La dépendance du G7 au charbon coûtera 84 milliards de dollars par an à l’Afrique d’ici la fin du siècle

Oxfam révèle aujourd'hui dans son nouveau rapport « Qu'ils mangent du charbon ! » comment les centrales à charbon implantées dans les pays du G7 risquent de coûter au monde 450 milliards de dollars par an d'ici la fin du siècle. Grands consommateurs de l'énergie fossile la plus polluante, les pays du G7 ont recours au charbon dans des quantités gigantesques, alourdissent la facture climatique et mettent directement en péril la vie des populations les plus vulnérables. La France – très nucléarisée – possède le moins de centrales à charbon sur son territoire, mais porte une part importante de responsabilité, puisqu'elle continue à produire et à exporter massivement du charbon, notamment via ses entreprises à capital public comme EDF et Engie.

Dans son rapport, Oxfam révèle que les dommages causés par les émissions de gaz à effet de serre liées à la combustion du charbon dans les pays du G7 coûteront à l'Afrique 84 milliards de dollars par an d'ici la fin du siècle. C'est 60 fois le montant de l'aide à l'agriculture et à la production agricole que l'Afrique reçoit actuellement du G7. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a notamment prédit qu'à l'échelle du continent, les productions de céréales risquent de diminuer de 35 % d'ici le milieu du siècle [2]. Et repousser de plusieurs dizaines d'années le combat pour éradiquer la faim.

À l'échelle mondiale, le charbon représente près des trois quarts (72 %) des émissions générées par le secteur de l'électricité et, si plus de la moitié du charbon est actuellement consommé dans les pays en développement, les pays du G7 en brûlent des quantités considérables. Si l'ensemble des centrales à charbon du G7 formait un pays, il se classerait au cinquième rang des plus grands émetteurs mondiaux. Ces centrales génèrent deux fois plus d'émissions d'origine fossile que l'ensemble du continent africain et dix fois plus que les 48 pays les moins avancés. 
 
Selon Oxfam, les chefs d'État et de gouvernement du G7, qui se réunissent en Allemagne à partir de demain, doivent se détourner du charbon pour privilégier les énergies renouvelables, une alternative propre, plus sûre et maintenant plus compétitive, qui permettrait de créer des millions d'emplois à travers le monde. Cette exigence s'impose afin de rester sous la barre des 2 °C de réchauffement de la planète.
 
Présent au G7Nicolas Vercken, directeur Plaidoyer Etudes d'Oxfam France  commente  « A moins de six mois de la COP, les pays du G7 doivent être leaders dans l'abandon des énergies fossiles à travers le monde en commençant par mettre un terme à leur propre dépendance au charbon ». Il précise : « Il est temps que les dirigeantes et dirigeants du G7 prennent conscience que leurs politiques énergétiques aggravent la faim dans le monde. Cette décision pourrait donner l'impulsion nécessaire à la lutte mondiale contre le changement climatique et marquerait une étape importante sur la voie de la justice climatique. La France peut être le premier pays du G7 à sortir complètement du charbon, dès 2020 : elle doit s'y engager dès maintenant, et montrer la voie à ses partenaires en amont de la COP. » 
 
La France, en tant que présidente de la COP21, doit se monter exemplaire. « En France,  la consommation de charbon ne représente que 4 % du mix énergétique, mais au niveau mondial, elle continue de soutenir des projets de centrales à charbon à l'étranger  via ses entreprises à capital public. EDF, dont l'Etat est actionnaire, détient deux centrales au Royaume-Uni qui ont émis 20 millions de tonnes de CO2 en 2013, soit un quart des émissions d'EDF dans le monde et près de 13 % des émissions du Royaume-Uni liées à la production électrique », explique Armelle Le Comte, chargée des questions climat et énergie à Oxfam France. « En tant que futur président de la conférence climat, nous attendons de François Hollande qu'il réaffirme la nécessité d'un avenir sans énergies fossiles. » [3]
 
Oxfam appelle également les pays du G7 à honorer l'engagement qu'ils ont pris de conjointement mobiliser 100 milliards de dollars par an d'ici 2020. L'organisation tient en outre à ce que les pays du G7 progressent dans la mobilisation de financements publics au cours des cinq prochaines années et augmentent la part des financements consacrés à l'adaptation.
 
Contact presse :
Caroline Prak – Oxfam France :  06 30 46 66 04 – cprak@oxfamfrance.org
Twitter : @carolineprak
 
Notes aux rédactions :
 

Contact

Caroline Prak – Oxfam France :  06 30 46 66 04 – cprak@oxfamfrance.org
Twitter : @carolineprak
 

Notes aux rédactions

Pour plus d'informations, Nicolas Vercken, directeur Plaidoyer Etudes Oxfam France sera présent au G7 du vendredi 5 juin au lundi 8 juin. Il est disponible et joignable pour des interviews :
Tél. français : 07 87 49 59 26 Tél. allemand : +49 1577 0691495.
 
Les coûts liés à la consommation de charbon du G7 sont basés sur de nouveaux calculs réalisés à la demande de Climate Analytics, selon son scénario supposant que tous les États appliquent les politiques actuellement en vigueur, ce qui mènerait à un réchauffement climatique de 3,7 °C à l'horizon 2100. Afin d'isoler le réchauffement imputable aux centrales au charbon des pays du G7, ce modèle a été utilisé après élimination des émissions issues de la production d'électricité à partir de charbon dans les pays du G7 depuis 1970 (c.-à-d. en supposant que les centrales électriques sont remplacées par une technologie neutre en carbone). Cela a donné l'effet des émissions liées au charbon consommé par les pays du G7 sur la température de la planète. Climate Analytics a ensuite calculé le coût de l'adaptation et le coût des dommages résiduels (ensemble, ceux-ci correspondent au total des coûts économiques imputables au changement climatique) pour la part du réchauffement causé par les centrales au charbon des pays du G7. 
 
[1] Ce rapport a le soutien de nombreux spécialistes du climat, du monde des affaires et du secteur du développement, dont : Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, Nick Molho, directeur général du Groupe Aldersgate. Mais aussi de leaders du monde politique, des affaires et de la société civile, comme Sharon Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, et Dessima Williams, ancienne ambassadrice de la Grenade aux Nations unies et ancienne présidente de l'Alliance des petits États insulaires. 
 
[2]GIEC (2014), Résumé : chapitre 7. Sécurité alimentaire et systèmes de production alimentaires, « changements climatiques 2014 : conséquences, adaptation et vulnérabilité », contribution du groupe de travail II au 5e rapport d'évaluation du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, New York.
 
[3] Oxfam France et les Amis de la Terre ont publié en mai 2015 le rapport « Emissions d'Etat  – comment les centrales à charbon d'EDF et Engie réchauffent la planète » : https://www.oxfamfrance.org/rapports/changement-climatique/emissions-etat-charbon-edf-engie L'empreinte carbone de la France à l'étranger est sept fois plus élevée que son empreinte carbone sur son territoire du fait des activités d'EDF, Engie et des banques françaises.
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