Climat et pauvreté : des inégalités qui se creusent

L’année 2017 a été marquée par de nombreux événements climatiques extrêmes qui sont venus cruellement rappeler la nécessité d’aider les plus vulnérables à s’adapter aux impacts du changement climatique : des ouragans ont ravagé les Caraïbes, des tempêtes et des inondations ont détruit des milliers d’habitations et d’écoles en Asie du Sud et la sécheresse a affecté des millions de personnes en Afrique de l’Est.

Dans le rapport « Déracinés par le changement climatique », Oxfam démontre l'extrême inégalité du changement climatique: les populations des pays pauvres ont en moyenne cinq fois plus de risque d'être déplacées à cause de catastrophes climatiques extrêmes et soudaines (comme les tempêtes ou les inondations) que les habitants des pays riches. En 2017, les événements climatiques extrêmes ont entraîné le déplacement de 19,9 millions de personnes. Un total certainement sous-estimé car il ne tient pas compte des catastrophes « lentes » comme les sécheresses ou la montée du niveau de la mer. 
 
Les inégalités se creusent d’autant plus que changement climatique est le pire ennemi de la lutte contre la faim. Les événements climatiques extrêmes jouent en effet un rôle important sur la sécurité alimentaire des populations des pays les plus pauvres et notamment des petits agriculteurs-trices. Les sécheresses, inondations et autres aléas climatiques imprévisibles perturbent les cycles des cultures et entraînent des pertes de récoltes. En 2017, l’ONU a annoncé une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim, une première depuis plus de dix ans : 815 millions de personnes dans le monde – soit 11% de la population mondiale, et 124 millions de personnes «jugées à la merci d’une famine». 
 

La responsabilité des pays riches dans les inégalités liées au changement climatique.

 
Alors que le jour du dépassement planétaire 1 est tombé début août en 2017 et qu’il faudrait 2,9 planètes Terre si toute l'humanité vivait comme les Français, la solidarité des Etats riches envers les Etats les plus impactés n’a pas été au rendez-vous et les engagements pris par les pays lors de la COP21 ne sont pas à la hauteur. 
 
Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), les coûts liés à l’adaptation dans les pays en développement sont estimés entre 140 et 300 milliards de dollars par an d’ici 2030, et entre 280 et 500 milliards de dollars par an d’ici 2050. Ces chiffres sont établis dans l’hypothèse d’un réchauffement contenu en-dessous de 2°C ; or les engagements actuels des Etats, présentés à la COP21, nous mettent sur une trajectoire de +3°C. En plus de l’aide financière aux pays pauvres, il est donc urgent que les Etats riches réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre.
 
En 2020, la France consacrera ainsi moins d’un tiers de ses financements climat à l’adaptation au changement climatique, bien loin de l’équilibre entre adaptation et réduction des émissions, inscrit dans l’Accord de Paris. L’engagement pris est bien faible comparé au montant que devront débourser les pays pauvres pour financer l’adaptation au changement climatique estimé à 300 milliards de dollars.
 
Oxfam France mobilise le pouvoir citoyen contre ces inégalités et assure un travail de plaidoyer politique notamment à l'approche de la COP24 en Pologne afin de promouvoir la justice climatique.  
 

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