Campagne Privés de terre, privés d’avenir : retour sur 6 mois d’action !

En octobre 2010, nous lancions avec Agronomes et Vétérinaires sans Frontières la campagne « Privés de terre, privés d’avenir » pour alerter sur les dangers qui pèsent sur l’agriculture paysanne. Plus de 45 millions d’hectares de terres dans des pays du Sud ont été acquis par des investisseurs étrangers en 2009. L’équivalent de la superficie de la Suède ! Ce phénomène d’accaparement des terres s’accélère et menace les petits agriculteurs locaux. Une agriculture paysanne qui est également la première à subir les conséquences du changement climatique : désertification, inondations, phénomènes climatiques violents…

Semer les graines du changement…

<doc1681|center> Après un lancement de campagne original devant le ministère de l’Economie et des Finances le 14 octobre dernier, la Semaine de la solidarité internationale, qui se déroule chaque année en novembre a permis à nos militants de sensibiliser le grand public à la campagne « Privés de terre, privés d’avenir » : conférences-débats, stands, actions de rue… La venue en France d’Ernesto Tzi, directeur de l’ONG guatemaltèque SANK partenaire d’AVSF, a permis d’offrir un témoignage concret sur l’accaparement des terres, qu’il constate au quotidien dans son pays.</doc1681|center>

<doc1681|center>La mobilisation s’est poursuivie en décembre : des militants d’Oxfam France se sont rendus à Bruxelles pour participer à une marche européenne pour le climat, juste avant le sommet de Cancùn. L’occasion aussi d’interpeller via les réseaux sociaux la nouvelle ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet. En 2011, les soldes d’hiver ont été l’occasion pour nos groupes locaux d’interpeller le public d’une manière originale et percutante, en mettant en scène dans la rue, la bataille des paysans contre des investisseurs peu scrupuleux. </doc1681|center>

<doc1681|center>Enfin, au Forum social mondial, qui s’est déroulé cette année à Dakar, Oxfam a participé à l’organisation de plusieurs ateliers sur l’accaparement des terres, l’un des sujets phares de ce grand rendez-vous annuel de la société civile. Des dizaines d’organisations ont pu témoigner des diverses formes de spoliation des terres subies, et échanger sur leurs expériences de mobilisation au Sud comme au Nord, pour défendre le droit à la terre, en assurer une gestion démocratique et promouvoir une agriculture familiale. – Oxfam et plus de 500 organisations de la société civile ont signé l’appel de Dakar qui demande l’arrêt immédiat des accaparements de terre.</doc1681|center>

… Pour qu’elles germent dans la tête des décideurs

Plus de 9000 personnes ont signé la pétition adressée au gouvernement français. Une mobilisation qui a appuyé notre travail de plaidoyer et facilité les rendez-vous avec le gouvernement. Pendant les 6 mois de la campagne, Oxfam France et AVSF ont porté ces revendications auprès du gouvernement français, du Comité de la sécurité alimentaire (CSA) et de la conférence des Nations unies sur le changement climatique pour que les droits de millions de paysans et de paysannes soient pris en compte dans les négociations sur les traités d’investissements et lors du sommet sur le climat à Cancùn en décembre dernier. <doc1682|left> </doc1682|left>

Au niveau national comme au niveau international, nous avons réussi à mettre la problématique de l’accaparement des terres sur la table, alors que jusque là, le sujet n’était quasiment pas évoqué. Nos interlocuteurs aux ministères des Affaires étrangères et de l’Economie se sont dits prêts à prendre en compte une approche plus respectueuse des droits humains dans les discussions au sein de l’Union européenne. L’UE a un rôle majeur à jouer en révisant ses traités d’investissements afin de contraindre les investisseurs au respect des droits fondamentaux et du droit à l’alimentation.

L’accaparement des terres a aussi été abordé lors de la réunion du CSA en octobre 2010, où nous étions présents. Le CSA s’est dit disposé à impliquer les communautés locales dans la réponse aux problèmes de l’accaparement des terres.

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Oxfam France et AVSF étaient également à Cancùn en décembre 2010 pour la Conférence des Nations unies pour le climat. L’une des demandes de la campagne « Privés de terre, privés d’avenir » a été reprise dans l’accord final du sommet : un Fonds mondial pour le climat a été créé. Il doit servir à combler le déficit des financements en faveur de l’adaptation, afin que les communautés vulnérables disposent des ressources dont elles ont besoin de toute urgence. Côté français, Oxfam France et le Réseau Action Climat ont publié, juste avant Cancùn, un rapport sur les financements précoces de la France. Présenté dans les ministères, ce document a mis au pied du mur nos interlocuteurs, forcés de reconnaître que ces financements sont faibles et opaques.

A suivre…

Sur la question de l’adaptation aux conséquences du changement climatique, si la création d’un « Fonds climat » est une victoire, de nombreuses questions restent à régler, en particulier celle des sources de financement.

Oxfam France se mobilise cette année en faveur d’une taxe sur les transactions financières, qui pourrait lever des milliards d’euros chaque année et contribuer à alimenter ce fonds.

Sur le sujet de l’accaparement des terres, nous continuerons à suivre de près les négociations sur les traités d’investissement européens qui doivent aboutir en 2011. La question de l’agriculture paysanne reste à l’ordre du jour pour Oxfam France dans les mois et années qui viennent. La confédération Oxfam prépare une campagne internationale sur 4 ans sur la justice dans l’accès et la production de nourriture dans un monde aux ressources limitées. La défense des agricultures paysannes reste l’enjeu principal d’AVSF. Une campagne sur l’élevage paysan et le changement climatique est en préparation pour 2012. <doc1684|center></doc1684|center>

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