La campagne CULTIVONS souffle ses deux bougies

Début juin, nous avons fêté le deuxième anniversaire de la campagne CULTIVONS, l’occasion de nous arrêter un instant pour faire le bilan. A travers cette campagne, Oxfam contribue aux efforts déployés dans le monde pour transformer notre système alimentaire défaillant. Notre ambition, qui consiste à « construire un avenir où chacune et chacun d’entre nous pourra tous les jours manger à sa faim », est grande. Mais elle est à la mesure du problème et des solutions à apporter !

À l’heure actuelle, près de 900 millions de personnes souffrent de la faim dans un monde qui produit pourtant assez pour nourrir l’humanité.
Le changement climatique, le gaspillage des ressources naturelles, les déchets, les inégalités et injustices tenaces ou la croissance démographique sont autant de facteurs de précarité. Si nous ne redressons pas la barre au plus vite, quel espoir restera-t-il pour l’avenir ?

Un mouvement mondial

Avec la campagne CULTIVONS, nous avons décidé de nous attaquer à quelques-unes de ces causes. De nombreux événements ont été organisés par Oxfam dans plus de 30 pays pour sensibiliser l’opinion : <doc3449|center> Une « table pour neuf milliards » en Irlande et aux Etats-unis ; des débats sur ces questions avec la lauréate du prix Nobel de la paix, Rigoberta Menchu, au Guatemala ; des vidéos de soutien de l’ancien président du Brésil Lula da Silva, de la star de la chanson africaine Angélique Kidjo et de l’acteur Gael Garcia Bernal ; le lancement de la campagne en présence de l’acteur Djimon Hounsou et du Rapporteur spécial des Nations unies sur la sécurité alimentaire aux États-Unis.</doc3449|center>

En France

En France, nous avons contribué à faire pression sur l’Union européenne, afin qu’elle mette fin aux politiques de soutien aux agrocarburants qui affament les populations du Sud. Nous avons aussi fait plier les principales banques françaises qui spéculaient sur les marchés agricoles. Suite à notre action, elles ont fermé leurs principaux fonds spéculatifs sur ces marchés. Nous avons aussi fait pression sur le gouvernement et les parlementaires français, et là aussi nous avons obtenu gain de cause : la loi sur la réforme bancaire impose des limites strictes aux pratiques spéculatives des banques, et améliore la transparence des marchés agricoles et alimentaires.

CULTIVONS ensemble

Comme nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes à nous seuls, Oxfam collabore avec un grand nombre d’agricultrices et agriculteurs, de groupes de femmes et d’organisations de la société civile à travers le monde. La campagne CULTIVONS (« GROW » dans le monde anglophone et « CRECE » en Amérique latine) se déroule maintenant dans plus de 50 pays !

  • En Tanzanie, nous avons sensibilisé le public au rôle essentiel que jouent les femmes grâce à notre concours national : les héroïnes de l’alimentation. Ce concours qui a fait l’objet d’une diffusion télé suivie par des millions Tanzaniennes et Tanzaniens, a inspiré des projets similaires partout dans le monde, du Canada au Tadjikistan.
  • Au Guatemala, avec des partenaires et des alliés, nous avons amené le gouvernement à investir davantage dans des programmes de production alimentaire gérés par le ministère de l’Agriculture.
  • Au Pakistan, nous collaborons avec le monde agricole et le gouvernement à une nouvelle initiative ayant pour objectif la « faim zéro ».
  • Aux Pays-Bas, nous avons poussé quatre banques internationales à adopter de nouvelles politiques visant à prévenir toute implication dans des accaparements de terres. De même, en Allemagne et en Belgique, des campagnes nationales ont ciblé les banques pour mettre fin aux pratiques préjudiciables de spéculation sur les matières premières agricoles.

Stop aux accaparements de terres

Au niveau international, nous nous sommes particulièrement intéressés à la question du foncier. Les entreprises et les États font main basse sur d’immenses étendues dans les pays en développement. Résultat : des communautés se retrouvent sans toit et perdent les terres qu’elles exploitaient, trop souvent sans consultation préalable ni compensation.Nous nous sommes donc unis à des alliés et des partenaires pour obtenir l’adoption de nouvelles directives internationales qui permettent d’améliorer la gouvernance des droits de propriété et d’accès à la terre. L’accord a été ratifié par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale en mai 2012. Nous avons ensuite interpellé la Banque mondiale sur son rôle dans le financement des accaparements de terres.

Avec l’appui de 50 000 personnes et l’aide de Coldplay, nous l’avons amenée à reconnaître son obligation de protéger les droits fonciers dans le cadre de ses propres opérations foncières et à accepter que soit menée une évaluation indépendante de l’incidence de ses activités sur les droits fonciers.

La face cachée des marques

Notre action La face cachée des marques se penche sur le rôle du secteur privé, notamment des dix principales entreprises mondiales de l’agroalimentaire, qui représentent un chiffre d’affaires total de plus d’un milliard de dollars par jour. Nous voulions savoir comment ces entreprises, dont Nestlé, Coca Cola et Danone, mènent leurs affaires et influent sur le système alimentaire. Nous avons donc analysé leurs politiques sociales et environnementales et avons constaté que toutes manquent à leurs devoirs. Plus de 100 000 personnes se sont mobilisées contre le traitement honteux que Nestlé, Mars et Mondelez – qui à eux trois pèsent 40% du marché du chocolat et achètent un tiers de la production mondiale de cacao – infligent aux femmes dans leurs chaînes d’approvisionnement en cacao. En l’espace de quelques semaines, ces trois géants se sont engagés à prendre des mesures en faveur des femmes, à revoir leurs chaînes d’approvisionnement et à adhérer aux principes d’autonomisation des femmes énoncés par l’ONU.

2 ans, et après ?

Nous continuons bien sur notre travail pour parvenir à un système alimentaire mondial plus juste. Flambée des prix alimentaires, conséquences du changement climatique, soutien effectif à l’agriculture familiale et particulièrement aux femmes, préservation des ressources naturelles… Il reste encore beaucoup à faire ! Engagez-vous à nos côtés !

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