Oxfam France regrette le manque d’ambition du Gouvernement français lors du One Planet Summit qui vient de se clôturer à Nairobi.

Si on peut se féliciter de la hausse des financements en faveur des énergies renouvelables, Oxfam France juge néanmoins que la transition énergétique ne sera complète qu’à la condition que tous les acteurs financiers cessent progressivement leur soutien aux énergies fossiles.
En novembre 2018, Oxfam France mettait en lumière dans un rapport (1) les financements et investissements des six plus grandes banques françaises sur la période 2016-2017, et révélait que sur 10 euros de financements accordés par les banques françaises aux énergies, 2 euros seulement allaient aux énergies renouvelables, contre 7 euros aux fossiles, un chiffre en hausse depuis la COP21.
Pour Alexandre Poidatz, chargé de la régulation du secteur financier chez Oxfam France : « Si la France veut agir dans la lutte contre les changements climatiques, le Président de la République a eu raison de rappeler pendant le One Planet Summit: « on ne peut plus se contenter des mots ». Nous attendons donc de sa part des actes forts. Qu’il ne se repose pas sur « l’autorégulation » des acteurs financiers, mais bel et bien qu’il les contraigne à sortir progressivement des énergies fossiles ».
Oxfam France salue les engagements positifs des acteurs financiers, bien qu’ils soient encore trop rares. BNP Paribas Asset Management s’est par exemple aujourd’hui engagée à ne plus investir dans les entreprises qui génèrent plus de 10 % de leurs revenus du charbon à partir de 2020. Une première pour une banque française. Malheureusement, cette politique ne concerne que la branche de gestion d’actifs (Asset Management) du groupe BNP Paribas, qui pourra continuer à financer le charbon via ses prêts.
Pour Alexandre Poidatz : « Cet engagement est un premier pas vers la sortie des énergies fossiles par le secteur financier. Mais c’est loin d’être suffisant. Si le Gouvernement veut réellement respecter l’Accord de Paris et accélérer la transition énergétique, il doit contraindre les acteurs financiers à adopter un plan de désengagement progressif des énergies fossiles, qui devra nécessairement passer par la fin du soutien aux entreprises développant de nouvelles centrales à charbon ou très exposées au secteur du charbon. Imposer de telles mesures au secteur financier serait par ailleurs un signal fort envers les plus de 2 millions de signataires de l’Affaire du Siècle qui partagent notre constat sur l’insuffisance de l’action de l’Etat en matière de lutte contre les changements climatiques ».
(1) https://bit.ly/2FlAygw

Contact presse : Alexandre Poidatz, chargé de plaidoyer « régulation du secteur financier », Oxfam France, apoidatz@oxfamfrance.org, 06 85 26 37 18

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