Réaction en amont de l’audition de Christine Lagarde pour le poste de directrice du FMI

Grande favorite de la course à la direction du FMI, Christine Lagarde passe aujourd'hui son 'grand oral' devant les administrateurs de l'institution.

Pour Sébastien Fourmy, d'Oxfam France :

« Le départ n'a pas encore été donné, que Christine Lagarde est déjà à l'arrivée. Avant même de commencer son entretien d'embauche, Christine Lagarde dispose du soutien d'une majorité des droits de vote du conseil d'administration du FMI ».

« Cette non-élection démontre que les réformes de gouvernance du FMI ces dernières années ont été insuffisantes. Les droits de vote ont bien été quelque peu rééquilibrés en faveur des pays émergents, mais le cœur du pouvoir au Fonds, à savoir le conseil d'administration, n'a pas été réformé. Sur les 24 sièges que compte le FMI, un tiers est toujours tenu par des Européens ; la gouvernance du FMI ne reflète toujours pas la réalité économique et politique du monde actuel. »

« Malgré les nombreuses promesses d'ouverture passées, le nom du directeur du FMI a été discuté dans les couloirs du G8 de Deauville puis, une fois encore, décidé dans les salons de l'Elysée et de la Maison Blanche. »

Oxfam regrette fortement que les auditions des deux candidats à la direction du FMI ne soient pas publiques. Faute de véritable compétition, la légitimité de l'institution aurait gagné à jouer la carte de la transparence. La nomination se déroule alors que personne n'a pu lire un seul programme pour le FMI. A ce stade, déjà, le processus de nomination du directeur a été un échec total.

Face à l'ampleur des crises économiques et financières récentes, un FMI plus démocratique, transparent et au mandat clarifié est pourtant plus que jamais nécessaire. Le processus de sélection archaïque du directeur du FMI montre que le chemin est encore long pour y parvenir. Les priorités du prochain Directeur Général du FMI doivent être la réforme du Conseil en faveur des pays émergents et à faibles revenus, ainsi qu'une revue complète des conditionnalités liées aux prêts de l'institution.

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