Les analyses et les engagements sont là, mais les moyens ne suivent toujours pas

Réaction d’Oxfam France aux vœux du Président de la République devant le corps diplomatique

« François Hollande a bien identifié les principaux défis devant nous : climat, développement de l’Afrique, santé mondiale, crises humanitaires et crise des réfugiés sans précédent… Il a également reconnu la nécessité pour la France, et l’Europe, de mobiliser des moyens financiers conséquents pour être à la hauteur de ces défis.

Pourtant, les arbitrages budgétaires récents, et des dernières années ne vont pas dans ce sens. S’il veut être cohérent avec ses analyses, François Hollande doit s’assurer que la France définisse enfin une véritable trajectoire vers l’engagement de consacrer de 0,7 % du RNB à l’aide au développement. Pour l’instant, nous en sommes très loin.

Cette année sera cruciale pour le dispositif et les financements de l’aide française. Le rapprochement de l’AFD/CDC doit aboutir à une véritable agence de développement, au service de la lutte contre la pauvreté et les inégalités dans le monde, et non pas une simple institution financière centrée sur des indicateurs financiers et déconnectée de véritables enjeux de développement des populations vulnérables. L’aide aux populations les plus pauvres, l’adaptation au changement climatique, la réponse aux crises doivent être au cœur des de l’agenda de cette nouvelle entité.

Le Président a également annoncé le maintien en 2016 de l’engagement en faveur du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose : cela doit se traduire par un versement effectif de 360 millions d’euros cette année, et par la confirmation de ce niveau d’engagement annuel lors de la conférence de reconstitution du fonds qui doit se tenir cette année.

Alors que l’Accord de Paris laisse la planète sur une trajectoire de 3 °C, Oxfam salue  l’engagement du Président à anticiper la révision des engagements français avant 2020, et à pousser l’Europe à en faire de même. Il est par ailleurs essentiel que les promesses de financements soient tenues pour soutenir les populations les plus vulnérables au changement climatique. La France, présidente de la COP jusqu’en novembre 2016, devra respecter son engagement d’augmenter de 2 milliards d’euros ses financements climat, et de 400 millions ses dons pour l’adaptation.

Pour donner une réalité à ces engagements, il est urgent mettre en place en France et en Europe une taxe sur les transactions financières réellement ambitieuse incluant les transactions intra-journalières affectée au moins à 50 % à l’adaptation au changement climatique et au financement des objectifs de développement durable, dont la santé mondiale. Cela passe notamment par la réintroduction dans la législation française la taxation des opérations intra-journalières de la TTF : cette réforme avait été portée il y a un mois par le président du groupe socialiste et votée par une large majorité de députés sur tous les bancs de l’Assemblée. »

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