COP21 – Paris s’éveille aux impacts du changement climatique

Dans son discours d’ouverture, François Hollande avait lui-même donné la grille de lecture permettant d’analyser les résultats de l’accord de Paris : la nécessité de contenir le réchauffement en dessous de 1,5 ou 2 degrés au plus à travers des révisions à la hausse immédiates et régulières des objectifs de réduction des émissions et l’importance de soutenir financièrement les populations les plus vulnérables.
Mais Paris n’est pas magique

Les discours parfois inspirés des chefs d’Etat lors de l’ouverture de la COP21 n’ont en effet pas survécu aux marchandages habituels des négociations climat.

« Il aurait été illusoire de penser que la COP21 allait répondre à tous les enjeux. La COP21 est une étape importante dans la lutte contre le changement climatique mais Paris n’est pas magique et l’accord ne nous donne pas les moyens de maintenir la hausse des températures en dessous des 1,5 degrés nécessaires pour protéger les populations les plus vulnérables des conséquences toujours plus désastreuses du changement climatique », déclare Romain Benicchio, porte-parole d’Oxfam France.

L’accord de Paris reconnait l’importance de mobiliser des financements au cours des 5 prochaines années pour aider les communautés impactées à s’adapter. Pourtant, il ne met pas en place d’objectif chiffré sur l’adaptation, seul à même de rééquilibrer les financements vers les plus vulnérables. En ce qui concerne la période suivante, après 2020, un vague objectif collectif de financements pourrait voir le jour d’ici à 2025. Encore une fois cependant, cet objectif n’est pas chiffré à ce stade, et aucun engagement spécifique sur l’adaptation, parent pauvre des négociations, n’a été défini.

Pour Romain Benicchio, « Seul le principe d’un nouvel objectif sur les financements climat a été acté, mais dans une formulation bien trop vague pour garantir qu’ils seront à la hauteur des besoins. Dans le même temps, cet accord, en ne donnant aucune garantie sur la nécessaire réduction des émissions à court terme, acte aussi l’augmentation du coût de l’adaptation pour les générations futures.
La mobilisation des financements va de fait grandement dépendre de la bonne volonté des donateurs dans les années à venir alors que les besoins financiers des pays en développement pour se protéger du changement climatique pourraient augmenter de plus de 50% sur la base de l’accord de Paris.»

Et 1, et 2, et 3 degrés…

La procrastination n’est donc pas une option et les gouvernements doivent revenir à la table des négociations avant l’entrée en vigueur de l’accord en 2020 afin de faire preuve de plus d’ambition sur les financements pour le climat et de réhausser le niveau d’ambition des objectifs de réduction des émissions de CO2 annoncés cette année.

« La lutte contre le changement climatique ne doit pas rester au stade du petit arrangement entre amis. Trop de gouvernements sont venus à Paris pour préserver leurs propres intérêts plutôt que celui de leur peuple. Notre rôle, ainsi que celui des millions de personnes qui ont marché pour la justice climatique dans des dizaines de villes à travers le monde, sera de forcer les gouvernements et les entreprises à répondre de leurs actes afin d’éviter un réchauffement climatique dramatique et de soutenir les populations les plus pauvres et les plus vulnérables. »

L’accord reconnait la spécificité des pertes et dommages vis-à-vis de l’adaptation, répondant ainsi à une demande des pays les plus vulnérables. Par contre, Il sera nécessaire de mieux étudier les conséquences de l’exclusion du principe de la responsabilité dans une autre partie du texte.

Les efforts pour conserver une mention forte aux droits humains dans le texte et assurer une aide particulière aux femmes, premières victimes du changement climatique n’ont qu’en partie payé, les deux éléments étant mentionnés, mais pas dans le cœur de l’Accord de Paris.
 

Contact

Sarah Roussel / 33 (0)6 51 15 54 38 / sroussel@oxfamfrance.org