Oxfam accueille favorablement aujourd’hui l’adoption du Pacte Mondial pour les migrations comme un moment historique. Les gouvernements ont finalement reconnu de manière formelle que les migrants ont eux aussi des droits humains fondamentaux que les pays doivent  respecter dans la mise en œuvre de leurs politiques. L’adoption de ce pacte constitue un aboutissement important.

Pour la première fois, la communauté internationale reconnaît que des millions de personnes sont forcées de quitter leurs foyers et leurs pays à cause du changement climatique, de la dégradation environnementale et de catastrophes naturelles, et que ces personnes ont droit elles aussi à l’assistance vitale et à l’accès à des routes migratoires sécurisées.

Ce Pacte est important justement parce qu’il établit un cadre et des directives indiquant comment les migrants doivent être traités. Bien que ce pacte ne soit pas juridiquement contraignant, les politiques et pratiques internes des pays doivent être cohérentes avec ce nouvel accord.

Pefi Kingi, activiste pour les droits des populations autochtones et point focal du Pacte pour la région Pacifique, a déclaré :

“Depuis plusieurs années, nos communautés du Pacifique réclament plus d’action de la part de nos dirigeants pour améliorer la prévention et l’adaptation au changement climatique, notamment en permettant aux personnes de migrer en sécurité en cas de besoin. Les îles du Pacifique continuent de faire face à des menaces dramatiques pour nos foyers, langues et cultures ancestrales. Ce Pacte vient renforcer notre droit en tant que peuples autochtones d’aspirer au meilleur pour nos enfants et petits-enfants.”

Le Pacte représente aussi une évolution significative du discours des dirigeants mondiaux à propos des migrants. Il reconnaît que le leadership et les droits des femmes migrantes devraient être particulièrement représentés dans tous les aspects de la politique migratoire.

Jon Cerezo, responsable campagne Humanitaire à Oxfam France a déclaré :

“Il y a beaucoup d’éléments positifs dans ce Pacte. Le fait que les politiques migratoires des pays doivent être conformes aux normes en matière de droits humains est la base du Pacte. Nous sommes heureux de voir que les voix des femmes et communautés autochtones ont été entendues : elles doivent rester désormais dans le centre des débats de chaque pays en matière de politiques migratoires.”

“Cependant, la vraie portée du Pacte se concrétisera dans les prochaines années. Est-ce que les pays vont coopérer ? Développeront-ils de nouvelles politiques migratoires sur la base de ces engagements en matières de questions humanitaires, de travail, éducation et accès aux services publics ? Ou continueront-ils à mettre en place des politiques qui, au contraire, bloquent les migrants et les rendent responsables d’enjeux nationaux sans rapport avec eux ?

Ce Pacte offre au monde des standards pour juger les actions futures des gouvernements et analyser si les migrants sont traités en tant que citoyens qui ont les mêmes droits humains que n’importe qui d’autre. La société civile restera vigilante sur cette question.”

Contact presse :
Jon Cerezo 06 51 15 54 38  jcerezo@oxfamfrance.org

 

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