Les actions fortes, nécessaires pour empêcher les changements climatiques de précipiter des millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté, n’ont pas été au rendez-vous de la COP24 qui se termine aujourd’hui à Katowice, d’après Oxfam France.

Pendant les négociations, qui ont piétiné pendant des jours en Pologne, les voix des dirigeants des pays se trouvant en première ligne des changements climatiques ainsi que de jeunes activistes pour le climat, se sont élevées afin de demander à l’ensemble des Etats de renforcer au plus vite les engagements qu’ils ont pris lors de la COP21. Mais le triste manque de courage des pays riches les plus émetteurs de CO2 a empêché la prise de décisions permettant de répondre à l’urgence de ces demandes.

Emilie Both, chargée de plaidoyer climat pour Oxfam France : « L’absence de prise d’initiative de la part de ceux qui portent la responsabilité, et ont le pouvoir, de limiter les impacts humains des changements climatiques, est une honte. Notamment après que de très larges mobilisations citoyennes partout dans le monde aient exprimé leur solidarité avec les Etats du Pacifique et d’autres régions vulnérables, et affirmé se tenir aux côtes des communautés qui prennent leur destin et leur survie entre leurs mains, avec les enfants qui hériteront d’une planète de plus en plus hostile, et tous ceux qui montrent la voie de l’action climatique. »

Le récent rapport du GIEC a apporté des preuves scientifiques alarmantes montrant à quel point un réchauffement au-delà de 1,5 °C serait dangereux pour chacun d’entre nous, mais constituerait surtout une question de vie ou de mort pour les populations les plus pauvres du monde. Limiter le réchauffement à 1,5 °C signifie 420 millions de personnes en moins exposées à des vagues de chaleur extrêmes, jusqu’à 39 % de personnes en moins affectées par des sécheresses, jusqu’à 457 millions de personnes en moins forcées de vivre dans la pauvreté.

« Nous avions besoin de pas de géants pour nous projeter pleinement dans la lutte contre les changements climatiques, mais nous assistons plutôt à un saut de puce. Il n’y a plus de temps à perdre pour que les pays qui ont la plus grande responsabilité dans le problème s’attellent enfin à la tâche. » ajoute Emilie Both.

Les gouvernements ont envoyé un signal positif en s’accordant sur un ensemble de recommandations permettant d’assurer des droits et offrir des solutions aux personnes déplacées – ou susceptibles de l’être – par les changements climatiques. Toutefois malgré cette avancée, des dizaines voire des centaines de millions de personnes supplémentaires risquent d’être forcées de quitter leur foyer et leurs terres si les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas accrus.

Des accords ont de plus été trouvés pour intégrer les pertes et dommages irréversibles causés par les changements climatiques dans le processus de bilan mondial mis en place par l’Accord de Paris. Mais la COP24 a échoué à inclure des engagements concrets pour permettre de mobiliser les milliards de dollars de financements supplémentaires nécessaires pour couvrir les coûts de ces pertes et dommages – enjeu critique pour les communautés vulnérables de par le monde.

La question du financement de l’action climatique dans les pays en développement a elle aussi donné lieu à des accords décevants. Les pays riches pourront continuer à comptabiliser le montant total des prêts qu’ils fournissent aux pays en développement, comme si ces prêts avaient la même valeur que des dons, alors qu’ils génèrent des dettes pesant sur les pays vulnérables. Pour Emilie Both « les décisions sur les financements climat ne permettent pas de renforcer la confiance sur le fait que des soutiens additionnels et adéquats bénéficieront à ceux qui en ont le plus besoin ».

Sur ce plan, la France a annoncé de nouveaux financements en faveur des fonds pour l’adaptation et pour les pays les moins avancés. « Ces contributions constituent un signal positif pour les plus vulnérables, mais les montants mis sur la table sont loin d’être suffisants et font même pâle figure par rapport aux soutiens annoncés par les autres pays. La France s’est notamment refusée à engager une nouvelle contribution sur le Fonds Vert et a préféré tourner autour du pot au lieu de suivre l’exemple de l’Allemagne ou de la Norvège qui ont doublé leur soutien en sa faveur ».

