Reprise des négociations climat à Bonn : le financement de l’adaptation doit être au cœur du débat

Cette année, plus de 60 millions de personnes seront confrontées à la famine, aux maladies et à des pénuries d'eau en Afrique, dans la région pacifique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, du fait d’un phénomène particulièrement puissant d’El Niño, exacerbé par le changement climatique [1]. Dans ce contexte, alors que s’ouvre aujourd’hui la conférence des Nations unies sur le climat à Bonn, Oxfam France rappelle qu’il est plus urgent que jamais d’aider les communautés vulnérables à s’adapter au changement climatique.

Les populations vivant dans la pauvreté sont plus sensibles aux impacts du changement climatique, tels que les sécheresses, les mauvaises récoltes, les pénuries alimentaires, les inondations et les maladies. Dans son nouveau rapport intitulé « Un goût d’inachevé » [2], Oxfam explique que l’accord de Paris ne garantit en rien le soutien financier nécessaire aux pays les plus pauvres pour pouvoir financer des projets d’adaptation tels que la mise en place de systèmes d’alertes précoces afin de prévenir les catastrophes naturelles ou encore l’adoption de cultures résistantes à la sécheresse.

Pourtant, selon un rapport[3] publié par l’ONU cette semaine, le coût de l’adaptation des pays en développement pourrait atteindre 500 milliards de dollars par an d’ici à 2050.

Certes l’accord de Paris prévoit une augmentation des financements afin de donner à ces pays les moyens de mettre en œuvre de tels projets, mais il n’indique pas de montant ni de délai précis. Rien non plus sur la façon de comptabiliser et de mobiliser ces fonds. Oxfam engage les négociatrices et négociateurs réunis cette semaine à inscrire ce point au premier rang des priorités pour la COP22 qui se tiendra au Maroc, en novembre.

« Pour que la coopération internationale sur le changement climatique soit juste, durable et globale, elle ne doit laisser personne sur le bord de la route, déclare Armelle Le Comte, chargée des questions climat et énergie pour Oxfam France. Il faut combler de toute urgence le déficit de financement de l’adaptation. A Bonn les pays devront s’engager de manière précise à combler ce déficit et à soutenir les agricultrices et agriculteurs en première ligne de la crise climatique.»

En 2009, les pays riches se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 afin d’aider les pauvres pauvres à s’adapter au changement climatique et à réduire leurs émissions de carbone. D’après les dernières estimations, seulement 16 % de ces fonds sont consacrés à des projets d’adaptation – avec une part de financement public atteignant à peine entre 4 et 6 milliards de dollars par an. Pour Oxfam, ce chiffre doit atteindre au moins 35 % d’ici à 2020 et il doit s’agir de dons et d’autres formes de financement qui n’endetteront pas les pays. Puis cette proportion devra passer à 50 %, à l’horizon 2025.

Contact

Sarah Roussel – Chargée de la communication et des relations médias
+33 (0)6 51 15 54 38 sroussel@oxfamfrance.org / @Sarah_Roussel 

Notes aux rédactions

Armelle Le Comte sera présente à Bonn pour les négociations du 17 au 20 mai puis du 23 au 26 et disponible pour des interviews.

[1] Rapport Oxfam « El Niño : navigation en eaux troubles », octobre 2015https://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/file_attachments/rapport_oxfam_el_nino_navigation_en_eaux_troubles.pdf
Oxfam a également publié une carte Interactive présentant les conséquences des variations météorologiques dues à El Nino sur le quotidien des populations pauvres : https://www.elninooxfam.org/fr/

[2] Rapport Oxfam « Un goût d’inachevé » disponible ici : http://oxf.am/Z86m

[3] http://drustage.unep.org/adaptationgapreport/sites/unep.org.adaptationgapreport/files/documents/agr2016.pdf

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