G20 de Cannes : thématiques de travail d’Oxfam France

A quelques jours de l’ouverture du sommet de Cannes, et malgré une actualité dominée ces derniers jours par la crise de la zone Euro, Oxfam France souligne que, comme les pays du G20 l’avaient eux-mêmes affirmé l’an dernier à Séoul, la crise financière « touche les populations les plus vulnérables des pays pauvres de façon disproportionnée ». Les dirigeants du G20, qui avaient reconnu leur « responsabilité » en la matière seront attendus sur ce sujet la semaine prochaine.

Depuis l’an dernier, les flux d’aide au développement ont continué de baisser et les pays riches ne versent pas la moitié des sommes sur lesquelles ils se sont engagés. Face au changement climatique, dont les populations les plus vulnérables sont les premières victimes, et aux défis de la lutte contre la pauvreté, les pays en développement ont besoin de nouvelles sources innovantes de financements et d’accroitre leurs recettes fiscales.

Enfin, alors que des millions de personnes dans la Corne de l’Afrique continuent de souffrir de la faim, Oxfam estime que les prix des denrées alimentaires pourraient doubler au cours des 20 prochaines années et que, si rien n’est fait, la volatilité des prix continuera de frapper surtout les ménages les plus pauvres.

Face à ce constat, Oxfam France attend des avancées concrètes à l’occasion du G20 sur les quatre dossiers suivants :

La Taxe sur les transactions financières (TTF ou « taxe Robin des bois »)

Conformément à l’engagement pris par Nicolas Sarkozy pour la France, une coalition de pays pionniers, la plus large possible, doit, sans attendre l’unanimité européenne ni celle des pays membres du G20, s’engager en faveur de l’instauration immédiate d’une taxe sur les transactions financières. Les revenus de cette taxe doivent être affectés au développement et à la lutte contre le changement climatique, une idée également soutenue par Bill Gates qui remettra son rapport sur le financement du développement, au G20 la semaine prochaine.
_ Selon les estimations d’Oxfam, une taxe infime de 0,05% sur les transactions financières au niveau mondial pourrait rapporter jusqu’à 400 milliards de dollars par an. En France, selon une étude récente, une telle taxe établie au seul niveau national pourrait rapporter 12 milliards d’euros par an.

Une taxe sur le carbone émis par le transport maritime international

Un Fonds vert pour le Climat a bien été créé à Cancun l’an dernier mais, alors que les pays riches se sont engagés à trouver 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020, ses caisses demeurent vides.
_ Un accord relatif à un « juste prix du carbone » sur les navires, permettant de réduire les émissions du secteur et de générer 25 milliards de dollars par an pour financer la lutte contre le changement climatique dans les pays pauvres, est possible.
_ Lors de la récente réunion ministérielle du G20 Finances, l’Afrique du Sud et la France ont cosigné une lettre à leurs homologues mettant en avant le besoin de progrès réels à Cannes sur ce sujet. Dans la perspective des négociations des Nations unies sur le climat à Durban, en Afrique du Sud en décembre prochain, un tel signal sera essentiel.

Le combat contre les paradis fiscaux

En 2009, au sommet du G20 de Londres, les responsables politiques avaient promis d’en finir avec les paradis fiscaux. À Séoul, l’an dernier, ils avaient évoqué la nécessité d’aider les pays en développement à accroître leurs recettes fiscales.
_ Malgré ces promesses, les progrès sont désespérément lents. Chaque année, pour un euro d’aide internationale donné aux pays en développement, on estime que ce sont dix euros qui s’évadent de ces mêmes pays, principalement vers les paradis fiscaux.
_ Pour Oxfam, le G20 doit exercer une forte pression politique sur les paradis fiscaux pour les rendre plus transparents et aider les pays en développement à recouvrir leurs recettes fiscales. Il doit également exiger des utilisateurs des paradis fiscaux, notamment la grande majorité des entreprises multinationales et banques de leurs propres pays, de justifier leur présence dans ces territoires et, par un système de déclarations pays par pays, mettre enfin à leur agenda la transparence des comptes des entreprises multinationales.

La lutte contre la volatilité des prix alimentaires

En 2009, le G20 s’était déjà penché sur les fluctuations des prix des matières premières. Deux ans plus tard, les marchés des produits dérivés agricoles, déréglementés et opaques, sont devenus une menace croissante contre la sécurité alimentaire mondiale. Ils attirent en masse les fonds spéculatifs et autres investisseurs sans aucun intérêt dans le commerce réel des denrées, tandis que les ménages pauvres consacrent jusqu’aux trois quarts de leurs revenus à la nourriture.
_ Malgré l’objectif affiché par la présidence française de bâtir cette année un consensus autour de la nécessité d’encadrer les marchés alimentaires, les ministres de l’agriculture ayant largement savonné la planche de leurs dirigeants, à la veille du G20 un accord sur des mesures concrètes sur le sujet est encore loin.
_ Pourtant, le renforcement de la transparence des marchés physiques et financiers et une réglementation des échanges de produits dérivés agricoles pour empêcher les abus et manipulations de marché par une poignée de spéculateurs sont indispensables.

Notes aux rédactions

– Les porte-paroles d’Oxfam seront disponibles pour des interviews à Cannes et à Paris pendant toute la semaine du sommet.

oir également le dossier de presse Oxfam, détaillant les quatre dossiers ci-dessu

– Les grosses têtes d’Oxfam seront aussi de la partie : éléchargez le programme des actions Oxfam la semaine du G20

– Oxfam France participe activement à la coalition Mobilisations G8-G20, qui réunit une trentaine d’organisations citoyennes, associations, syndicats, mouvements sociaux et citoyens. La manifestation internationale de la société civile aura lieu le 1er novembre, à Nice, avec pour mot d’ordre « Les peuples d’abord, pas la finance ! ».
_ Une cinquantaine de militants d’Oxfam France, venus à bord du G20 Express, bus spécialement affrété pour l’occasion, viendront porter les couleurs de la Taxe Robin des Bois dans le cortège.

-Oxfam France participe aussi à l’alter-sommet, du 2 au 4 novembre à Nice, en organisant des ateliers et des évènements militants et citoyens : voir le programme sur le ite de la coalition Mobilisations G8-G2

[Retrouvez toutes les dernières informations sur notre page spéciale G20->G20-2011-des-actes,1193]

[L’équipe d’Oxfam sur twitter->http://twitter.com/#!/oxfamfrance/g20]

Contact presse Oxfam France

Magali Rubino : 06 30 46 66 04 / [mrubino@oxfamfrance.org->mailto:mrubino@oxfamfrance.org]
_ (à Cannes du 1er au 5 novembre)

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