Alors que le nouveau plan de réponse humanitaire chiffré à 300 millions de dollars pour l’année 2020 vient d’être lancé au Burkina-Faso, Oxfam appelle à une urgente mobilisation de fonds pour répondre notamment au besoin vital en eau, hygiène et assainissement.

« Au cours de l’année 2019, le nombre de personnes déplacées internes a été multiplié par dix, atteignant plus d’un demi-million de personnes déplacées en fin d’année. La situation est critique, parmi les besoins énormes, l’accès à l’eau constitue un enjeu vital et une urgence absolue pour ces familles qui ont tout perdu » interpelle Jon Cerezo, responsable de campagne humanitaire chez Oxfam France.

Les femmes et les jeunes filles doivent faire la queue pendant des heures pour une infime quantité d’eau. “Si je pars chercher l’eau à 7h du matin, je dois faire la queue sous le soleil jusqu’à midi minimum et le peu d’eau collecté ne permet même pas de répondre aux besoins de ma famille pour la journée. Tous les jours je dois revivre ça” témoigne Fatoumata Sawadogo, personne déplacée à Pissila. « Sans eau, il n’y a pas d’hygiène, sans eau, on ne peut rien faire » alerte Huguette Yago, Ingénieure en eau, hygiène et assainissement, de l’ONG AGED (Association pour la Gestion de l’Environnement et le Développement), partenaire local d’Oxfamau Burkina-Faso qui intervient sur le site de déplacés de Pissila (Centre-Nord) qui compte plus de 3500 personnes déplacées et un accès à l’eau inexistant.

Face à cette urgence, les bailleurs internationaux, y compris la France, doivent proposer une réponse à la hauteur des besoins. La France doit profiter de la révision de sa loi sur la solidarité internationale pour mettre en œuvre son engagement d’augmenter son aide humanitaire à hauteur de 500 millions d’euros par an d’ici 2022, afin d’être en mesure de mieux répondre aux défis posés par des crises comme celle que traverse le Burkina actuellement : la France envoyait en 2018 à peine plus d’un million d’euros d’aide humanitaire au Burkina Faso, ce qui correspond tout juste à 0,5% du total du Plan de réponse…» ajoute Jon Cerezo.

Dans ce contexte de grande fragilité, le risque d’épidémie est très important et aurait des conséquences désastreuses dans ces zones où vivent amassées des milliers de personnes vulnérables et où les services de santé sont débordés et souvent trop chers pour ceux qui ont tout perdu dans leur fuite. Les maladies diarrhéiques connaissent déjà une forte hausse et le pire reste à craindre.

L’accès à l’eau est ainsi également devenu un défi quotidien pour les communautés hôtes qui accueillent 94% des personnes déplacées. « L’eau est devenue un point de tension pour tout le monde. Nous sommes trop nombreux, c’est très difficile » témoigne Ousmane Bandé qui accueille chez lui plus d’une trentaine de personnes déplacées.

Dans certaines villes, comme Barsalogho, le taux d’accès à l’eau potable a diminué de 40% *avec les arrivées massives de déplacés qui entraînent une surutilisation et une détérioration du peu d’infrastructures et sources d’eau disponibles avant la crise. Les équipes d’Oxfam ont réussi à installer trois postes d’eau autonomes. Elles ont aussi réhabilité 29 pompes à motricité humaine et ont installé deux citernes souples d’une capacité de 20m3 chacune. Toutes ces infrastructures permettent de ravitailler en eau environ 21 800 personnes quotidiennement mais demeure insuffisantes pour combler les besoins en eau de ces populations déplacées comme hôtes.

« En 2020, Oxfam veut développer son action en matière de prévention de maladies liées au manque d’hygiène auprès de 287 000 personnes et construire ou réhabiliter 107 points d’eau » précise Gustave YAMOSSOU, Responsable urgence chez Oxfam. Pour cela, l’appui des bailleurs de fond est indispensable. La situation ne cesse de se dégrader et plus de 2 millions de burkinabés ont besoin d’une aide humanitaire urgente en 2020.

*Source : HNO 2020

 

Contact presse :

Jon Cerezo, Responsable campagne humanitaire 06 51 15 54 38

 

 Notes aux rédacteurs :

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