Agrocarburants : une première victoire européenne !

Nourrir ou conduire, il était temps de choisir et l'Union européenne vient – enfin – de faire un grand pas dans la bonne direction !

Hier, lundi 3 décembre, les ministres européens de l'Energie ont adopté la stratégie de l'Europe en matière d'énergies renouvelables pour l'après 2020. Comme nous le demandions depuis des années, et comme vous avez été près de 35 000 en France à l'exiger ces dernières semaines, ce texte ne fixe pas de nouveaux objectifs d'incorporation d'agrocarburants pour le secteur des transports. L'Europe abandonne donc enfin ces quotas ineptes qui boostent la production d'agrocarburants qui prennent la place de cultures alimentaires. Mais ce texte doit encore être discuté et affiné. Nous ne sommes pas à l'abri d'un retournement de veste de l'UE, sous la pression notamment du lobby agro-industriel. Nous resterons donc vigilants et maintiendrons la pression aussi bien sur le gouvernement français que sur les élu-e-s européen-ne-s, qui doivent maintenant se prononcer sur ce texte. Si nous avons – vous avez ! – obtenu gain de cause à Bruxelles, on ne peut pas dire qu'à Paris, nous ayons été entendus : le gouvernement n'a porté qu'une attention… toute relative à votre mobilisation et à notre travail de plaidoyer. En effet si le ministère de l'Ecologie et de l'Energie nous a bien reçus une première fois, la ministre, Delphine Batho, n'a à ce jour toujours pas répondu à nos nombreuses demandes de rendez-vous. La France a pour la première fois reconnu les impacts négatifs des politiques de soutien aux agrocarburants, et décidé de "faire une pause" dans le développement des agrocarburants de première génération, en indiquant maintenir le taux actuel d'incorporation d'agrocarburants dans les transports, soit 7%. En revanche, sous la pression du lobby agro-industriel, le gouvernement a renouvelé les avantages fiscaux accordés aux producteurs d'agrocarburants français, alors même que la Cour des comptes les avait qualifiés de niche fiscale. Quant au débat sur la transition énergétique, il a enfin été lancé la semaine dernière : nous allons suivre de près les sujets abordés, nous l'espérons, dans un esprit de concertation large.

Une mobilisation massive

Notre action Nourrir ou conduire : il faut choisir ! a permis une forte mobilisation de nos militants et de nos groupes locaux ! Plus de 8000 signatures ont été recueillies par Oxfam France. Ajoutées à celles des autres organisations mobilisées sur le sujet, ce sont près de 35 000 personnes qui ont interpellé les décideurs français et européens sur cette question ! Delphine Batho en a été informée, et nous poursuivons notre pression pour obtenir un rendez-vous afin de lui remettre la pétition. Par ailleurs, les groupes locaux d'Oxfam France ont organisé, dans le cadre du festival Alimenterre, mais aussi au cours de la Semaine de la Solidarité internationale (SSI), de nombreuses activités autour de la campagne : manifestation égoïste à Lyon, projections-débat à Paris, Orléans, Lille, organisation de repas insolents à Nantes, stands à Toulouse, au Mans… Au total ce sont près d'une quinzaine d'évènements qui ont donné visibilité et actualité à la question des agrocarburants et des accaparements de terre. Vous avez également été très nombreux à liker, retweeter et partager nos articles, photos, témoignages, vidéos et autres chiffres clés pour diffuser le plus largement possible l'incroyable injustice que constituent les politiques de soutien aux agrocarburants. Sujet qui a également largement intéressé les médias : C dans l'air, Le Monde, La Croix, Libération, France Inter… ont traité des accaparements de terre à grande échelle et de l'impact des agrocarburants sur les populations au Sud. Sans votre soutien, nous n'aurions pas pu obtenir ce progrès. Merci ! Poursuivez le combat à nos côtés en soutenant nos actions.

Les suites…

La campagne CULTIVONS se poursuit ! Pour Oxfam France si la première phase de campagne prenait pour cible les pouvoirs publics français et européens, la deuxième phase de campagne nous conduira à interpeller les banques françaises : celles-ci ont en effet à travers leurs activités spéculatives mais aussi de prêts et d'investissements une part de responsabilité sur la question des accaparements de terre au Sud. Oxfam France a mené une étude dont les résultats seront rendus publics au premier trimestre 2013, et lancera en parallèle une campagne d'interpellation des banques. Restez connectés, nous vous en dirons plus dans quelques semaines ! Pour aller plus loin – Consulter nos rubriques sur lesagrocarburants et sur les accaparements de terres – En savoir plus sur la campagne CULTIVONS