risque d’affecter négativement le développement durable. Les recherches entreprises pour le présent rapport ont déterminé que les trois niveaux d’analyse suivants sont essentiels pour le développement d’une méthodologie d’évaluation :
Cette méthodologie devrait être acceptée et mise en oeuvre par tous les exportateurs d’armes avec effet immédiat comme un outil fondamental permettant d’empêcher les exportations d’armes vers les régions où elles nuiraient au développement durable et détourneraient des ressources nécessaires à la lutte contre la pauvreté. Le chapitre 5 de ce rapport décrit la méthodologie proposée avec plus de détails. Sa structure et sa justification sont basées sur des informations tirées d’études présentées dans les chapitres précédents du rapport : les fondations du développement durable et l’importance des transferts d’armes dans ce contexte Juin 2004, Oxfam International, Amnesty International, et le Réseau d’action international sur les armes légères |