Canicule, hausse des températures : les voyants sont au rouge. Agissons !

Le 1er semestre 2020 a été le plus chaud jamais enregistré en Europe. L’anomalie de température sur cette période est de +1,8°C, par rapport à la moyenne de référence constatée entre 1981 et 2010, selon Météo France. Une hausse des températures aux conséquences multiples et désastreuses.

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Hausse des températures, canicule : de quoi parle-t-on ?

Le climat désigne les valeurs moyennes d’un ensemble d’événements météorologiques (précipitations, températures, etc.), mesurées sur de longues périodes, au regard de lieux géographiques définis. En général, les évolutions climatiques sont caractérisées sur une période de 30 ans.

Les événements climatiques extrêmes sont des événements pouvant s’inscrire sur le temps long, en persistant plusieurs semaines ou mois (comme une sécheresse par exemple) ou sur un temps très court, quelques heures ou jours, mais marqués par une très forte intensité (un cyclone, une canicule). Si des débats animent encore la communauté scientifique à ce sujet, il semble aujourd’hui acquis que les changements climatiques impactent la fréquence et l’intensité de ces événements climatiques extrêmes, du fait notamment de la hausse des températures moyennes de la planète.

Les canicules comptent parmi ces événements climatiques extrêmes. Elles sont définies comme une période où les moyennes des températures minimales et maximales atteignent des seuils d’alerte départementaux, de jour comme de nuit, sur une période de 3 jours. On parle d’épisode persistant de chaleur lorsque des températures élevées perdurent dans le temps, proches des seuils d’alerte, et de pics de chaleur lorsque des records de température sont atteints, mais sur des périodes courtes d’un ou deux jours.

La hausse progressive des températures globales et des phénomènes extrêmes de canicule et de sécheresse a, dès aujourd’hui, des conséquences directes sur la vie de millions de personnes… et sur l’avenir de milliards d’autres.

500 millions de personnes dans le monde

vivent dans des régions touchées par la désertification et subissent directement les conséquences dramatiques de la sécheresse.

Le 1er semestre 2020 a été le plus chaud en Europe

depuis le début des relevés météorologiques modernes, dépassant d’environ 0,5°C le record de 1990 et de +3,2°C la moyenne du 20e siècle.

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Dans l’actualité

Des records de température sans précédent en Sibérie

38°C au-delà du cercle polaire. C’est le record de température atteint le 20 juin 2020, dans la ville de Verkhoïansk, en Russie Arctique. Ce record fait suite à plusieurs mois de chaleur exceptionnelle dans la région, depuis janvier 2020.

Cette vague de chaleur n’est pas sans conséquence sur le climat et l’environnement. Elle a en effet engendré d’immenses feux de forêts, qui ont massivement généré du CO2. 9,26 millions d’hectares au total, soit davantage que la superficie du Portugal, auraient été touchés par des incendies depuis le début de l’année.

En parallèle, la fonte accélérée du pergélisol (« permafrost » en anglais) génère, elle-aussi des gaz à effet de serre. Le dégel des sols a favorisé les affaissements de terrain, provoquant l’effondrement d’un réservoir d’hydrocarbures et l’une des pires marées noires dans cette région de Russie arctique. Des conséquences désastreuses en chaîne…

Une étude du World Weather Attribution, dont est membre Météo France, a démontré que cette canicule prolongée en Sibérie aurait presque été impossible avec un climat non-altéré par les activités humaines.

« Sans le changement climatique provoqué par l’Homme, un tel évènement se produirait une fois tous les 80 000 ans. Dans le climat actuel, ce sera probablement tous les 130 ans. »

 

La Sibérie, comme toutes les régions situées dans les pôles les plus extrêmes de la planète, est l’une des régions où les changements climatiques sont les plus palpables. La température moyenne y a déjà augmenté de 2°C depuis l’ère pré-industrielle.

En France

Hausse des températures, canicule, sécheresse :
l’agriculture en première ligne

Des températures en augmentation continue en France et en Europe

La France n’est pas épargnée par la hausse globale des températures. Depuis 1900, les températures moyennes ont augmenté de 0,7°C dans le Nord-Est et jusqu’à 1,1°C dans le Sud-Ouest. Dans les territoires d’outre-mer, cette hausse varie entre +0,65°C et +1,5°C.

En Europe, le 1er semestre 2020 a été le plus chaud jamais enregistré, dépassant d’environ 0,5°C le précédent record de 1990, après une année 2019 se classant déjà en 2e position des années les plus chaudes de l’Histoire. Il marque surtout une hausse de 3,2°C par rapport à la moyenne des températures enregistrées au cours du XXe siècle.

