AREVA / Niger : un mois après l’annonce de leur signature, pas de nouvelles des contrats fantômes

Le 26 mai dernier, après plusieurs mois de négociations serrées, AREVA et le gouvernement du Niger annonçaient en grandes pompes à Niamey la signature d’un accord renouvelant le partenariat « stratégique » entre l’Etat du Niger et le groupe français. Pourtant, un mois plus tard, ce "contrat" n’a toujours pas fait l’objet d’une publication officielle.

Selon les informations obtenues par Oxfam, alors que les deux parties se félicitaient de cet accord, il ne s’agirait en fait que d’un accord cadre très général de quatre pages. Les détails des conventions et contrats entre la multinationale française et le gouvernement du Niger seraient encore en cours d’élaboration, et on ne sait rien du processus lui-même.

Depuis des mois, les organisations de la société civile au Niger et en France se mobilisent pour qu’AREVA accepte de se soumettre à la législation nigérienne, plus précisément la loi minière de 2006, afin d’augmenter les recettes issues de l’exploitation de l’uranium pour l’un des pays les plus pauvres au monde.

Oxfam et le ROTAB continuent de demander la publication immédiate de l’accord signé et de tous les protocoles et conventions associés, ainsi que la transparence des discussions en cours entre AREVA et le Niger.

"Sous la pression de notre travail, AREVA a annoncé qu’elle se conformerait à la loi de 2006. Cependant, sans accès aux détails des conventions de la Somaïr et de la Cominak, les deux filiales d’AREVA, nous ne savons pas exactement à quoi les parties se sont engagées", alerte Ali Idrissa, coordinateur du ROTAB. "Nous ne pouvons en rester là, nous voulons des réponses et des engagements écrits pour que le Niger profite aussi des retombées de cette ressource non renouvelable. Nous sommes plus que jamais déterminés à continuer la lutte".

Les deux associations tentent d’obtenir un rendez-vous avec AREVA, sans succès à ce jour, le directeur de la communication du groupe n’estimant pas qu’une rencontre soit « nécessaire ».

"Nous aurions pourtant de nombreuses questions à poser à AREVA. Notre travail sur la transparence de l’exploitation des ressources naturelles dans un des pays les plus pauvres au monde ne s’arrête pas à la signature d’un accord dont on ne sait pas ce qu’il recouvre et comment il s’appliquera. Du calcul de la base d’imposition au versement effectif de toutes les taxes dès 2014, nous avons besoin de plus d’informations. Les méthodes d’AREVA continuent de soulever de nombreuses questions et le gouvernement français, actionnaire à plus de 86% d’AREVA, devrait également prendre ses responsabilités et exiger un comportement exemplaire et transparent de son entreprise", ajoute Anne-Sophie Simpere, d’Oxfam France.

Contact

Magali Rubino
Responsable des relations média
mrubino@oxfamfrance.org
01 56 98 24 45  / 06 30 46 66 04

Notes aux rédactions

59,5%de la population du Niger vit sous le seuil de pauvreté national selon les chiffres de la Banque mondiale :
http://donnees.banquemondiale.org/pays/niger

Le Niger fournit environ 1/3 de l’uranium d’Areva.


Ce communiqué a été produit avec le soutien financier de la Commission européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité d'Oxfam France et ne reflète pas nécessairement les positions de la Commission européenne et de ses services.