La réforme du FMI doit avant tout soutenir les pays les plus pauvres

Les Assemblées du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, en fin de semaine à Washington, seront l’occasion de faire le point sur les engagements pris lors du sommet du G20, le 2 avril à Londres : sur le rôle du FMI dans la régulation économique et financière mondiale, mais surtout sur les plans de soutien aux pays les plus pauvres.

Oxfam France rappelle que la situation est critique dans ces pays. Sans une action urgente, des centaines de millions de personnes supplémentaires vont tomber dans l’extrême pauvreté et un trait sera tiré sur les récentes avancées en matière de développement, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Selon le FMI, l’ampleur de la crise à venir dans 22 pays parmi les plus vulnérables nécessite un plan de sauvetage d’au moins 25 milliards de dollars. Cela représente la moitié de l'aide au développement supplémentaire promise par le G8 et jamais honorée depuis 2005, mais aussi la moitié des sommes détournées par Bernard Madoff.

« La vente d’une partie des stocks d’or du FMI, promise lors du G20, au profit des pays les plus pauvres doit être confirmée lors de ces réunions du FMI et de la Banque mondiale. Mais elle ne doit en aucun cas être liée à des exigences d’austérité budgétaire. Face à la crise, les pays pauvres ont plus que jamais besoin de soutenir les investissements dans les secteurs de la santé et de l’éducation, et non de nouveaux plans d’ajustement structurel » déclare Sébastien Fourmy d’Oxfam France.

L’augmentation des ressources du FMI et son mandat de “superviseur” mondial, annoncés lors du G20, imposent un plan ambitieux et immédiat pour réformer cette institution. Le FMI doit tout d’abord rompre définitivement avec les conditionnalités d’ajustement structurel en contrepartie de l’accès à ses ressources. Ensuite, le fonctionnement du FMI doit être revu entièrement pour véritablement changer les rapports de force et enfin donner aux pays en développement une vraie place au sein de l’institution.

« Le triplement possible de ses ressources ne doit en aucun cas être un chèque en blanc : avant de revenir sur le devant de la scène, le FMI doit être réformé de fond en comble. Les pays de l’Union européenne détiennent huit des vingt-quatre sièges du Conseil d’administration du FMI. La France y pèse plus que les 43 pays d’Afrique subsaharienne, la Belgique plus que l’Inde et l’Italie à peine moins que la Chine ! Une correction à la marge des droits de vote sera insuffisante. Toute réforme du FMI doit s’attaquer au droit de veto des Etats-Unis et à la mainmise des pays européens au Conseil d’administration » ajoute Sébastien Fourmy.

L’ampleur des crises actuelles appelle des règles du jeu strictes ainsi qu’une solidarité internationale accrue, et surtout des institutions internationales fortes pour faire respecter ces règles et assurer une redistribution des richesses au niveau mondial. A vouloir mettre les institutions de Bretton Woods au premier plan, sans remettre à plat leur mandat et leur fonctionnement respectifs, les pays du G20 ne feraient que perpétuer le statuquo, très loin de la refonte du système financier international tant annoncée. Les Assemblées du FMI et de la Banque mondiale cette semaine devront impérativement faire mentir ce pronostic.

Note aux rédactions :
Sébastien Fourmy, directeur du plaidoyer d'Oxfam France est actuellement à Washington et disponible pour des interviews.

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