Assises du Développement et de la Solidarité internationale : un bilan en demi-teinte

Après quatre mois de débats, les Assises du développement et de la solidarité internationale se sont clôturées aujourd'hui.

Oxfam France s'est félicitée de l'organisation par le gouvernement de cette concertation, la première depuis 15 ans. Alors que le conflit au Mali rappelle l'importance d'une politique de développement ambitieuse, la discours de François Hollande était attendu et devait marquer un véritable changement de cap pour la coopération française.

Selon Oxfam France, les annonces du Président français concernant les grands objectifs de la coopération française vont dans le bon sens, notamment quand il insiste sur l'importance de la transparence et de l'évaluation de l'aide française. Mais en annonçant que la France conditionne désormais la tenue de ses engagements internationaux en matière d'aide publique au développement au retour de la croissance, il acte un renoncement face à la communauté internationale. D'autres sujets n'ont pas été abordés, en particulier la réforme institutionnelle nécessaire pour mettre à plat un dispositif de coopération inadapté aux enjeux du XXIe siècle.

Pour Luc Lamprière, directeur général d'Oxfam France :

« L'ensemble des grands témoins, du monde entier, invités pour cette clôture des Assises du développement ont mis en évidence les défis qui demeurent en matière de lutte contre la pauvreté et, surtout, la nécessité de mettre les besoins des populations locales au cœur de la politique de développement et de les inscrire dans la durée. »

« La France est l'un des principaux bailleurs de fonds internationaux. Elle se devait, avec ces Assises, d'assurer que son aide sera principalement dirigée vers les pays et les populations les plus pauvres. Nous n'en savons pas plus à ce sujet après qu'avant les Assises. »

« Mais sans perceptive budgétaire claire, en particulier concernant l'atteinte des 0,7%, la France se prive de moyens essentiels pour lutter contre la pauvreté. L'annonce de la mise en place d'une loi d'orientation et de programmation permettra bien au Parlement d'être étroitement associé à la définition des objectifs de la coopération française, c'est un gage de cohérence, de transparence, mais la visibilité budgétaire n'en sera pas plus renforcée. »

Oxfam France regrette également l'absence de réforme du dispositif institutionnel français de coopération. Trop de ministères concernés, parfois concurrents, une banque de développement avec l'AFD, une coordination interministérielle inefficace. Le constat était connu. Le dispositif actuel demeurera, au détriment de son efficacité.

Enfin sur la cohérence des politiques publiques en lien avec le développement international, les Assises avaient permis de dresser un constat accablant sur l'impact des politiques agricoles, commerciales ou encore d'investissement à l'étranger. Sur ce sujet, l'engagement fort de la France en faveur de la transparence du secteur extractif, de la lute contre la corruption et en faveur de l'Etat de droit est essentiel. Les précautions prises par le Président de la République pour ménager la diplomatie économique illustrent le chemin qu'il reste à parcourir pour faire de cette cohérence une réalité.

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