Catherine Ashton en déplacement à Gaza : mettre un terme au blocus

Alors que la Haute Représentante pour les Affaires étrangères de l'Union européenne, Catherine Ashton, se prépare à visiter la bande de Gaza jeudi [18 mars 2010], Oxfam France l'appelle à traiter en priorité la levée du blocus israélien de Gaza.

La Haute Représentante pour les Affaires étrangères de l'Union européenne, Catherine Ashton, fait preuve de leadership en se déplaçant à Gaza, où elle pourra se rendre compte par elle-même de l'impact dévastateur du blocus sur la vie quotidienne de 1,5 million de Gazaouis. Après plus de 1 000 jours de blocus, l'économie de Gaza est au bord de l'effondrement, les conséquences sur les infrastructures d'eau et d'assainissement sont désastreuses et les Gazaouis tentent désespérément de gagner de quoi subvenir aux besoins de leurs familles. L'Union européenne, qui est le principal contributeur d'aide aux Palestiniens, a évoqué les violations des droits de l'homme commises dans la région à plusieurs reprises, mais n'est pas encore passée des discours aux actes.

« Plus de 4 milliards de dollars ont été promis en faveur de la reconstruction et du développement à la suite de l'opération militaire israélienne de l'année dernière, mais seule une petite partie de cette somme a été dépensée en raison de la politique de blocus israélienne. Le temps est venu pour la communauté internationale de coupler engagement financier et action concrète en insistant pour qu'Israël rouvre tous les points de passage« , déclare Nicolas Vercken d'Oxfam France.

Même si les autorités israéliennes ont le devoir de protéger leurs citoyens, elles ne peuvent punir tous les civils gazaouis par un blocus. Cela constitue une peine collective, qui est illégale au regard du droit international. L'Union européenne doit conditionner tout réhaussement des relations économiques et politiques avec Israël à la fin du blocus.

« Au moment où l'Union européenne s'efforce de bâtir une politique étrangère forte et unifiée, Lady Ashton doit envoyer un message clair à ses collègues du Quartet à Moscou, ainsi qu'aux ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne : ils ne doivent pas laisser le blocus achever sa troisième année. Cela constituera une étape vers une paix juste, durable et définitive au Proche Orient« , ajoute Nicolas Vercken.

Oxfam France avait également encouragé en novembre dernier Bernard Kouchner à tenir son engagement de se rendre à Gaza. Une telle visite serait plus que la bienvenue afin de remettre la situation dramatique des Gazaouis au cœur des préoccupations des dirigeants français. Elle constituerait un signal politique fort et courageux en faveur de la fin du blocus et l'application du Droit international humanitaire.

Conséquences de la politique de blocus imposée à Gaza :

– En moyenne, seuls 545 camions de fournitures humanitaires ont été autorisés à entrer dans Gaza chaque semaine au mois de février 2010 – ce qui représente seulement 41% de la moyenne hebdomadaire avant le blocus.

– En moyenne, seulement 688 tonnes de gaz domestiques ont pu entrer à Gaza chaque semaine en février 2010 selon les estimations – seulement 39% du besoin normal hebdomadaire, qui est de 1 750 tonnes.

– Seuls 87 camions chargés de fraises et de fleurs coupées ont reçu l'autorisation de sortir de Gaza depuis le 10 décembre 2009. La quasi-interdiction qui pèse sur les exportations a porté un coup sévère aux fermiers gazaouis. Avant le blocus, 70 camions exportaient des marchandises de Gaza chaque jour.

– Depuis janvier 2009, les forces navales israéliennes ont restreint l'accès des bateaux de pêche palestiniens à 3 miles nautiques de la côte ; en pratique, l'accès est parfois limité à un mile, ce qui rend presque impossible une pêche fructueuse.

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