Davos : Le revenu annuel des 100 personnes les plus riches suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté

La croissance effrénée de la richesse et des revenus extrêmes, ainsi que sa concentration, exacerbent les inégalités et entravent la capacité du monde à combattre la pauvreté, affirme aujourd'hui Oxfam dans un rapport publié à l'occasion du Forum économique mondial de Davos, qui se tiendra du 23 au 27 janvier 2013.

Le revenu net des 100 milliardaires les plus riches s'élevait en 2012 à 240 milliards de dollars, ce qui suffirait à éradiquer quatre fois la pauvreté extrême, selon le rapport d'Oxfam intitulé "Le coût de l'inégalité : comment la richesse et les revenus extrêmes nous portent préjudice à tous". L'organisation exhorte les dirigeants mondiaux à endiguer les revenus extrêmes d'aujourd'hui et à s'engager à au moins ramener les inégalités au niveau de 1990. Ces vingt dernières années, les revenus du centième le plus riche de la population ont augmenté de 60 %, une évolution que la crise financière, loin de freiner, a contribué à intensifier. Le creusement démesuré de l'écart entre riches et pauvres est destructeur sur le plan politique et contre productif économiquement, il alimente les tensions sociales et accélère la destruction de l'environnement. Selon les estimations, les personnes appartenant au centile le plus riche de la population émettent jusqu'à 10 000 fois plus de CO2 que le citoyen américain moyen. Pour Sébastien Fourmy, d'Oxfam France : "Prétendre aujourd'hui que la création de richesses pour une poignée de privilégiés bénéficiera automatiquement au plus grand nombre est une mystification. La concentration des ressources entre quelques mains affaiblit l'activité économique et se fait au détriment de toutes les autres personnes, en particulier au bas de l'échelle économique." Oxfam ajoute que les dirigeants mondiaux devraient tirer les enseignements des progrès actuels observées dans des pays tels que le Brésil, qui a connu une croissance rapide accompagnée d'une baisse certaine des inégalités. "Réunis en Suisse à l'occasion du forum de Davos, le gratin de la finance internationale et de nombreux responsables politiques doivent ouvrir les yeux : les plus riches tirent profit d'un système économique mondial biaisé qui ne joue qu'en leur faveur, en particulier dans les paradis fiscaux et judiciaires." La fermeture des paradis fiscaux, qui abriteraient 32 billions de dollars, soit un tiers de la richesse mondiale, pourrait générer un supplément de recettes fiscales de 189 milliards de dollars. Outre la lutte contre les paradis fiscaux, Oxfam agit actuellement au sein des organisations internationales afin : – d'inverser la tendance actuelle à la promotion de systèmes fiscaux régressifs ; – d'instaurer un taux minimum d'imposition des sociétés à l'échelle mondiale ; – de favoriser et stimuler les revenus des populations les plus pauvres ; – d'accroître des investissements en faveur de services publics gratuits et de la protection sociale. Contact presse :
Pierre Motin, Oxfam France 01 77 35 76 10 / 06 12 12 63 94 pmotin@oxfamfrance.org

Note aux rédactions

– Télécharger le rapport (en anglais) "Le coût de l'inégalité : comment la richesse et les revenus extrêmes nous portent préjudice à tous"


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