G20 agricole : Nicolas Sarkozy entendra-t-il les demandes des agriculteurs du Sud ?

A quelques jours de l'ouverture du G20 agricole, les 22 et 23 juin prochain, Nicolas Sarkozy prendra demain la parole lors de la réunion de la FNSEA, dite le « G120 », qui rassemble à Paris plusieurs centaines de responsables d'organisations agricoles, notamment de pays en développement.

Oxfam France demande à Nicolas Sarkozy et aux organisateurs de ce « G120 » d'entendre les agriculteurs des pays en développement qui représentent la majorité des victimes de la faim. A quelques jours du G20 agricole, l'organisation publie aujourd'hui une nouvelle enquête sur la nourriture menée au niveau mondial qui souligne que depuis deux ans, la hausse des prix alimentaire pousse les populations à modifier leurs habitudes alimentaires.

« Les trois-quarts des victimes de la faim sont des paysans. Pour être à la hauteur des ambitions affichées depuis un an sur le G20 agricole, Nicolas Sarkozy et les ministres de l'agriculture du G20 doivent, la semaine prochaine, annoncer des mesures fortes pour réguler les marchés des matières premières, réformer les politiques biaisées concernant les agrocarburants, investir dans l'agriculture paysanne des pays en développement et les aider à s'adapter au changement climatique. Les syndicats tels que la FNSEA doivent également soutenir ces mesures », explique Jean-Cyril Dagorn, d'Oxfam France.

Demain, le Président français doit réaffirmer qu'une des clefs de la crise alimentaire mondiale actuelle réside dans le soutien à l'agriculture paysanne et familiale, à travers les organisations de producteurs et les organisations de femmes, qui doivent être au cœur de l'action de la communauté internationale sur l'agriculture et l'alimentation.

« Les récentes crises alimentaires ont prouvé aux Etats que l'agriculture est le moteur de nos économies. Les politiques agricoles pour produire de la nourriture au niveau local doivent être renforcées avec l'implication de tous les acteurs, y compris les organisations paysannes. Le G20 doit porter ce message au lieu de fixer les règles mondiales que les populations africaines subissent », ajoute Djibo Bagna, Président du ROPPA (le Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest), présent à Paris pour participer aux travaux du Club du Sahel sur la volatilité des prix agricoles, et qui sera présent au G120.

Les pays du G20 pèsent 54% des surfaces agricoles dans le monde, 65% des terres arables et 77% de la production mondiale de céréales en 2008. Ils ont donc une responsabilité particulière dans les crises alimentaires successives depuis 2007 et sur l'évolution des prix au niveau international, alors que les pays les plus vulnérables subissent les contrecoups de choix politiques et économiques sur lesquels ils n'ont pas été consultés.

« Aux quatre coins du monde, les populations modifient leurs habitudes alimentaires à cause de la hausse des prix. Le G20 doit sortir de sa tour d'ivoire et écouter les voix des victimes de ses politiques de libéralisation favorables à une agriculture intensive destructrice d'emplois, d'écosystèmes et du tissu social rural« , poursuit Jean-Cyril Dagorn. « La majorité des personnes interrogées pour cette nouvelle étude expliquent ne pas manger la même nourriture qu'il y a deux ans, c'est-à-dire avant le début de l'actuelle crise des prix alimentaires ».

Au Kenya par exemple, 76% des personnes interrogées déclarent avoir changé d'alimentation et 79% d'entre elles accusent les prix alimentaires élevés d'avoir provoqué ce changement. Au Royaume-Uni, sur les 46% de personnes ayant déclaré avoir changé leurs habitudes alimentaires, 41% déclarent l'avoir fait suite à la hausse des prix alimentaires.

Des entretiens additionnels menés par Oxfam confirment que de nombreuses personnes dans les pays en développement mangent moins, achètent des produits moins chers, ou mangent de la nourriture moins diversifiée à cause de la hausse des prix alimentaires. Les femmes ont tendance à être plus affectées par la hausse des prix alimentaires car elles sont plus souvent responsables de nourrir leurs familles.

Notes

– Le « G120 » organisé les 16 et 17 juin par la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire français, verra la participation d'un nombre d'organisations agricoles étrangères pour discuter de problématiques liées à l'agenda des discussions du G20 agricole.

– L'enquête d'opinion a été menée par l'institut de sondages GlobeScan pour Oxfam dans 17 pays : l'Australie, le Brésil, l'Allemagne, le Ghana, le Guatemala, l'Inde, le Kenya, le Mexique, les Pays-Bas, le Pakistan, les Philippines, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Espagne, la Tanzanie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
_ Au total, 16 421 ont été interviewés soit sur internet, soit par téléphone, soit lors d'entretiens individuels, entre le 6 avril et 6 mai 2011.
L'ensemble des résultats de l'enquête est disponible sur demande.

– Détails des résultats de l'enquête d'opinion en ce qui concerne le changement de régime alimentaire (tous les chiffres sont exprimés en pourcentage) :































































































PaysPourcentage de personnes qui ne mangent plus la même nourriture qu'il y a deux ansPourcentage de personnes qui ont changé leurs habitudes alimentaires à cause de la hausse des prix de la nourriturePourcentage de personnes qui ont changé leur régime alimentaire suite à des préoccupations concernant leur santé
Global533933
Kenya75794
Afrique du Sud693747
Mexique655426
Guatemala614826
Australie623936
Inde561359
Pakistan574432
Russie573112
Etats-Unis553149
Brésil553431
Tanzanie474921
Espagne464529
Royaume-Uni464136
Ghana423238
Philippines422656
Allemagne372532
Pays-Bas363018


 
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