Cette hausse générale des températures s’inscrit dans le long terme et s’intensifie ces dernières années. Selon Copernicus, service européen spécialisé dans le suivi des changements climatiques, les cinq dernières années sont les plus chaudes de l’Histoire, avec des températures moyennes supérieures de 1,1 à 1,2°C à celles de l’ère préindustrielle. Et la décennie 2010-2019 a également été la plus chaude depuis le début des mesures (1880).

Des épisodes caniculaires à répétition, la sécheresse nouvel enjeu majeur

Au cours de l’été 2019, la France a été marquée par une forte sécheresse, engendrée par un épisode caniculaire intense avec des températures record s’élevant à 45,9°C dans le Gard, et une baisse de la pluviométrie dans l’Hexagone. Pas moins de 85 départements ont été concernés par des mesures de restriction d’eau.

En 2003 déjà, la canicule avait été meurtrière, entraînant le décès de plus de 19 000 personnes.

L’année 2020 s’inscrit dans la même tendance. Une carte, publiée par Météo France le 16 avril 2020, mettait en lumière qu’une écrasante majorité des départements français était déjà touchés par une sécheresse agricole de surface importante, générée par un manque de pluie et un niveau d’ensoleillement exceptionnel. 41 départements, dans le centre et l’Est de la France et dans les Antilles, sont exposés à des risques importants de sécheresse au cours de l’été 2020.

En Méditerranée, une hausse de 0,5°C des températures moyennes pourrait induire des changements majeurs, notamment sur la végétation.

Les agriculteurs-rices en première ligne des changements climatiques

Une hausse des températures moyennes de +4°C, scénario le plus pessimiste des projections actuelles, entrainerait une baisse de revenus pour les agriculteurs-rices de toute la France.

Mais dès aujourd’hui, la hausse des températures a déjà des conséquences désastreuses pour l’agriculture. La canicule de l’été 2019 a ainsi entrainé une perte de 10% des rendements sur les récoltes de céréales en France. Un impact direct pour les agriculteurs-rices français.

Le reste de l’Europe n’est pas épargné et les pays du Sud de l’Europe seront les plus durement touchés. A l’horizon 2050, les rendements de certaines cultures, notamment le blé, le maïs et la betterave devraient chuter de 50%, impactant directement le revenu des agriculteurs-rices. Si rien n’est fait, ces pertes pourraient s’élever à 80% en 2100, selon le rapport de l’Agence européenne de l’environnement.

Aujourd’hui, 62% de la population française est exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques. Une proportion en pleine croissance. La France se classe ainsi au 15e rang mondial des pays les plus touchés par des événements climatiques extrêmes au cours de ces vingt dernières années, selon le classement de l’ONG Germanwatch.

Carte des territoires où la sécheresse est la plus à craindre en France, été 2020. Crédit : Ministère de la Transition Écologique

« Il faut changer de culture : nous devons assumer de ne plus envisager les épisodes de sécheresse comme exceptionnels, mais comme une situation appelée à devenir récurrente. »

Emmanuel Wargon, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, mai 2020.

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Dans le monde

Hausse des températures, sécheresse, désertification… et la faim qui revient

Le réchauffement climatique : un enjeu planétaire

Depuis 1880, début des relevés systématiques des températures, la température moyenne mondiale a augmenté de plus de 1°C. La cause principale ? Les activités humaines et la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, engendrée par celles-ci.

Le GIEC (Groupement Intergouvernemental d’Expert-e-s sur les Evolutions du Climat) alerte sur les conséquences dramatiques d’une hausse des températures globales au-delà de 1,5°C, dans son rapport paru en 2018 : vagues de chaleur plus importantes, hausse du niveau des mers, pertes de la biodiversité, pluies torrentielles, disparition des récifs coralliens, baisse des rendements agricoles, fonte totale de la banquise en été…

Différences de températures relevées entre janvier et avril 2020, comparées aux températures moyennes relevées entre 1951 et 1980.

Au rythme actuel, cette hausse d’1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle devrait être atteinte entre 2030 et 2052. Et si rien n’est fait, le GIEC estime que la hausse des températures pourrait atteindre… 5,5°C d’ici 2100. L’’accroissement du nombre d’événements climatiques extrêmes et de leur intensité accroît également le nombre de déplacements forcés à travers le monde. Ces 10 dernières années, ce sont plus de 20 millions de personnes par an qui ont été contraintes de quitter leur foyer et de tout abandonner. En l’espace de dix ans, le nombre de catastrophes climatiques extrêmes – inondations, ouragans, cyclones, sécheresses – ayant entraîné des déplacements de populations a été multiplié par cinq.

