En faisant le lien avec les communautés, je contribue à sauver des vies

Louise est une responsable communautaire, dans un des arrondissements de la ville de Mangina, en République démocratique du Congo (RDC). Cette région est la plus affectée par l’épidémie Ebola qui sévit actuellement dans le pays. Louise s’est engagée pour soutenir l’action d’Oxfam auprès de la population, afin de faciliter la sensibilisation du plus grand nombre. Cet engagement sauve des vies.

Oxfam a été l’une des premières organisations à répondre à l’épidémie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et d’Ituri, des régions par ailleurs affectées par des violences.

Les équipes d’Oxfam sont témoins de la peur qui règne au sein des communautés locales. Aider les personnes malades ou endiguer la propagation de la maladie est d’autant plus difficile que cette peur est grande. Car beaucoup de personnes ne savent pas qui croire, après avoir été prises au piège des conflits qui ont rongé l’Est de la RDC durant des décennies. Durant des années, ces populations n’ont reçu que peu de réponses et d’aide de la part de la communauté international ou du gouvernement. La méfiance est donc de mise.

Communiquer avec les communautés, les informer, les écouter, est alors crucial. Oxfam travaille en lien étroit avec les communautés et les autorités locales pour endiguer la propagation de l’épidémie, grâce à des activités de sensibilisation et d’assainissement. L’engagement de responsables communautaires, pour jouer le rôle de passerelle, renforcer la confiance, devient crucial dans ce cadre.

Louise revient sur son expérience et le rôle qu’elle joue.

Ce sont les femmes qui soignent les malades

« Au début, nous avons cru qu’Ebola relevait de la sorcellerie. Nous avons cru que c’était un sort jeté sur les femmes, car c’est elles qui étaient le plus affectées par le virus. Mais, depuis qu’on nous a expliqué ce qu’il en était, nous avons compris qu’en réalité, nous sommes victimes d’une très grave maladie. Beaucoup de femmes sont mortes à Mangina. Au moins 20. Elles étaient presque toutes de la même famille. Il faut savoir qu’au sein de notre communauté, ce sont les femmes qui soignent les malades, qui les nettoient et lavent les vêtements. »

La vie de la communauté a été bouleversée par le virus Ebola

« Dès le début de l’épidémie, nous avons organisé une assemblée communautaire et nous avons décidé d’isoler tous les cadavres. Ça n’a pas été simple, car il n’existe pas de morgue à Mangina et nous avons l’habitude de veiller le corps de la personne décédée durant plusieurs jours.

Depuis le début de l’épidémie, de nombreuses personnes sont mortes, d’autres sont hospitalisées. Beaucoup d’enfants se retrouvent sans leur mère. La vie de ces enfants est difficile et la population dispose de peu de moyens pour les aider. Ici, à Mangina, simplement trouver de la nourriture pour sa famille peut s’avérer difficile. Parfois, tu peux passer la journée sans manger.

Nous avons vu des familles partir d’ici, l’une après l’autre. Peut-être reviendront-elles une fois que l’épidémie sera finie. »

Nous transmettons les informations aux communautés, car elles nous connaissent et nous les connaissons

« Depuis le début de l’épidémie, nous ne pouvons plus nous serrer la main dans le village. Nous avons mis en place des mesures d’hygiène, nous essayons de construire des toilettes, mais cela s’avère difficile avec le peu de moyens dont nous disposons. Le matériel est très cher.

En tant que responsables communautaire, nous avons dû commencer par nous former sur les manières de sensibiliser la population, pour accroître ensuite la prise de conscience du problème, et la manière de lutter contre celui-ci.

Nous sommes très bien placé-e-s pour transmettre les informations aux communautés car nous les connaissons et elles nous connaissent.

Nous sommes très bien placé-e-s pour transmettre les informations aux communautés car nous les connaissons et elles nous connaissent. Lorsque nous parlons à la population, elle nous comprend. Pour ces activités de sensibilisation, nous avons besoin d’être accompagné-e-s. »

Contre la peur, les responsables communautaires locaux, comme Louise, ont un rôle crucial

A Mangina, où 80 % des décès ont eu lieu, les équipes d’Oxfam ont trouvé des personnes en état de choc, révoltées d’avoir vu des membres de leur famille mourir si vite et emportés loin d’elles.

Alors que la majorité de la population est consciente de la gravité du virus et fait des efforts importants pour arrêter les contaminations en chaîne, les personnes qui n’avaient pas été informées étaient effrayées et ne s’étaient nourries que d’une suite interminable de rumeurs.

Parmi la liste d’incidents quotidien sans trop grande gravité, les membres de l’équipe d’Oxfam se sont vu rapporter des cas de peur entraînant des menaces à la machette ou des bouts de bois brandis contre du personnel humanitaire, des pierres jetées sur des voitures, du personnel soignant accusé d’avoir tué les personnes décédées. Dans un village, un poste de dépistage a été brûlé et la route bloquée, pour empêcher toute nouvelle aide de venir.

En faisant le lien avec les communautés, en mettant en place des activités de sensibilisation et d’information, les responsables communautaires tels que Louise ont permis à Oxfam de venir en aide à plus de 138 000 personnes. Pour prévenir la propagation du virus Ebola, il est fondamental de chasser tous les mythes et toutes les peurs.

Les expériences précédentes d’épidémies à virus Ebola ont prouvé l’importance de communiquer le plus possible avec les communautés et de trouver ensemble des solutions sûres pour contenir le virus. Lorsque les personnes sont informées, que le temps est pris pour répondre à leurs inquiétudes et à leurs questions, leurs comportements changent rapidement. Travailler avec les responsables communautaires locaux est la clé pour maintenir le virus Ebola sous contrôle.

L’engagement de personnes comme Louise fait toute la différence.

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