Réaction d’Oxfam à la réunion du G20

Le G20 prépare le terrain pour un plan ambitieux d’appui aux réfugiés syriens, mais ne donne pas l’élan suffisant pour un accord sur le changement climatique

Les chefs d’État et de gouvernement réunis au sommet du G20 ont réalisé des progrès encourageants dans la gestion de la crise des réfugiés. Ils ont également pris quelques mesures timides pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres, mais ne se sont guère souciés de donner l’impulsion nécessaire pour parvenir à un accord climat ambitieux. 

En réaction, Oxfam déclare :

« Les chefs d’État et de gouvernement du G20 ont montré, dans les engagements qu’ils ont pris en faveur des réfugiés, qu’avec de la volonté politique, une solution est possible. Ils doivent à présent faire preuve du même engagement sur les questions tout aussi cruciales du changement climatique et des inégalités.

« L’engagement du G20 de mettre en place un nouveau plan d’appui en faveur des réfugiés, qui garantisse leur droit de travailler et d’accéder aux services de santé et d’éducation et ouvre des voies d’accès sûres et légales à des pays tiers – pourrait faire une énorme différence dans la vie de millions de personnes. Le vrai travail commence maintenant : il s’agit de traduire ces paroles en actes au cours des prochaines semaines et des mois. »

« Tout ce que les chefs d’État et de gouvernement du G20 ont été capables de dire, c’était "rendez-vous à la conférence sur le climat". Il leur reste encore deux semaines avant la COP21 pour faire preuve de l’engagement nécessaire pour parvenir à un accord. Ils doivent mobiliser davantage de fonds pour aider les pays pauvres à s’adapter et ils doivent s’engager à revoir à la hausse leurs objectifs nationaux de réduction des émissions, actuellement insuffisants.»

« Le G20 a marqué un changement de cap important en reconnaissant qu’il ne peut pas y avoir de croissance si l’on ne réduit pas les inégalités. Si cette prise de conscience est suivie d’effet – notamment d’un soutien en faveur d’une deuxième génération de réformes de l’impôt des sociétés et d’une augmentation des investissements dans l’éducation et la santé –, les personnes au bas de l’échelle économique pourront au moins mettre le pied sur le premier barreau. » 

Contact

Sarah Roussel – sroussel@oxfamfrance.org
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Skype : roussel_sarah / @Sarah_Roussel

Notes aux rédactions

Oxfam est un membre actif du C20 (Civil 20), le collectif qui représente officiellement la société civile nationale et internationale dans le cadre du G20 : www.c20turkey.org.

Règles fiscales internationales sur les entreprises : le plan de l’OCDE Erosion des Bases Fiscales et Transferts de bénéfices (autrement connu en anglais sous le nom de Base Erosion and Profit Shifting – BEPS) représente un premier pas. Mais tant que les pays du G20 ne s’attaqueront pas aux causes mêmes de l’évasion fiscale et à la concurrence fiscale dommageable, les paradis fiscaux et les multinationales continueront à tirer le plus profit de ce système, et les pays les plus pauvres seront les plus grands perdants. Le G20 demande à l’ensemble des pays de mettre en place son projet BEPS alors que les trois quarts des pays n’ont pas eu leur mot à dire sur la conception de ces nouvelles règles. Le fait que le G20 reconnaisse le rôle des autres organisations internationales, telles que l'ONU, le FMI et la Banque mondiale pour travailler avec l'OCDE sur l’agenda de la réforme fiscale, est un signal positif. Ces organisations doivent maintenant travailler de concert avec tous les gouvernements afin de s’accorder sur une seconde génération de réformes fiscales qui construisent sur le projet BEPS. En outre, les pays du G20 doivent aller plus loin et adopter une réelle transparence fiscale, en obligeant les entreprises à rendre publique les informations sur leurs activités économiques et leurs impôts pays. En incluant un reporting pays par pays non public la semaine dernière, la France semble avoir envoyer un signal bien négatif pour la transparence fiscale.