« C’en est assez. Pour que nous puissions continuer à espérer que ces négociations insufflent les changements nécessaires pour sauver des millions de vies, les représentants des Etats doivent, une fois rentrés chez eux, suivre la dynamique des nations les plus vulnérables et immédiatement travailler au renforcement de leurs engagements. Nous n’avons plus le luxe d’attendre ; tout mois perdu porte le risque d’accroître les impacts des changements climatiques pour les populations du monde entier », conclut Emilie Both.

Contact presse : Caroline Prak 06 31 25 94 74

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Emilie Both, chargée de plaidoyer climat pour Oxfam France : « L’absence de prise d’initiative de la part de ceux qui portent la responsabilité, et ont le pouvoir, de limiter les impacts humains des changements climatiques, est une honte. Notamment après que de très larges mobilisations citoyennes partout dans le monde aient exprimé leur solidarité avec les Etats du Pacifique et d’autres régions vulnérables, et affirmé se tenir aux côtes des communautés qui prennent leur destin et leur survie entre leurs mains, avec les enfants qui hériteront d’une planète de plus en plus hostile, et tous ceux qui montrent la voie de l’action climatique. »

Le récent rapport du GIEC a apporté des preuves scientifiques alarmantes montrant à quel point un réchauffement au-delà de 1,5 °C serait dangereux pour chacun d’entre nous, mais constituerait surtout une question de vie ou de mort pour les populations les plus pauvres du monde. Limiter le réchauffement à 1,5 °C signifie 420 millions de personnes en moins exposées à des vagues de chaleur extrêmes, jusqu’à 39 % de personnes en moins affectées par des sécheresses, jusqu’à 457 millions de personnes en moins forcées de vivre dans la pauvreté.

« Nous avions besoin de pas de géants pour nous projeter pleinement dans la lutte contre les changements climatiques, mais nous assistons plutôt à un saut de puce. Il n’y a plus de temps à perdre pour que les pays qui ont la plus grande responsabilité dans le problème s’attellent enfin à la tâche. » ajoute Emilie Both.

Les gouvernements ont envoyé un signal positif en s’accordant sur un ensemble de recommandations permettant d’assurer des droits et offrir des solutions aux personnes déplacées - ou susceptibles de l’être – par les changements climatiques. Toutefois malgré cette avancée, des dizaines voire des centaines de millions de personnes supplémentaires risquent d’être forcées de quitter leur foyer et leurs terres si les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas accrus.

Des accords ont de plus été trouvés pour intégrer les pertes et dommages irréversibles causés par les changements climatiques dans le processus de bilan mondial mis en place par l’Accord de Paris. Mais la COP24 a échoué à inclure des engagements concrets pour permettre de mobiliser les milliards de dollars de financements supplémentaires nécessaires pour couvrir les coûts de ces pertes et dommages – enjeu critique pour les communautés vulnérables de par le monde.

La question du financement de l’action climatique dans les pays en développement a elle aussi donné lieu à des accords décevants. Les pays riches pourront continuer à comptabiliser le montant total des prêts qu’ils fournissent aux pays en développement, comme si ces prêts avaient la même valeur que des dons, alors qu’ils génèrent des dettes pesant sur les pays vulnérables. Pour Emilie Both « les décisions sur les financements climat ne permettent pas de renforcer la confiance sur le fait que des soutiens additionnels et adéquats bénéficieront à ceux qui en ont le plus besoin ».

Sur ce plan, la France a annoncé de nouveaux financements en faveur des fonds pour l’adaptation et pour les pays les moins avancés. « Ces contributions constituent un signal positif pour les plus vulnérables, mais les montants mis sur la table sont loin d’être suffisants et font même pâle figure par rapport aux soutiens annoncés par les autres pays. La France s’est notamment refusée à engager une nouvelle contribution sur le Fonds Vert et a préféré tourner autour du pot au lieu de suivre l’exemple de l’Allemagne ou de la Norvège qui ont doublé leur soutien en sa faveur ».

« C’en est assez. Pour que nous puissions continuer à espérer que ces négociations insufflent les changements nécessaires pour sauver des millions de vies, les représentants des Etats doivent, une fois rentrés chez eux, suivre la dynamique des nations les plus vulnérables et immédiatement travailler au renforcement de leurs engagements. Nous n’avons plus le luxe d’attendre ; tout mois perdu porte le risque d’accroître les impacts des changements climatiques pour les populations du monde entier », conclut Emilie Both.

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