Pour que 2010 ne soit pas une année blanche sur le climat

A mi-chemin entre le sommet de Copenhague et celui de Cancun, l'évolution des négociations sur le changement climatique demeure incertaine. Les initiatives se multiplient pourtant, telles que la réunion de Cochabamba, en Bolivie. Et des progrès sont nécessaires et possibles. Oxfam France poursuit donc son engagement contre l’injustice climatique.

Bientôt cinq mois depuis le sommet de Copenhague et le climat reste lourd et incertain, tant en France qu’au niveau international. En France, le récent abandon de la contribution "énergie – climat" semble illustrer que l’ambition politique affichée l’année dernière n’était que saisonnière. Au niveau international, après une pause de quelques mois, la confiance reste fragile entre les différents pays, malgré les forums de discussion et réunions sous différents formats qui se multiplient. Les négociations sous l’égide de l’ONU ont ainsi repris mi-avril à Bonn, en Allemagne. A ce stade, pas de substance à l’agenda mais des discussions sur l’organisation du programme de travail en 2010. Prochaine étape onusienne prévue à Bonn début juin. Mais alors que la section officielle des négociations climat semble continuer son train-train, la réunion la plus significative s’est sans doute déroulée à Cochabamba, en Bolivie. 35 000 citoyens, officiels, scientifiques et représentants des mouvements sociaux se sont réunis du 19 au 22 avril à l’initiative du président Evo Morales pour débattre "du changement climatique et des droits de la terre mère". "La conférence a fait passer un message clair : le besoin d’un changement radical", souligne Bert Maerten, coordinateur de la campagne sur le changement climatique de la confédération internationale Oxfam et auteur d'un compte-rendu sur cet événement, publié sur son blog. Malgré l’échec de Copenhague, un accord contraignant ambitieux et équitable doit rester l’objectif final à atteindre. Toutefois, au vu du contexte politique actuel, il est déjà admis qu’un tel accord nécessitera davantage que les quelques mois qui nous sépare de la COP 16, fin novembre à Cancun. Mais face à l’urgence de la situation, 2010 ne peut être une année blanche sur le climat. Des progrès sont possibles et nécessaires, notamment sur la question du soutien financier à apporter aux communautés les plus vulnérables au changement climatique. Oxfam France va donc continuer de s’engager sur la question du climat en 2010 sur deux axes prioritaires :Faire un suivi des financements précoces promis à Copenhague pour soutenir la lutte contre le changement climatique au sud. Les 10 milliards de dollars par an promis par les pays développés sur les trois prochaines années doivent être effectivement déboursés, de manière transparente et sans cannibaliser les budgets d’aide publique au développement. Enfin, ces financements doivent répondre réellement aux besoins des communautés les plus touchées par le changement climatique, comme les populations qui dépendent de l’agriculture. – Des avancées sur la question des financements pour la période post-2012 sont également nécessaires. Des mécanismes innovants comme des taxes internationales sur les transactions financières ou le transport maritime, seront nécessaires pour répondre aux besoins. Ces mécanismes doivent désormais être portés et soutenus au niveau politique. Par Romain Benicchio, chargé de plaidoyer à Oxfam France Article rédigé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.
 
||Communiqué envoyé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 sur la lutte contre le changement climatique et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.|

;