Appel au gouvernement : ouverture du cycle de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Communiqué d'Aides, Avocats pour la santé dans le monde, Oxfam France et Sidaction – A l’occasion de l’ouverture de la 5e Conférence francophone VIH/sida de Casablanca et suite au démarrage du troisième cycle de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FM) le 25 mars 2010 à La Haye au Pays-Bas, nos associations souhaitent attirer l’attention du gouvernement français sur l’importance de renforcer ce mécanisme de financement innovant et efficace.

2010 devait être l’année de l’accès universel aux traitements. Hélas, selon les dernières données de l’OnuSida, aujourd’hui seulement une personne sur trois dans le monde vivant avec le VIH peut espérer être soignée. Pourtant, les dirigeants du G8 au sommet de Gleneagles en 2005 s’étaient engagés à atteindre en 2010 l’accès universel : un traitement pour tous les malades du VIH/sida. Des engagements réitérés lors des deux derniers sommets du G8 par leurs dirigeants, dont M. Nicolas Sarkozy.

Les programmes mis en place ces dernières années grâce à l’argent des pays donateurs, notamment les fonds de la France, ont permis des progrès sanitaires considérables. Mais la mobilisation financière reste largement insuffisante au regard des besoins, et des possibilités d’action. Elle a d’ailleurs toujours été au-dessous des besoins estimés.

Depuis sa création, le FM a, en seulement sept ans, pu sauver 4,9 millions de vies dans 144 pays via ses programmes sur les trois pandémies. Le FM a aussi su faire évoluer ses modes d’actions pour avoir un impact positif sur le renforcement des systèmes de santé au Sud dans leur ensemble.

Au-delà des indicateurs quantitatifs non négligeables, c’est la qualité et la philosophie de l’action qui fait du FM un bailleur de fonds innovant.

Signataire de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, le Fonds mondial est le bailleur de fonds international qui a le mieux su transposer ses principes dans la pratique :

Une approche basée sur les résultats

Les subventions accordées par le Fonds Mondial portent en général sur deux tranches, l’une de deux ans, l’autre de trois ans. La deuxième tranche n’est accordée que si les résultats attendus du projet ont été réellement atteints. Cela encourage l’adoption de stratégies qui ont fait la preuve de leur efficacité.

Un Fonds piloté conjointement par des représentants de donneurs et des bénéficiaires

Le Conseil d’Administration du Fonds Mondial donne aux pays bénéficiaires de l’aide un droit de vote égal à celui des pays donneurs. Sont aussi membres à part entière du Conseil d’Administration des représentants des ONG du Nord et du Sud, et des communautés affectées par les maladies.

Une transparence hors du commun

Tous les financements accordés par le Fonds Mondial sont publiés sur son site Internet, de même que les contacts de tous les membres des CCM, les organismes nationaux de coordination du Fonds Mondial.

C’est pour cela que Aides, Avocats pour la santé dans le monde, Oxfam France et Sidaction appellent aujourd’hui le gouvernement français et le Président Nicolas Sarkozy à :

Renforcer les mécanismes de financement multilatéraux qui ont démontré leur efficacité, tel le Fonds Mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, afin de stopper et inverser la progression de ces trois pandémies d’ici à 2015, conformément aux Objectifs du Millénaire en santé.

Continuer d’accroitre la participation financière de la France, afin de garantir le passage à l’échelle et permettre l’accès universel pour tous à la prévention, au diagnostic et au traitement du VIH/Sida, de la tuberculose et du paludisme.

Renforcer la présence de la France dans les différentes instances de gouvernance du FM afin de contribuer au bon fonctionnement de ce financement.

Nos associations souhaitent que le FM, en raison de sa réussite et de sa philosophie d’aide, ne soit pas victime du clivage qui existe aujourd’hui autour de la question de l’aide multilatérale et bilatérale de la France.

Dans l’intérêt des millions de malades en attente de traitement et soins, la France doit pouvoir choisir ses priorités, renforcer les outils ayant fait preuve de transparence et de performance et s’en inspirer pour sa propre stratégie de coopération internationale.

Contacts presse

– Antonio Manganella, Aides : 06 03 85 09 35 (à Casablanca)
– Francesca Belli, Aides : 06 10 25 52 03 (à Paris)
– Magali Rubino, Oxfam France : rubino@oxfamfrance.or / 01 56 98 24 45 / 06 30 46 66 04

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Notes aux rédactions

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