Les femmes encore discriminées dans la prévention du VIH/sida !

Malgré l’absence de toute autre forme de protection contrôlée par la femme et en dépit de la féminisation de l’épidémie de VIH/sida, les préservatifs féminins restent inaccessibles et leur intérêt pour la protection des femmes séronégatives et séropositives demeure inexploité.

En vente depuis le début des années 90 dans plusieurs pays européens et aux Etats-Unis, le préservatif féminin est disponible en France depuis 1998. Pourtant en 2007, près de 423 préservatifs masculins étaient produits dans le monde pour un seul féminin. Un préservatif féminin coûte environ 18 fois plus qu’un masculin. En France également, le préservatif féminin est cher (de 2 à 3€ l’unité), peu disponible et peu valorisé.

De nombreux bailleurs et responsables politiques ne sont pas convaincus qu’il existe une demande suffisante. Pourtant, selon une étude réalisée par Oxfam International « [Négliger les femmes et ne pas assurer leur protection : Quinze ans de perdus dans l’accès au préservatif fémini », Oxfam International, 2008.
Cliquez ici pour téléchargez le apport comple (en anglais)]], la demande est importante, mais souvent sapée par la stigmatisation et de faibles stocks. Le problème de demande est en fait un problème de disponibilité. « Les femmes sont de plus en plus touchées par le VIH/sida. En Afrique-subsaharienne, 61% des adultes et 75% des jeunes contaminés sont des femmes. En complément du préservatif masculin, le préservatif féminin est plus que jamais nécessaire. Au Brésil, la proportion de rapports protégés parmi les femmes qui ont adopté le préservatif féminin est passée de 33 à 70%. Les donateurs et les gouvernements doivent investir davantage dans l’achat et la fabrication de préservatifs féminins mieux adaptés et meilleur marché ainsi que dans le soutien aux programmes qui y sont liés » affirme Sébastien Fourmy d’Oxfam France.

« Parce que nous sommes encore confrontées à des inégalités sociales et économiques majeures, que certaines d’entre nous vivent encore des situations de dépendance financière et de violences dans leur relation avec les hommes, il peut être difficile de négocier des rapports sexuels protégés. L’accès au préservatif féminin reste difficile et coûteux. Nous demandons que son prix de vente soit fixé à 20 centimes d’euros et qu’il soit disponible dans les pharmacies, les lycées et la grande distribution » rappelle le groupe Femmes de AIDES.

Les niveaux d’investissement nécessaires pour augmenter la variété des préservatifs féminins, augmenter leur production et diminuer leur prix sont possibles. En collaborant, les gouvernements, les donateurs, les agences internationales, les organisations de la société civile et le secteur privé peuvent permettre l’accès universel aux préservatifs féminins. En 2006, les donateurs ont dépensé plus d’un milliard de dollars pour le développement de nouvelles technologies de prévention du VIH [HIV Vaccines and Microbicides Resource Tracking Working Grou (2007)]]. Un investissement de seulement 20 millions de dollars permettrait de mettre sur le marché de nouveaux préservatifs féminins, à des prix décents.

A la veille du 8 mars, Journée internationale de la femme, AIDES et Oxfam France demandent à Madame Roselyne Bachelot-Narquin – Ministre de la Santé et des Sports, à Monsieur Alain Joyandet – Secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie et à Madame Carla Bruni Sarkozy – ambassadrice du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme de plaider pour que des moyens soient alloués au développement et à l’accessibilité des préservatifs féminins en France et dans le monde, partout où les femmes en ont besoin.

Contact

Contacts presse :

AIDES : arjolaine Bénar – 06 10 41 23 86

OXFAM France :Laurence Veyn – 06 30 46 66 04

Notes aux rédactions

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