3 millions de réfugiés syriens : Oxfam appelle les pays occidentaux à ouvrir leurs portes

Alors que le nombre de réfugiés syriens enregistrés par le HCR vient de dépasser aujourd’hui les 3 millions [1], Oxfam appelle les pays occidentaux et les autres pays riches à intensifier leurs efforts pour offrir une solution de réinstallation aux réfugiés syriens.

Oxfam ajoute qu’une action urgente est nécessaire pour répondre à la crise régionale caractérisée par l'augmentation croissante des déplacements, l’insuffisance de l'aide et la surcharge des infrastructures dans les pays voisins.

Environ 5 000 personnes ont trouvé refuge dans des pays non limitrophes de la Syrie via les Nations unies [2], ce qui ne représente que 0,16% de la population réfugiée. Dans le même temps, l'appel humanitaire des Nations unies pour la réponse aux réfugiés reste terriblement sous-financé, à hauteur de moitié seulement. Bien que les pays voisins comme la Jordanie, le Liban et la Turquie aient été très généreux en aidant les réfugiés, leur générosité a des limites et les communautés d'accueil, souvent pauvres elles aussi, supportent le poids de la crise syrienne. La communauté internationale doit assumer ses responsabilités en protégeant les réfugiés et aider les pays voisins afin qu'ils puissent garder leurs frontières ouvertes aux personnes fuyant le conflit.

« Cette année, la France s’était engagée à accueillir à peine 500 réfugiés syriens alors que sa réponse financière à la crise syrienne était déjà insuffisante, à hauteur de 30 %. La France se doit de renforcer son soutien pour faire face à l’ampleur de la situation, en s’engageant à accueillir davantage de réfugiés et à augmenter sa contribution financière »,déclare Nicolas Vercken, directeur du plaidoyer à Oxfam France.

Pour Andy Baker, chef de la réponse d'Oxfam à la crise syrienne : « Face à l’augmentation du nombre de réfugiés, l'aide devient insuffisante et les pays voisins frôlent le point de non retour. Il est choquant de constater que plus de trois ans après le début de la crise syrienne, une crise qui ne montre aucun signe de ralentissement, les pays riches n’ont accueilli que 5 000 personnes sur 3 millions de réfugiés.» [3].

« La communauté internationale doit renforcer son soutien et collaborer avec l'ONU pour offrir rapidement un refuge aux familles les plus vulnérables. Les réfugiés avec lesquels nous travaillons souhaitent profondément retourner en Syrie pour reconstruire leur vie, mais tant qu’une solution politique à la crise semblera hors d’atteinte, cela restera impossible ».

Face à l’important manque de fonds, les organisations humanitaires ont déjà dû réduire leurs programmes et adapter leur aide, laissant certains réfugiés sans soutien. En Jordanie, Oxfam a dû suspendre les transferts d’argent qui aidaient 6 500 réfugiés logés dans des communautés d'accueil. En juin 2014, l'ONU a été contrainte de réduire l'objectif de financement pour les réfugiés, passant de 4,2 milliards de dollars à 3,74 milliards en raison du manque de fonds disponibles auprès des donateurs.

« Le fait que 3 millions de Syriens soient maintenant réfugiés n'est que la partie émergée de l’iceberg. En Syrie, ce sont 10,8 millions de personnes supplémentaires qui ont besoin d'aide et les attaques aveugles contre des civils font chaque semaine plus de morts, et poussent de plus en plus de familles à chercher refuge ailleurs. Les réfugiés voient leurs économies et leurs biens s’épuiser : les possibilités de travail dans les pays voisins sont très souvent limitées ou inexistantes, et beaucoup ne voient pas comment subvenir aux besoins de leurs familles. Sans soutien sur le long terme permettant l’amélioration de la réponse humanitaire et l'augmentation de la réinstallation des réfugiés les plus vulnérables, l’avenir est très sombre », ajoute Andy Baker.

En Jordanie, l’installation de milliers de réfugiés syriens dans une zone très pauvre en eau met une énorme pression sur les ressources disponibles. Les réfugiés avec lesquels Oxfam travaille dans le camp de Zaatari doivent se contenter d’un peu plus de 35 litres par personne et par jour pour boire et se laver, une situation particulièrement difficile comparée  aux 70 à 145 litres dont ils disposaient chez eux en Syrie [4].

Avec  les températures estivales, les risques sanitaires représentent une grande menace ; Oxfam et d'autres organisations humanitaires luttent pour répondre aux besoins de base, et travaillent à créer un réseau de canalisations d'eau qui fournira aux résidents du camp de Zaatari une source d'eau plus durable.

Contact

Fanny Mantaux
fmantaux@oxfamfrance.org
01 77 35 76 00 / 06 51 15 54 38

Notes aux rédactions

[1] Nombre de personnes enregistrées auprès du HCR dans les pays limitrophes. Le nombre total des Syriens ayant fui leur pays ou déplacés en Syrie dépasse les 10 millions de personnes, sur une population totale de 22 millions.

[2] Le HCR consolide actuellement les données selon les pays de destination. Ces chiffres n’incluent pas les regroupements familiaux.

[3]Les États peuvent prendre des engagements en matière de réinstallation, d'accueil humanitaire, de parrainage individuel, d’évacuation médicale, ou d’accueil de parents en plus des programmes existants de regroupement familial. Les États peuvent aussi s’engager à accroître leur capacité d’accueil de réfugiés syriens en vertu d'autres programmes de migration liés à la mobilité du travail, des systèmes d'investisseurs privés, ou des bourses d'études. À ce jour, le total des promesses de dons pour les réfugiés syriens depuis 2013 s'élève à près de 34 000 places, plus un nombre ouvert promis par les Etats-Unis. Pour plus de détails : http://www.unhcr.org/52b2febafc5.html

[4] Source : Ministère syrien des ressources hydrauliques .

 

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