Jour du dépassement : l’Humanité déjà en rupture de stock

Ce 29 juillet 2019, l’Humanité a épuisé toutes les ressources naturelles que la planète était en capacité de lui offrir cette année. Nous vivrons donc à crédit jusqu’en décembre 2019.

 

Le rapport du Global Footprint Network est sans ambages : l’Humanité a déjà épuisé la totalité des ressources naturelles annuelles que lui offre la planète, 5 mois avant la fin de l’année et trois jours plus tôt que l’année précédente.

Pour réaliser ce calcul, l’ONG s’appuie sur différentes données comme notre empreinte carbone mondiale et les ressources que nous consommons dans le cadre de l’élevage, la pêche, l’agriculture, la construction et l’utilisation de l’eau. Si le déficit a commencé à se creuser depuis 1970, l’année 2019 détient aujourd’hui un triste record : c’est la première fois de l’Histoire que les ressources planétaires annuelles se sont épuisées aussi vite.

L’épuisement des ressources, reflet d’inégalités profondes sur le plan mondial

Cette surconsommation de nos ressources naturelles se caractérise par des chiffres qui en disent long. Ils montrent que la capacité de l’Humanité à épuiser les ressources de la planète est 1,75 fois plus rapide que la capacité de nos écosystèmes à se régénérer. Autrement dit, notre surconsommation est insoutenable à moins de disposer de 1,75 planète. Il faudrait par exemple deux France afin de soutenir le rythme de consommation de la population française.

De plus, nos émissions de gaz à effet de serre représentent 60% de notre empreinte écologique mondiale et participent largement à cette surconsommation. Or nous savons que les 10% les plus riches de la planète génèrent environ la moitié des émissions de CO2 mondiales. Paradoxalement, c’est bel et bien la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit les 3,6 milliards de personnes, ne générant que 10% des émissions de CO2 mondiales qui sont les plus menacées par l’intensification des phénomènes climatiques violents liés aux changements climatiques, comme le montrait le rapport d’Oxfam France.

De même cette surconsommation est particulièrement inégalitaire car ne profitant qu’à une partie de la population mondiale. A titre d’exemple, la FAO, dans son rapport publié en 2019 montre que 1 personne sur 9- soit plus de 820 millions de personnes – souffrent encore aujourd’hui de la faim dans le monde, soit plus que l’année précédente (811 millions de personnes) . Les changements climatiques pourraient augmenter de 10 à 20% ce chiffre d’ici 2050 , faisant peser particulièrement le poids de la pauvreté et de la faim sur les femmes agricultrices rurales dans les pays en développement.

Des solutions immédiates et ambitieuses

En réduisant nos émissions de CO2 de 50 % d’ici 2050, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre. Bien que des solutions individuelles existent et soient absolument nécessaires et complémentaires, Oxfam France milite surtout pour que les Etats adoptent des mesures plus ambitieuses et se tiennent à leurs engagements, en particulier les pays les plus développés.

A cet effet, notre ONG a montré que quatre ans après la signature de l’Accord de Paris, les investissements des banques publiques françaises participent encore largement aux émissions de gaz à effet de serre du fait de leurs financements encore très importants aux énergies fossiles . En outre, pour aider les populations vulnérables à faire face aux conséquences des changements climatiques, Oxfam plaide pour que la France porte en 2019 sa participation au Fonds Vert pour le Climat à deux milliards de dollars pour les quatre prochaines années.