Sommet de Cancun : un nouveau souffle aux négociations climat

Pour Oxfam France, les négociations sur le climat de l'ONU sont sorties du coma. En permettant au Protocole de Kyoto de sortir de l'impasse et en établissant un Fonds mondial pour le climat, un accord de dernière minute a effectué un pas crucial vers l'accord global qui a manqué l'année dernière au sommet de Copenhague.

La mise en œuvre opérationnelle de ce Fonds climat sera faite l'année prochaine (à Durban) par un comité où les pays en développement seront majoritaires. Le Fonds climat aura pour objectif d'aider à combler le déficit des financements en faveur de l'adaptation, afin que les communautés vulnérables disposent des ressources dont elles ont besoin de toute urgence. Dans le même temps, les engagements pris à Copenhague sur la réduction des émissions sont présentés dans l'accord comme un seuil minimal devant être relevé conformément aux exigences scientifiques. Un travail urgent sera donc nécessaire dans les prochains mois pour améliorer ces objectifs et atteindre le niveau qui évitera des changements climatiques catastrophiques, tout en mettant en place des mesures de vérification qui garantiront de réelles réductions de ces émissions. Pour Romain Benicchio, présent au Mexique pour Oxfam France : "Cancùn prouve que les négociations des Nations unies peuvent aboutir. Les négociateurs ont ramené à la vie les pourparlers de l'ONU et les ont mis sur la voie de la guérison. Mais il reste beaucoup à bâtir sur les fondations de Cancun pour répondre au défi du changement climatique. Les questions à régler restent nombreuses; notamment celle des sources de financement qui doivent permettre d'abonder le Fonds climat. Des financements publics seront nécessaires et devront être complétés par des financements innovants. L'opportunité de mettre en place des taxes sur les transports aérien et maritime afin de financer la lutte contre le changement climatique n'a pas été saisie à Cancun. Un tel système aurait pourtant pu rapporter entre 10 et 20 milliards de dollar par an. Cette question doit ainsi être réexaminée de toute urgence l'année prochaine. Au-delà, la possibilité de mettre en place une taxe sur les transactions financières internationales doit également avancer l'année prochaine "La présidence française du G20 en 2011 doit permettre d'avancer sur l'accord de Cancùn en garantissant que le Fonds climat pour l'adaptation des populations les plus vulnérables ne soit pas qu'une coquille vide. Les financements à long terme doivent être garantis afin que le Fonds pour le climat puisse être lancé dans les meilleurs délais" ajoute Luc Lamprière, directeur d’Oxfam France. Une nouvelle ambition politique est désormais nécessaire afin de mener les négociations vers un accord global en 2011, afin de régler les problèmes que Cancun a remis à plus tard.

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etrouvez toutes nos informations sur le sommetous les communiqués de presse sur la thématique du changement climatiquRéparer deux injustices : En mettant en place un nouveau Fonds mondial pour le climat qui puisse aider les populations pauvre, rapport d'Oxfam, novembre 2010 ||Communiqué envoyé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.|

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Magali Rubino : mrubino@oxfamfrance.org