Le Fonds vert : qu’est-ce que c’est ?

En 2009, à l’issue de la conférence de Copenhague au Danemark (COP15), les pays développés s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 afin d’aider financièrement les pays en développement à réduire leurs émissions et à s’adapter aux impacts du changement climatique. En 2010 à Cancun au Mexique (COP16), la communauté internationale décide de la création d’un Fonds vert pour le climat afin d’héberger sous l’égide de l’ONU une partie de ces financements climat – et non pas la totalité malgré la confusion qui persiste parfois – et de consacrer la moitié de ces fonds à des projets d’adaptation.

Le rôle de ce Fonds est extrêmement important : il doit devenir à terme le principal canal de distribution des financements climat (qui circulent pour l’instant à travers une multitude de bailleurs, tels que les Agences nationales de développement – comme l’Agence française de développement (AFD) – ou encore les Fonds multilatéraux dédiés) et permettre un accès plus direct et moins coûteux aux pays destinataires.

Il doit également permettre de combler le déficit de financement de projets permettant aux plus vulnérables de construire des communautés résilientes et de s’adapter à des sécheresses de plus en plus longues, des tempêtes récurrentes et des inondations toujours plus sévères. Même si l’urgence va à la réduction nécessaire des émissions de gaz à effets de serre, les conséquences du changement climatique se font déjà ressentir, principalement dans les pays les plus vulnérables.  Financer l’adaptation de ces populations est donc également indispensable. Pour l’instant seulement 16 % des fonds climat mobilisés en 2013-2014 étaient destinés à l’adaptation, ce qui reste largement en dessous des besoins criants sur le terrain. Dans l’hypothèse d’un réchauffement de la planète contenu en-dessous de 2 °C, le coût de l’adaptation pour les pays en développement pourrait atteindre plus de 500 milliards de dollars par an d’ici 2050. Et nous sommes actuellement sur une trajectoire de 3 °C… Le manque à financer annuel est donc énorme.

Comment faire des financements pour l’adaptation un outil efficace pour les populations ?

A l’heure actuelle, le Fonds vert n’est capitalisé qu’à hauteur de 10 milliards de dollars annuels pour la période 2015-2018 [1]. Il ne peut donc en l’état répondre à lui seul aux engagements pris à Copenhague et les pays développés, malgré les dernières annonces faites autour de la COP21, doivent prendre leurs responsabilités et mobiliser davantage de financements.

Il est également essentiel que le Fonds finance rapidement des projets d’adaptation. Qu’il s’agisse de projets de recherche et développement pour trouver de nouvelles semences résistant à la salinisation de l’eau au Bangladesh, ou de la mise en place de systèmes d’alertes précoces pour informer les populations des Philippines de l’imminence d’un évènement climatique extrême. A la veille de l’ouverture de la COP21, le Fonds vert pour le climat a approuvé le financement de huit projets ce qui constitue déjà un premier pas.

Enfin, si le Fonds Vert veut devenir un organe incontournable et respecté, il doit être irréprochable. Or, après avoir accrédité la Deutsche Bank – 10ème banque à financer le charbon dans le monde, il vient d’accréditer HSBC et Crédit Agricole, deux banques parmi celles qui investissent le plus dans les énergies fossiles.Oxfam reste mobilisée pour suivre de près les processus d’accréditation au Fonds vert afin que les financements qui le composent permettent effectivement d’aider les pays les plus vulnérables dans la lutte contre le changement climatique.

Pour en savoir plus : http://ideas4development.org/fonds-vert-faire-outil-efficace-de-lutte-contre-changement-climatique/

;