Une analyse inédite d’Oxfam France souligne les impacts de l’enchaînement des crises climatiques cet été en France. Si l’ensemble de la population souffre de l’été catastrophique, les canicules à répétition, les incendies dévastateurs et les pénuries d’eau sont particulièrement graves pour des personnes déjà vulnérables, comme le révèlent ces nouvelles données inédites. Oxfam France propose onze solutions d’urgence pour protéger la population de ces risques aggravés par le changement climatique, dont l’interdiction de louer des logements sans volets ou brasseur d’air.

D’après les données les plus récentes analysées par Oxfam France, les feux de forêt ont déjà brûlé six fois plus de terres depuis le début de l’année par rapport à la moyenne des vingt dernières années*, les températures ont dépassé les 35 °C dix fois plus fréquemment par rapport à un été moyen des années 2000 à Paris*, 86 % des établissements scolaires ont été confrontés à au moins un épisode de vigilance rouge pour canicule en juin* et 99 des 101 départements sont concernés par des restrictions d’eau.

Cet été n’est aucunement inattendu, car tous les indicateurs confirment que les catastrophes climatiques s’aggravent déjà depuis plusieurs années à cause du changement climatique. Sur les trois dernières années, déjà, les restrictions d’eau ont été deux fois plus fréquentes par rapport à la moyenne d’il y a encore dix ans *. Jusqu’à présent, cependant, tous les signaux d’alerte ont été ignorés, exposant la population à des catastrophes toujours plus destructrices et fréquentes. Face à l’inaction de l’Etat, Oxfam France propose aujourd’hui des mesures d’urgence pour protéger la population, dont l’interdiction de louer des logements dépourvus de volets ou de brasseurs d’air, l’interdiction de l’épandage de pesticides dans les zones de captage d’eau pour sécuriser l’accès à l’eau malgré les sécheresses à répétition et la fin des investissements dans les énergies fossiles pour toutes les entreprises françaises.

L’inaction climatique creuse encore les inégalités, car les menaces sont particulièrement graves pour des personnes déjà vulnérables. Oxfam France révèle ainsi que parmi les logements existants, la part des passoires thermiques est plus de deux fois plus élevée dans les 10 % des communes les plus pauvres par rapport aux 10 % des communes les plus riches*. C’est pourquoi les canicules entraînent des conséquences profondément inégales : au cours de l’été dernier, par exemple, l’impact de la chaleur sur la mortalité était 31 % plus important dans les dix départements les plus pauvres par rapport aux dix départements les plus riches.

Robin Ehl, chargé de campagne et de plaidoyer pour Oxfam France, dénonce : « Ni l’enchaînement de catastrophes, ni l’inaction préjudiciable du Gouvernement ne sont une fatalité. Aujourd’hui, Oxfam propose onze mesures concrètes qui peuvent immédiatement protéger la population. Le Gouvernement doit enfin agir, car la protection de la population n’est pas une option, mais un devoir. » Parmi les mesures présentées dans le plan d’urgence, Oxfam France propose un droit de retrait rémunéré dès que les températures sur le lieu de travail deviennent dangereuses pour la santé ou d’interdire la location de tous les logements dépourvus de volets ou de brasseurs d’air.

Robin Ehl, s’indigne : « Personne ne souhaite de vivre un été comme nous sommes en train de le vivre. Pourtant, certains y travaillent avec acharnement : les émissions de gaz à effet de serre des plus riches et les grandes entreprises pétrolières continuent d’alimenter le changement climatique, et d’en tirer profits. Il faut urgemment accélérer la transition juste. »

11 mesures d’urgence d’Oxfam France

  1. Instaurer un droit de retrait rémunéré pour chaleur dangereuse sur le lieu de travail, dans des conditions négociées avec les partenaires sociaux.
  2. Interdire, dès 2027, la location de logements dépourvus de volets et de brasseurs d’air inadaptés aux canicules plus fréquentes, intenses et longues.
  3. Rénover tous les logements mal isolés avant 2035.
  4. Convertir des bâtiments publics en refuges de fraîcheur en commençant par les écoles et les hôpitaux.
  5. Garantir l’accès à l’eau, en commençant par préserver toutes les zones humides restantes et en interdisant l’épandage de pesticides dans les zones de captage d’eau potable.
  6. Renforcer les moyens de la Sécurité civile pour revenir a minima au niveau des années 2000, notamment grâce à l’acquisition des 1246 camions citernes feux de forêt perdus entre-temps et le recrutement massif de sapeurs·euses-pompiers·ières.
  7. Systématiser la prise en compte des conditions climatiques futures dans l’ensemble des politiques d’aménagement et d’urbanisme en conditionnant chaque révision à une prise en compte des conditions climatiques futures.
  8. Réduire progressivement les subventions publiques et avantages fiscaux favorisant les énergies fossiles qui atteignent autour de 20 milliards d’euros par an.
  9. Interdire le lobbying des entreprises des énergies fossiles.
  10. Développer massivement l’offre de transports publics grâce à au moins quatre milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an.
  11. Mettre fin au financement de l’expansion des énergies fossiles en interdisant aux entreprises françaises et acteurs financiers français de financer de nouveaux projets d’extraction, de production ou d’infrastructures fossiles.

Notes aux rédactions

  • Le plan d’urgence, avec le détail des 11 mesures, est disponible en ligne.
  • Les données marquées par un astérisque (*) reposent sur des analyses d’Oxfam France dont la méthodologie est expliquée dans la note méthodologique.
  • En juillet 2026, Oxfam France a dénoncé la hausse spectaculaire des profits de six géants pétroliers dont les bénéfices devraient doubler au deuxième trimestre 2026 par rapport au deuxième trimestre 2025.
  • En juin 2026, Oxfam France a publié un rapport alertant sur les conséquences du changement climatique sur la santé. Il souligne, entre autres, l’impact des fumées des feux de forêt sur la santé respiratoire et alerte sur le fait que l’impact de la chaleur sur la mortalité est encore plus élevé dans les départements pauvres.
  • En juin 2025, Oxfam France a publié, avec Ghett’Up, un rapport soulignant les bénéfices de la rénovation thermique des logements mal isolés, ce qui permettrait, en particulier, d’éviter jusqu’à 9,6 milliards d’euros de coûts sociaux par an.

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