L’ONU doit protéger les civils dans les zones de conflits

La France doit pousser le Conseil de sécurité à faire plus pour la protection des civils, alors que la réponse internationale aux crises demeure injuste, déclare Oxfam France.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a pris des engagements de plus en plus forts sur la question de la protection des civils ces dernières années. Cependant, selon un dossier publié par Oxfam France en 2010, il n’a pas encore appliqué ces engagements de manière uniforme face aux différentes crises en 2009. Alors que le 22 novembre 2010, le Conseil de sécurité des Nations unies examine le rapport annuel du Secrétaire général sur la protection des civils et réfléchit aux moyens possibles de mieux protéger les civils au sein des différentes zones de conflit, le dossier d’Oxfam France relève des inégalités importantes dans la protection des populations.

Le « aromètre de la protection des civils 201«  a examiné douze pays au sein desquels des conflits sont en cours et où intervient Oxfam. Ces crises ont été analysées à partir de différents critères comme les morts de civils ou le recrutement d’enfants soldats puis étudié au regard du nombre de résolutions de l’ONU adoptées par le Conseil de sécurité, la présence militaire internationale et le niveau de la couverture médiatique reçu par chacune des crises.

« Au cours des dernières années, la France, au sein du Conseil de sécurité, a régulièrement œuvré en faveur de questions cruciales telles que la protection des civils, la responsabilité de protéger, ou les besoins et statut spécifiques des femmes et enfants au sein des conflits armés. La France doit aujourd’hui aller plus loin que les mots et concepts, et veiller à ce que le Conseil de sécurité décide de mesures concrètes et agisse de façon cohérente et systématique envers les différentes crises afin que les enfants, femmes et hommes pris au piège au sein des conflits à travers le monde soient mieux protégés« , explique Nicolas Vercken, responsable de plaidoyer conflits à Oxfam France.

Selon Oxfam France, une meilleure protection des civils doit s’appuyer en premier lieu sur des données beaucoup plus exhaustives, puis la consolidation et publication de ces informations. L’ensemble des missions de maintien de la paix devraient ainsi systématiquement recueillir, consolider et analyser les différentes données relatives à la protection des civils, y compris les assassinats, déplacements, viols, recrutements forcés, pillages et destructions afin d’assurer une évaluation précise et en temps réel de la situation sur le terrain.

« Dans la majorité des principaux conflits en cours, nous ne disposons que de très peu de données fiables et récentes sur les violences commises à l’encontre des populations. Cette information est pourtant essentielle à une action efficace de la communauté internationale, des ONG et des gouvernements nationaux afin d’évaluer l’impact des violences sur les civils et, par la suite, trouver les meilleures moyens de les protéger« , ajoute Nicolas Vercken.

Les opérations de maintien de la paix ainsi que d’autres acteurs doivent également rendre compte des diverses actions entreprises pour atténuer ces menaces et évaluer l'impact qu'elles ont eu sur l'amélioration réelle de la sécurité au sol. Cependant, pour évaluer correctement leur impact, les casques bleus doivent aller davantage vers les populations. « Les communautés locales sont les mieux placées pour expliquer ce qui doit être mis en place afin qu’elles se sentent en sécurité. (Voir le rapport d'Oxfam endre la main aux communauté) Les casques bleus ont besoin de les écouter. L'ONU devrait fournir des directives plus claires aux casques bleus afin que leur engagement auprès des communautés devienne un élément essentiel pour protéger les civils« , précise Nicolas Vercken.

Le rapport a également examiné le nombre de résolutions clés adoptées par le Conseil de Sécurité en 2009. Il montre que le CSNU a adopté deux résolutions sur la République Démocratique du Congo, trois sur le Soudan, mais aucune sur le Pakistan, le Sri Lanka, la Colombie et le Yémen – qui tous ont connu des souffrances de civils en 2009. Sur l’ensemble de l’année 2009, 5000 civils ont été tués dans le conflit qui touche le Pakistan, plus de 8 500 civils blessés et plus de 2,7 millions déplacés.

Les chiffres collectés par Oxfam France montrent clairement que les besoins en sécurité et protection des hommes et femmes ordinaires ne sont pas systématiquement traités de la même manière. « La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot Marie, devrait établir comme priorité de veiller à ce que le Conseil de sécurité se consacre à la protection efficace des plus désespérés et vulnérables, en fonction de leurs besoins réels et quelque soit l’endroit où ils se trouvent« , déclare Nicolas Vercken, d’Oxfam France.

– Lire le apport « Tendre la main aux communautés : Le prochain défi pour le maintien de la pai
– Télécharger le [Baromètre 2010 de la protection des civils->IMG/pdf/Barometre_Protection_civils_2010_Oxfam-France_version-compressee.pdf]

Notes aux rédactions

Les principaux faits relevés par le rapport comprennent notamment :

– Les pays qui comptaient plus d’un million de déplacés en 2009 sont le Soudan, la Colombie, l'Irak, la RDC, la Somalie et le Pakistan
– Les personnes déplacées représentaient 17 % de la population en Somalie, 12.7% au Soudan, 9.5% en Irak et 2.1% au Sri Lanka.
– En termes d’Aide Publique au Développement par habitant, un Afghan a reçu 179 dollars en 2008, un Irakien 340 dollars, un Palestinien 682 dollars, un Congolais 25 dollars et un Pakistanais moins de 10 dollars.
– Si l'on examine la couverture médiatique des crises internationales, l’étude d’Oxfam France montre que Reuters et l’Agence France Presse (AFP) ont davantage couvert l’Afghanistan que le Tchad, la RDC, la Somalie et le Soudan réunis (respectivement 12100 dépêches en français pour l’Afghanistan contre 9 439 pour les quatre autres pays réunis). Sur la Somalie, seulement 0.9 % des dépêches mentionnent une « crise humanitaire » alors que 44,8% des dépêches sur la Somalie font référence à la piraterie.

Contact presse

– Delphine Bedel, Oxfam France, 01 77 35 76 00 / [dbedel@oxfamfrance.org->mailto:dbedel@oxfamfrance.org]

En savoir plus

– Retrouvez [tous les communiqués de presse d'Oxfam France sur la protection des civils->-Consulter-les-derniers-Communiques-?id_mot=15]
– Consultez les [actions d'Oxfam France sur la protection des civils->-Protection-des-civils-]

Contact

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Les principaux faits relevés par le rapport comprennent notamment : - Les pays qui comptaient plus d’un million de déplacés en 2009 sont le Soudan, la Colombie, l'Irak, la RDC, la Somalie et le Pakistan - Les personnes déplacées représentaient 17 % de la population en Somalie, 12.7% au Soudan, 9.5% en Irak et 2.1% au Sri Lanka. - En termes d’Aide Publique au Développement par habitant, un Afghan a reçu 179 dollars en 2008, un Irakien 340 dollars, un Palestinien 682 dollars, un Congolais 25 dollars et un Pakistanais moins de 10 dollars. - Si l'on examine la couverture médiatique des crises internationales, l’étude d’Oxfam France montre que Reuters et l’Agence France Presse (AFP) ont davantage couvert l’Afghanistan que le Tchad, la RDC, la Somalie et le Soudan réunis (respectivement 12100 dépêches en français pour l’Afghanistan contre 9 439 pour les quatre autres pays réunis). Sur la Somalie, seulement 0.9 % des dépêches mentionnent une "crise humanitaire" alors que 44,8% des dépêches sur la Somalie font référence à la piraterie.

Contact presse

- Delphine Bedel, Oxfam France, 01 77 35 76 00 / [dbedel@oxfamfrance.org->mailto:dbedel@oxfamfrance.org]

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