Dans l’agriculture, les femmes au cœur des solutions face aux changements climatiques

Après une longue période de recul, la faim ne cesse d’augmenter dans le monde depuis 2015. Le système agricole et alimentaire actuel n’est pas soutenable :  il ne permet ni de garantir un plancher social pour tou.te.s (accès à une alimentation suffisante et de qualité, droit à la santé, égalité de genre), ni de respecter le plafond environnemental (pollution des sols, des eaux et de l’air, changement climatique, biodiversité…).

Il est impératif d’engager une transformation en profondeur du système agricole et alimentaire pour garantir une plus grande égalité dans toute la chaîne, de la fourche (production), à la fourchette (consommation), tout en respectant notre planète…

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690 millions de personnes souffrent de la faim (elles n’ont pas suffisamment à manger). Parmi la population souffrant de la faim chroniquement, 60% sont des femmes.

 

Dans le monde, 2 milliards de personnes – soit ¼ de la planète – sont en insécurité alimentaire (modérée ou grave). C’est à dire qu’elles n’ont pas régulièrement accès à une alimentation sûre, nutritive et suffisante.

 

Il y a un défaut d’accès à une alimentation de qualité, diversifiée, saine pour 3 milliards de personnes, qui n’ont pas les moyens de se l’offrir. Cette problématique touche aussi les pays du Nord : 10% de la population européenne est concernée.

Un paradoxe : ceux et celles qui nous nourrissent en première ligne de la faim

Deux tiers des travailleurs pauvres dans le monde opèrent dans le secteur agricole. Les plus petits acteurs du système agricole et alimentaire (petits producteur.trice.s, travailleur.euses dans des unités de transformations, vendeur.euses informelles etc) sont les plus touchés par la multiplication des crises et ne disposent pas des moyens suffisants pour y faire face. Ils peuvent souffrir d’une perte de moyens d’existence en cas de perte d’activité subite, comme cela a pu être le cas durant la pandémie, et n’ont plus autant accès à l’alimentation. Ils sont donc plus vulnérables face à la faim.

Si elles vivent dans des régions touchées par les conflits, ces populations sont d’autant plus en proie à la faim, à des niveaux très graves : 8 des 10 foyers de faim extrême identifiés par Oxfam en 2020 sont situés dans des zones frappées par des niveaux élevés d’insécurité et de violence comme l’Afghanistan, la République démocratique du Congo, la Syrie ou encore le Yémen. En effet, 60 % des personnes confrontées à l’insécurité alimentaire dans le monde et près de 80 % des enfants souffrant d’un retard de croissance vivent dans des pays touchés par un conflit.

La pauvreté des petits producteurs.trices et travailleur.euses est étroitement liée aux inégalités inhérentes à notre système agricole et alimentaire, construit dans une logique capitalistique, où le pouvoir et les richesses sont concentrés entre les mains de quelques acteurs. Par exemple, les supermarchés et les intermédiaires (grandes marques, négociants) captent près de 90% du prix final payé par le consommateur ne laissant que 6,5 % en moyenne aux travailleurs et aux producteurs. Cette concentration s’observe de manière flagrante tout au long des chaînes de valeurs et touche tous les secteurs des systèmes agricoles et alimentaires.

Les femmes sont d’autant plus touchées, et notamment les agricultrices

Les inégalités entre les sexes sont aussi visibles dans l’agriculture. Les agricultrices sont ainsi particulièrement exposées au risque de famine, surtout en période de crise.

Les femmes vivant en milieu rural représentent en moyenne près de la moitié de la main-d’œuvre agricole des pays en développement. Malgré leur rôle crucial en matière de sécurité alimentaire des ménages, elles font face à la discrimination et à un pouvoir de négociation limité.

Nous produisons assez pour nourrir 1,5 fois l’humanité.

Pourtant 1 personne sur 10 souffre de la faim.

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Pour aller plus loin  !

2 min pour… comprendre les causes de la faim dans le monde !

Je veux comprendre

Au niveau sociétal :

Des normes patriarcales désavantagent les paysannes en particulier sur les droits fonciers (petites parcelles, difficultés d’accès à la propriété, droits de succession discriminatoires), les ressources productives (aucun accès au crédit, aux services de vulgarisation ou aux intrants), le travail non rémunéré, les emplois précaires et une faible participation aux décisions et à la représentation politique.

Au sein du ménage :

Avec une position de négociation plus faible, les femmes mangent souvent moins, en dernier ou disposent d’une alimentation de moins bonne qualité.

Plafond environnemental : notre système alimente la crise climatique et la faim dans le monde

Le système agricole et alimentaire actuel est à la fois bourreau et victime du climat. D’une part, il est responsable d’environ 37% des émissions de gaz à effet de serre mondiaux de la fourche (production) à la fourchette (consommation). Cela correspond aux gaz émis lors de la production des aliments (chauffage des serres, moteur des tracteurs etc.) mais aussi pour le transport, la transformation des denrées jusqu’à l’assiette. Cela concerne tous les aliments, qu’ils soient consommés, perdus (pertes agricoles) ou gaspillés.

D’autre part, le système agricole et alimentaire subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique : sécheresses, canicules, évènements climatiques extrêmes, etc.  Ces phénomènes ont des impacts direct sur les rendements agricoles et peuvent occasionner des pertes de récoltes, appauvrir les sols, décimer le bétail. Et ce sont les populations qui sont les moins responsables des changements climatiques qui en sont les premières victimes, notamment les agricultrices qui vivent du travail de la terre.

Vidéo décryptage

Si l’on ne change pas de modèle, les émissions du système agroalimentaire pourraient augmenter de 30 à 40% d’ici 2050 (GIEC 2019).

 

L’agriculture industrielle et notamment les élevages industriels mais aussi les plantations de monocultures utilisant massivement des intrants et des pesticides chimiques alimentent la crise climatique, et émettent notamment du méthane et de protoxyde d’azote, deux gaz au pouvoir chauffant respectivement 25 et 298 fois supérieur à celui du CO2. Ce type d’agriculture, gourmand en ressources (eau, sols etc.) et en intrants chimiques contribue à la déforestation, à l’épuisement des ressources naturelles, à la pollution des sols et des eaux et à la perte de biodiversité cultivée et sauvage, animale et végétale. En France l’agriculture est le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre (à égalité avec l’industrie), et le gouvernement s’est engagé à diviser ses émissions par deux d’ici 2050. 

Témoignage

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Toute ma vie j’ai fait de l’agriculture. Je cultivais des céréales. Mais les rendements sont devenus de plus en plus faibles à cause des effets du dérèglement climatique. Il pleut de moins en moins. Et la saison sèche est de plus en plus longue et chaude.

– Luda Alizeta Sawadogo du Burkina Faso, agricultrice.

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