Oxfam France salue l’avis historique de la Cour de justice internationale (CJI) qui reconnaît que les États doivent intensifier leurs efforts pour réduire les émissions et protéger les populations des impacts du changement climatique, tant au Nord qu’au Sud. La justice internationale reconnaît ainsi que les Etats doivent réparer les dégâts causés par le changement climatique.
Oxfam est fier d’avoir soutenu des jeunes défenseurs·euses du climat du Pacifique et d’ailleurs qui ont mené un combat courageux qui l’a amené d’une salle de classe de Vanuatu jusqu’à la plus haute juridiction au monde. Leur victoire, aujourd’hui, est une victoire pour l’ensemble de la planète et pour la justice climatique.
L’avis de la Cour de justice internationale renforce les obligations des États en matière de réduction des gaz à effet de serre, en affirmant que tous doivent agir pour protéger les droits humains. Les pays riches, en particulier, ont la responsabilité d’accélérer leurs efforts afin de respecter l’objectif de 1,5 °C de l’Accord de Paris. Oxfam plaide depuis longtemps pour une sortie des énergies fossiles, et l’avis confirme désormais qu’un État qui s’abstient de prendre les mesures nécessaires — notamment en poursuivant la production, l’exploration ou le subventionnement des combustibles fossiles — pourrait être tenu responsable d’un manquement à ses obligations internationales.
Les pays riches, dont la France, doivent soutenir financièrement les pays du Sud pour qu’ils puissent réduire leurs émissions. Dans son avis, la Cour reconnaît effectivement que les pays riches ont une obligation légale d’aider les pays du Sud à s’adapter aux conséquences du changement climatique. L’avis a rappelé que ce soutien n’est pas facultatif, mais qu’il découle du droit international.
La CJI offre ainsi un outil puissant précieux qui permet d’exiger des Etats qu’ils respectent leurs obligations, notamment pour protéger les populations les plus vulnérables. Nous saluons que la Cour de justice ait rejeté les arguments de plusieurs pays qui insistent sur une interprétation minimaliste de l’Accord de Paris et qu’elle ait reconnu que les paus doivent agir pour protéger les droits humains menacés par le changement climatique.
Oxfam France espère que les négociations de la COP30 à Belém au Brésil permettront de définir des engagements ambitieux de réduction de gaz à effet de serre et que les pays riches s’engageront à financer massivement les actions climatiques dans les pays du Sud.
Selma Huart, chargée de campagne et de plaidoyer pour Oxfam France analyse : « C’est la fin du déni. Cet avis rappelle que les États, dont la France, sont juridiquement tenus d’agir face à la crise climatique. La France ne peut plus se contenter de demi-mesures. À rebours des arbitrages budgétaires actuels, elle doit engager des investissements massifs dans une transition écologique juste, qui place les plus vulnérables au cœur de l’action, à la fois sur son territoire et en soutenant les pays les plus vulnérables. »
Robin Ehl, chargé de campagne et de plaidoyer pour Oxfam France salue l’avis : « La France ne doit pas faire des économies avec les droits humains. Pour protéger les personnes les plus vulnérables, elle doit augmenter ses subventions aux pays du Sud afin qu’ils puissent s’adapter à un climat toujours plus hostile et dangereux. »
Contacts presse :
Selma Huart – Chargée de campagne et plaidoyer – Transition juste
shuart@oxfamfrance.org · +33 6 85 26 01 08
Robin Ehl – Chargé de campagne et plaidoyer adaptation juste au changement climatique
rehl@oxfamfrance.org · +33 6 23 47 09 18
Notes aux rédactions
- Oxfam soutient l’association à l’origine de l’avis, l’association des étudiants des îles du Pacifique qui luttent contre le changement climatique depuis 2022. Oxfam a appuyé leur démarche qui visait à convaincre l’Assemblée générale des Nations Unies de saisir la Cour pour l’avis rendu aujourd’hui. En mars 2024, Oxfam a soumis une déclaration écrite à la Cour de justice internationale pour montrer dans quelle mesure les obligations en matière de droits humains dépassent les frontières des pays et pour exposer les conséquences de ces obligations pour l’action climatique. Oxfam a également contribué à un avis juridique référencé par plusieurs Etats dans leurs contributions produites devant la cour, les principes de Maastricht sur les droits humains des générations futures.
- L’avis souligne les obligations des Etats à protéger la population des impacts du changement climatique et pourrait influencer la décision du Conseil d’Etat qui doit rendre une décision sur la deuxième Affaire du siècle. Dans cette affaire, des sinistré·es climatiques, accompagné·es par Oxfam France, Greenpeace France et Notre Affaire à tous, attaquent l’Etat pour exiger une meilleure protection face aux conséquences du changement climatique.
- Oxfam a montré que les pays riches sur-estiment largement leur contribution financière destinée à financer l’action climatique des pays du Sud. Alors que l’objectif pour 2020 était d’atteindre 100 milliards de dollars, les engagements n’ont pas dépassé les 24,5 milliards de dollars. La France se démarque par sa part importante de prêts : seulement 11 % de ces engagements entre 2019 et 2020 étaient des dons, alors que les pays du Sud bénéficiaires souffrent déjà du surendettement.
