Réactions d’Oxfam France au communiqué du G8

{ {{Déclarations de Sébastien Fourmy, directeur du plaidoyer pour Oxfam France.} }}

{{{Aide : toujours des promesses}}}

« {Le G8 endosse chaque année ses habits de bonimenteur et réitère solennellement ses promesses tout en admettant des retards considérables sur ses objectifs. Avec l’augmentation rapide du nombre de personnes mal-nourries dans le monde, la multiplication des crises climatiques et les conséquences de la crise économique, la situation n’est pas tenable. Et pourtant, le G8, lui, tient bon son cap : toujours pas de plan d’urgence pour rattraper le retard et tenir ses promesses. 3 millions de personnes en payent le prix. Il reste deux jours aux pays du G8 pour présenter un calendrier clair et augmenter leur aide.} »

« Déjà en 2005, au sommet de Gleneagles, le G8 avait promis 50 milliards de dollars pour l'aide publique au développement d'ici à 2010. Mais plus de 20 milliards de dollars manquent toujours à l’appel, presque totalement pour l’Afrique. A l’approche de l’échéance 2010, la France devrait augmenter son aide de 28% pour tenir ses engagements de 2005. »

Financements innovants

« Face à l’ampleur des crises actuelles et leurs conséquences sur les populations les plus vulnérables de la planète, de nouvelles formes de solidarités internationales doivent être inventées. Si les financements innovants sont enfin bien présents dans le communiqué du G8, le manque d’engagement et l'absence de détails laissent craindre un coup d’épée dans l’eau. »

« Oxfam France regrette que les pays du G8 ne se soient pas entendus sur la mise en place d’une taxe sur les transactions financière qui, suivant son taux, permettrait de financer des mesures complémentaires, entre 30 et 60 milliards de dollars par an, à l’aide publique au développement, voire de réguler les flux financiers. »

Lutte contre l’évasion fiscale et la corruption

« Des Nations unies au G20, et désormais au G8, la formule demeure la même : la lutte conte l’évasion fiscale et le renforcement des capacités des pays en développement à collecter des ressources domestiques pour leur développement sont des priorités, mais aucune mesure concrète n’est présentée. »

« Le G8 a laissé passer une occasion d'enfoncer le clou de la lutte conter l'évasion fiscale au niveau mondial. Si la lutte contre l’évasion fiscale progresse dans les pays riches, elle fait du sur-place dans les pays en développement. Le seul moyen de ne pas laisser les pays en développement hors-jeu est de mettre en place une initiative multilatérale basée sur le principe de l’échange automatique de renseignements fiscaux. »

Agriculture

« Dans un monde qui a les moyens de nourrir l’intégralité de ses habitants, le G8 doit s’engager à éliminer définitivement la faim. Les chefs d’Etats doivent pour cela consacrer des financements additionnels pour investir durablement dans les petites agricultures, à travers les mécanismes existants. »

« 9 des 13 milliards de dollars déboursés depuis janvier 2008 par les pays du G8 n’étaient rien d’autre que du recyclage de fonds déjà programmés. Il est inacceptable de jouer avec les chiffres quand un milliard de personnes souffre de la faim. »

Climat

« En reconnaissant le seuil critique des 2°C, les chefs d’Etats du G8 se conforment enfin aux conclusions de la communauté scientifique mondiale. Mais ils ignorent les actions urgentes qu’il doivent eux-mêmes prendre pour atteindre un tel objectif. »

« Mais fixer un objectif seulement à l'horizon 2050 n’a pas de sens. C’est aujourd’hui que les populations pauvres sont touchées. »

« Il est impératif de réduire les émissions d’au moins 40% d’ici à 2020 et de soutenir financièrement les pays les plus pauvres pour affronter le chaos climatique. Aucun accord sur le climat ne sera possible à Copenhague, en décembre prochain, sans un accord des pays du G8 d’au moins 150 milliards de dollars en faveur de l’adaptation des pays pauvres aux conséquences du changement climatique. »

NOTES

– Avec 0,39% de son RNB consacré à l’aide publique au développement, la France se classe deuxième parmi les pays du G7 en termes de pourcentage. Mais elle descend à la quatrième place en termes de volume, avec une contribution de 10.957 milliards de dollars en 2008. A quelques mois seulement de l’échéance 2010, la France devrait augmenter son aide de 28% pour tenir ses engagements de 2005.

– Les dépenses militaires françaises sont 6 fois supérieures à son aide publique au développement.

– La France a annoncé 488 milliards de dollars pour le plan de sauvetage des banques, somme 45 fois supérieure au montant consacré à l'aide.

– Oxfam international a rendu public le 6 juillet un rapport intitulé «Le coût humain du changement climatique » dans lequel l’organisation prévient que sans actions concrètes et immédiates, les nombreux impacts du changement climatique réduiront à néant 50 ans de lutte contre la pauvreté :

– Oxfam France rappelle que 375 millions de personnes pourraient être victimes de désastres climatiques d’ici à 2015, plus que les populations cumulées de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de la Grande-Bretagne, quatre des pays les plus pollueurs de la planète.

– D’ici à 2050, le manque de nourriture, de terres, ou les dégradations environnementales liées au changement climatiques pourraient créer 200 millions de réfugiés climatiques.

– Lors du premier semestre 2009, 105 millions de personnes supplémentaires ont rejoint les rangs des personnes mal-nourries sur la planète.

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Notes aux rédactions

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