BNP Paribas : des engagements sur le charbon en demi teinte

Réaction d’Oxfam France aux annonces de BNP Paribas en faveur du climat

A 10 jours de l’ouverture de la COP21, BNP Paribas, première banque française à soutenir les énergies fossiles en général1 et le charbon en particulier2, a enfin annoncé la réduction de ses soutiens financiers au secteur du charbon3.

Une réduction qui reste pourtant plus que partielle selon Oxfam France : si BNP Paribas s’engage à ne plus financer de nouvelles mines de charbon, les restrictions annoncées sur les centrales thermiques à charbon ne concernent malheureusement qu’une minuscule partie du marché. De nouvelles avancées sont encore nécessaires pour que la banque puisse réellement se prévaloir d’une véritable responsabilité environnementale.

Pour Alexandre Naulot, responsable de plaidoyer sur les questions financières au sein d’Oxfam France :

«Mieux vaut tard que jamais. En tant que première banque française à soutenir les énergies fossiles et plus particulièrement le charbon, énergie fossile la plus polluante, BNP Paribas ne pouvait pas rester silencieuse avant l’ouverture de la COP21.»

« Mais BNP Paribas reste loin d’être un modèle en matière d’engagement climatique. Certes, BNP Paribas s’engage à ne plus financer de nouvelles mines de charbon – et c’est la preuve que la forte mobilisation de la société civile est utile  –  mais les engagements de BNP Paribas concernant les centrales thermiques à charbon restent insuffisants puisqu’ils ne concernent malheureusement que les pays à hauts revenus, soit 12% du marché4. Surtout, BNP Paribas reste derrière l’une de ses principales concurrentes, Natixis, qui, elle, a arrêté ses financements directs aux centrales à charbon partout dans le monde.»5

« BNP Paribas a consacré près de 52 milliards d’euros aux énergies fossiles depuis 2009, soit 9 fois plus qu’aux énergies renouvelables. Consacrer uniquement 15 milliards d’euros aux énergies renouvelables d’ici 2020 est largement insuffisant et ne permettra pas de réduire cet écart abyssal. »

« En tant que sponsor de la COP21, BNP Paribas ne peut pas se contenter d’engagements en demi-teintes. Elle doit annoncer l’arrêt de ses soutiens financiers à l’ensemble des centrales à charbon, où qu’elles soient, et publier un plan de sortie détaillé de ce secteur. Enfin, à terme, elle devra transférer l’ensemble de ses soutiens apportés aux énergies fossiles vers les énergies renouvelables et la transition énergétique.»

Contact

Marion Cosperec
Chargée des relations média
mcosperec@oxfamfrance.org
01 85 34 17 68 / 07 68 30 06 17

Notes aux rédactions

  1. Le 5 novembre dernier, Oxfam France, les Amis de la Terre France et Fair Finance France ont publié un rapport « Banques françaises : quand le vert vire au noir », mettant en lumière l’importance des soutiens aux énergies fossiles des grandes banques françaises, et notamment de BNP Paribas. Il est disponible ici : http://www.fairfinancefrance.org/media/60939/banques-fran%C3%A7aises-quand-le-vert-vire-au-noir_hd.pdf
  2. Rapport des Amis de la Terre et BankTrack « Charbon : l’argent sale des banques françaises » et voir le classement des banques internationales sur le site internet de Banktrack : www.coalbanks.org
  3. http://www.bnpparibas.com/actualites/presse/bnp-paribas-va-consacrer-15mds-au-financement-energies-renouvelables-renforcer-son
  4. Selon la base de données Global Coal Plant Tracker, 12% des centrales à charbon annoncées, en demande de permis ou permises depuis le 1er janvier 2010 se trouvent dans des pays dits à hauts revenus selon la nomenclature de la Banque mondiale.
  5. Le charbon n’est pas une solution concernant la lutte contre pauvreté, notamment énergétique, et  accroît les inégalités. Voir le rapport d’Oxfam France, Amis de la Terre et Fair Finance France : https://www.oxfamfrance.org/rapports/changement-climatique/charbon-mauvais-calcul-des-banques-francaises
;