D’après la Banque Mondiale, le nombre de personnes contraintes de se déplacer du fait des changements climatiques, pourrait dépasser les 140 millions d’ici 2050.

Sécheresse, désertification, faim : le risque actuel de crises alimentaires majeures

Aujourd’hui, environ 500 millions de personnes dans le monde vivent dans des zones touchées par la désertification.

L’agriculture est la première victime de la sécheresse. En Afrique subsaharienne, elle est à l’origine d’environ 90% des pertes de production du secteur. Le secteur agricole contribue pourtant à un quart du PIB de la région, si ce n’est à la moitié lorsque l’on inclut l’ensemble du secteur agroalimentaire. Dans la région du Sahel, la hausse des températures est une fois et demie plus rapide que partout ailleurs sur la planète. Selon le GIEC, les rendements agricoles sahéliens diminueront de 20% tous les dix ans tout au long du 21e siècle, si rien n’est fait.

Derrière la baisse des rendements agricoles, c’est la famine qui menace, avec celles et ceux même qui produisent la nourriture en première ligne. Cette baisse, engendrée par des terres moins fertiles et plus sèches, risque d’entraîner une augmentation des prix des céréales de 23% dans les 30 prochaines années.

Les chiffres de la faim sont repartis à la hausse, après une décennie de baisse. Depuis 2014, ce sont 60 millions de personnes supplémentaires qui souffrent de la faim. Aujourd’hui, un tiers de l’humanité n’a pas accès à une alimentation saine, suffisante et de qualité. La FAO estime que le nombre de personnes risquant de souffrir de la faim augmentera de 10 % à 20 % d’ici 2050 en raison des changements climatiques.

Face aux changements climatiques, changer notre modèle en profondeur pour limiter les émissions de gaz à effet de serre

Contenir la hausse des températures mondiales sous la barre des 1,5°C nécessite une transition sans précédent de tous les aspects de nos sociétés. Mais cette transition peut – et doit – aller de pair avec les objectifs de développement durable, de justice sociale, de lutte contre les inégalités, en un mot, permettre d’améliorer la qualité de vie de toutes et tous.

Pour éviter le pire, et notamment que les plus pauvres paient un prix extrêmement élevé, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent décroître avant 2030, et baisser de 45% comparé à leur niveau de 2010. Par ailleurs, la neutralité carbone – ne pas émettre plus de CO2 que ce que la Terre peut absorber – doit être atteinte en 2050. Oxfam France, avec les organisations de l’Affaire du Siècle (la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace et Notre Affaire à tous) a démontré tout le chemin qu’il reste à la France à parcourir pour atteindre cet objectif de neutralité carbone : c’est le fameux « Jour du dérèglement ».

D’ici à 2030, les effets des changements climatiques risquent de précipiter 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté, selon la Banque Mondiale.

Le nombre de personnes souffrant de la faim risque d’augmenter de 10 à 20% d’ici 2050 en raison des changements climatiques.

En 2030, le prix des denrées de base (blé, riz, maïs) pourrait avoir doublé par rapport à 2010, en majorité du fait des changements climatiques.

Témoins du climat

Les changements climatiques, une réalité

« L’eau n’est plus aussi potable qu’avant »

« En raison des changements climatiques, nous souffrons de n’avoir des pluies que saisonnières ou alors de pluies qui n’arrivent pas du tout. Les extrêmes de température se sont intensifiés : quand il fait chaud, il fait très chaud. Et quand il fait froid, c’est vraiment très froid. Du coup, l’eau que nous retirons du sol n’est plus aussi potable qu’avant. A cause de l’intrusion d’eau de mer et des changements climatiques, l’eau devient amère et nous manquons d’eau potable. Cela créé des problèmes de récoltes et nous commençons à souffrir de malnutrition, et les femmes enceintes d’anémie ».

Hooran, 40 ans, Pakistan

« Les sécheresses ont changé ma vie… »

« Les sécheresses de 2016 puis 2017 ont changé ma vie. Non seulement elles ont anéanti toutes mes réserves alimentaires, mais elle a aussi décimé le cheptel de 150 moutons et 50 chameaux que nous avions avec ma famille.»
Non seulement les animaux représentent une richesse économique et assurent la subsistance des personnes du foyer, mais l’élevage du bétail définit également l’identité culturelle de certaines communautés.

Mohammed, 30 ans, Ethiopie

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