Santé maternelle : des chiffres en progression, malgré des retards toujours trop importants en Afrique sub-saharienne

Oxfam France, Médecins du monde, Avocats pour la santé dans le monde et Action for Global Health, partenaires de la campagne « Non-assistance à mère en danger », réagissent à la publication, hier, par la revue médicale de référence {The Lancet}, de nouvelles estimations de la mortalité maternelle dans 181 pays.

Cette évaluation exhaustive [Maternal mortality for 181 countries, 1980–2008: a systematic analysis of progress towards Millennium Development Goal 5|The Lancet – Maternal mortality for 181 countries, 1980–2008: a systematic analysis of progress towards Millennium Development Goal ]], la première depuis 2005 L’évaluation de la mortalité maternelle est un exercice très complexe. L’objectif de l’étude parue dans The Lancet consiste à surmonter les contradictions entre les chiffres présentés par les Nations unies, dont les derniers datent de 2005, et d’autres études qui montraient des résultats différents.], montre un recul de la mortalité maternelle dans le monde plus important que les précédentes estimations, mais insuffisant pour espérer atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Surtout, elle confirme de fortes disparités géographiques, les pays d’Afrique sub-saharienne enregistrant les plus faibles progrès.

D’après l’étude, 342 900 décès maternels ont été enregistrés dans le monde en 2008 contre 523 600 en 1980. Globalement, les auteurs estiment que les taux de mortalité maternelle ont baissé depuis 1990 à un rythme annuel moyen de 1,3%. Cette progression est cependant nettement insuffisante pour atteindre l’OMD 5 qui visait une réduction du taux de mortalité maternelle de 75% entre 1990 et 2015. Pour parvenir à ce chiffre, il faudrait que le taux de mortalité maternelle chute de 5,5% tous les ans dans le monde.

« L’étude montre que le recul de la mortalité maternelle est essentiellement dû à une poignée de pays : 23 pays en développement, dont l’Egypte, le Bangladesh, l’Inde et la Chine, sont sur la bonne voie pour atteindre une réduction de 75% de leur taux de mortalité maternelle d’ici à 2015. Des progrès très encourageants, mais qui ne sauraient cacher les trop faibles progrès réalisés en Afrique sub-saharienne. De nombreux Etats d’Afrique ont même vu leur taux de mortalité maternelle augmenter de manière sensible entre 1990 et 2008, comme par exemple le Zimbabwe et le Tchad En Afrique sub-saharienne, sur 46 pays répertoriés, 16 ont vu leur taux de mortalité maternelle augmenter entre 1990 et 2008. En Afrique de l'Ouest, le taux de mortalité maternelle moyen est passé de 582 pour 100 000 en 1990 à 629 pour 100 000 en 2008.] », explique Julien Potet d’Oxfam France.

Pour expliquer le maintien à des niveaux inacceptables de la mortalité maternelle en Afrique sub-saharienne, les auteurs de l’étude pointent notamment du doigt les taux de fertilité élevés et la prévalence du VIH.

« L’accès à la planification familiale volontaire est un élément important des politiques d’amélioration de la santé maternelle« , commente Julie Ancian de Médecins du monde [[Le Canada, hôte du prochain G8 les 25 et 27 juin 2010, a émis de fortes réserves sur l’inclusion de la planification familiale dans un plan de sauvetage de l’OMD relatif à la santé maternelle :
[http://www.santepourtoutes.org/actualites/33-planification-familiale-le-g8-doit-simpliquer->http://www.santepourtoutes.org/actualites/33-planification-familiale-le-g8-doit-simpliquer]]]. « Les grossesses précoces et les grossesses rapprochées constituent un sur-risque avéré de mortalité maternelle« .

L’impact du VIH sur la santé maternelle fait l’objet d’une mesure précise par les auteurs de l’étude. Ils estiment qu’en l’absence du VIH, plus de 60 000 décès maternels auraient été pu être évités dans le monde en 2008. La mortalité maternelle aurait alors décliné, et non augmenté, en Afrique australe.

« La lutte contre le VIH va de pair avec la santé des femmes enceintes et des mères« , ajoute Annick Jeantet, responsable d’Action for Global Health. « L’un ne peut aller sans l’autre. Les nouveaux financements qui seront apportés à la santé maternelle doivent être additionnels à ceux de la lutte contre le sida et non pas être ponctionnés sur ces derniers ! »

Contact presse

– Oxfam France : Magali Rubino, [mrubino@oxfamfrance.org->mailto:mrubino@oxfamfrance.org], + 33 (0)1 56 98 24 45
– Médecins du Monde : Florence Priolet, florence.priolet@medecinsdumonde.net, + 33 (0)1 44 92 14 31
– Action for Global Health / Avocats pour la santé dans le monde : Annick Jeantet, ajeantet@ghadvocates.org, + 33 (0)6 08 81 25 66

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