Signature de l’accord de Paris : une étape symbolique pour accélérer la lutte contre le changement climatique

Quatre mois après la Conférence internationale sur le climat (COP21), plus de 160 pays se réunissent aujourd’hui au siège de l’ONU à New-York pour signer l'accord de Paris. « Cette cérémonie a avant tout un rôle symbolique, mais elle doit aussi être l’occasion de consolider la dynamique issue de cet accord international et accélérer la lutte contre le changement climatique », déclare Armelle Le Comte, Chargée des questions climat et énergie pour Oxfam France.

Les gouvernements doivent désormais traduire leurs promesses en actions concrètes mais également renforcer rapidement leurs engagements actuels pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C. De plus si l’accord de Paris donne un cadre de travail, de nombreux points restent encore à préciser, et parmi eux, celui – essentiel – du financement de l’adaptation, parent pauvre des négociations. « Les Etats doivent revoir leurs ambitions à la hausse. Même dans l’hypothèse d’un réchauffement de la planète contenu en-dessous de 2°C, les pays en développement devront débourser plus de 500 milliards de dollars par an d’ici à 2050 pour s’adapter aux conséquences du changement climatique. Or nous sommes actuellement sur une trajectoire de 3°C et les contributions financières sont loin d’être suffisantes. » [1]

Selon le bureau humanitaire des Nations unies, en 2016, environ 60 millions de personnes se retrouveront confrontées à la faim, à des pénuries d’eau et à des maladies cette année, suite aux températures records, aux sécheresses et aux pluies irrégulières qui ont touchées plus d’une dizaine de pays de 2014 et 2015. Des conditions exacerbées par le développement de l’un des plus puissants épisodes El Niño jamais enregistrés [2].

« La crise alimentaire sans précédent causée par El Niño illustre les conséquences d’un manque d’investissement dans l’adaptation des communautés les plus vulnérables au changement climatique, poursuit Armelle Le Comte. Les pays doivent passer à la vitesse supérieure et honorer leur promesse d’augmenter significativement leurs contributions au financement de l’adaptation d’ici à la COP22, qui se tiendra à Marrakech en novembre 2016.»

Renforcer les mécanismes de résistance aux catastrophes naturelles pour les populations les plus vulnérables est indispensable si l’on veut pérenniser les efforts faits depuis des années en faveur du développement et de la lutte contre la pauvreté. « Nous estimons qu’un engagement global de 35 milliards de dollars par an de financement public est un strict minimum, ajoute Armelle Le Comte.La France, qui reste présidente de la COP21 avant de passer le flambeau au Maroc, ne pourra s’affranchir de sa responsabilité dans le cadre des négociations internationales. Elle doit pousser pour l’adoption de cet objectif pour le financement de l’adaptation d’ici à 2020. C’est à cette condition qu’elle montrera son engagement et sa solidarité pour la justice climatique. » 

Contact

Sarah Roussel
sroussel@oxfamfrance.org
06 51 15 54 38
Twitter : @Sarah_Roussel

 

Notes aux rédactions

[1] A l’occasion de la signature du traité de Paris, Oxfam France publie une note d’information sur l’état des lieux des financements climats et plus particulièrement des financements français : « Financements climat : après l’accord de Paris, des engagements qui restent à concrétiser »  

[2] https://www.elninooxfam.org/

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