Réunion du comité interministériel de la coopération internationale et du développement Aide publique au développement : enfin une stratégie française ?

Alors que le comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) doit se réunir vendredi 5 juin pour décider de la stratégie française en la matière, Oxfam France appelle le gouvernement français à faire preuve de davantage de transparence et de vision stratégique à plus long terme dans sa politique de coopération.

La coopération française a trop longtemps été mise au service des propres intérêts français (du contrôle de l’immigration à la lutte contre le terrorisme, en passant par la promotion des intérêts commerciaux). Oxfam France se félicite de l’organisation de ce comité interministériel qui ne s’était pas réuni depuis près de deux ans et demi, laissant l’aide au développement française sans véritable pilote, ni orientations sectorielles ou géographiques claires.

« Aujourd’hui la politique française de coopération vit à la petite semaine. Vendredi dernier, le ministre des Affaires étrangères annonçait le soutien de la France à une taxe sur les transactions financières, avant d’être contredit par la Ministre des finances. Lors de précédents G8, Nicolas Sarkozy avait annoncé un milliard pour l’agriculture et un autre pour la santé. En février 2008, il annonçait en Afrique du Sud que la priorité serait donnée à l’Afrique mais aucun véritable suivi de ces promesses n’est assuré » déclare Sébastien Fourmy d’Oxfam France.

L'aide publique au développement (APD) représente pour les pays les plus pauvres un soutien vital pour garantir l'accès à l'éducation et à la santé de base pour leur population. L’aide a permis des avancées significatives ces dernières années, notamment dans la lutte conte le VIH/SIDA. En novembre 2008, Oxfam France avait déjà pointé du doigt la baisse de l’aide bilatérale consacrée aux secteurs sociaux dans les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique Sub-saharienne.

« La France ne peut plus se contenter d’une stratégie au coup par coup mais elle ne se donne pas aujourd’hui les moyens de tenir ses engagements internationaux. Cette réunion doit être l’occasion pour la France d’enfin respecter les engagements pris ces dernières années sur l’aide publique au développement et de mettre en place une politique de coopération ambitieuse basée sur les objectifs du Millénaire pour le développement » ajoute Sébastien Fourmy.

Oxfam France demande au gouvernement français :

– d’adopter un document stratégique à moyen terme définissant les orientations de la politique de coopération au développement de la France.

– de présenter un calendrier ferme et contraignant pour l’accroissement annuel d’APD nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Union européenne (0,56% en 2010 et 0,7% 2015) et d’adopter une loi de programmation et d’orientation de son APD.

– d’exclure du calcul de l’APD les frais d’écolage, les coûts des réfugiés et les annulations de dette ne bénéficiant pas réellement aux pays pauvres.

– de publier chaque année le détail des chiffres de l’APD pour les secteurs de l’agriculture, de la santé et de l’éducation.

Notes

– Présidé par le Premier ministre, le CICID est composé des 12 ministres les plus directement concernés par les questions de développement (tout ministre du Gouvernement peut être appelé à participer à une réunion du CICID). Un représentant du Président de la République prend part à ses travaux. Le CICID s’était jusqu’à présent réuni à huit reprises et sa dernière réunion remonte au 5 décembre 2006.

– Après avoir stagné en 2006 et s’être effondrée en 2007 (-16,2%), l’APD de la France a augmenté de 2,9% en 2008 pour atteindre 10,957 milliards de dollars, soit 0,39% du Revenu national brut (RNB). A ce rythme la France ne sera pas en mesure de tenir ses engagements : 0,56% en 2010 et 0,7% en 2015. Seule bonne nouvelle : la France respecte ses engagements multilatéraux, comme envers le Fonds européen de développement ou le Fonds mondial.

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